Par: paperJam.lu | Publié le 25.03.2005 1:00
IBM Services Financial Sector Luxembourg
Opérateur de systèmes informatiques et de réseaux de communication du secteur financier.
IBM Services Financial Sector Luxembourg s.a.r.l. a été crée le 09 Janvier 2004 dans l'esprit de la loi du 2 Août 2003. La société a obtenu son agrément comme PSF en tant qu' opérateurs de systèmes et de réseaux informatiques le 27 février de la même année.
Filiale à 100% de IBM Global Services, ISFS comprend au sein de son Conseil de Gérance dont Marcel Origer Directeur d'IBM Luxembourg est le Président, les autres membres du directoire IGS Belgo/Luxembourgeois. ISFS est forte de 62 employés à ce jour et est dirigé par Pascal Lanser Directeur Général et Patrick Scheuer Directeur adjoint.
La clientèle d'ISFS est essentiellement composée de deux types d'institutions bancaires: celles qui ont décidé de confier la gestion de l'ensemble de leurs infrastructures I/T en mode infogérance et celles qui décident de lui confier la gestion de l'une de leur tâche en mode "Managed Services" . Pour simplifier nous ferons la différence entre les banques qui nous confient la responsabilité, les matériels et softwares et les personnes de celles pour lesquelles nous ne prenons que la responsabilité d'une fonctionnalité.
Quelles ont été les bases de votre réflexion pour franchir le pas et devenir PSF? Quel business model avez-vous privilégié?
La raison pour laquelle nous sommes devenus PSF, d'ailleurs nous étions les premiers, tient surtout du fait que nous avions déjà des contrats globaux mondiaux (JPMC) ou Européen (Deutsche-Bank). Il était donc vital pour IBM Luxembourg de se mettre en conformité avec la loi.
D'autre part nous avons senti de suite l'importance de cet évènement sur le marché et de facto considéré cette loi comme une opportunité unique pour Luxembourg. Le choix du business model a été dicté par le champ d'activités que nous avions déjà.
Restait à le rendre rentable et opérationnel. Nous avons utilisé pour cela le modèle global de Service Delivery d'IGS en l'adaptant aux spécificités légales du contexte Luxembourgeois. Ce modèle nous permet aujourd'hui de présenter des solutions standardisées, automatisées et documentées qui ont fait leurs preuves au sein du groupe. L'offre est essentiellement basé sur notre stratégie "on-demand' et nous nous faisons fort par exemple d'adapter nos modèles de pricing dans ce sens.
Comment s'est opéré la "scission' avec l'activité "historique" de votre société?
La scission avec l'activité "historique" s'est faite naturellement. Il n'est pas inconnu au grand public qu'IBM a dans les dernières années progressée de manière spectaculaire dans le domaine des services. A Luxembourg la part activité traditionnelle: vente de hardware et de softwares représente environ la moitié du revenu d'IBM, l'autre partie est naturellement composée de services, nous sommes donc sur ce point dans la ligne générale d'IBM.
Ce qui est nouveau par contre c' est la proportion de nos activités en infogérance et en Managed Services. Il a fallu acquérir ce savoir-faire rapidement et c'est essentiellement le mariage entre les méthodologies d'IBM et l'apport de personnel venant des institutions financières qui a consolidé le modèle. Nous ne pouvons pas vraiment parler de scission avec le monde traditionnel, ce dernier existe toujours. C'est plutôt une extension de notre capacité à délivrer des services de qualités qui s'est développée.
Considérez-vous ce statut comme un prolongement de votre activité ou bien un nouveau défi à relever?
Nous considérons ce statut comme un prolongement naturel de notre activité, cela se fait d'ailleurs depuis de nombreuses années dans les grands pays. Le défi est plutôt dans la nature du service: les exigences du monde financier sont grandes et nous sommes réellement attaché à la production de services de qualité mesurables et sécurisés. Notre connaissance du monde financier augmente de jour en jour et nos procédures s'adaptent rapidement. Le modèle opératoire n'est probablement pas parfait mais la volonté a y parvenir est là.
Quelle est votre propre perception de l'évolution du secteur financier, au regard de ces nouveaux PSF qui arrivent: sont-ils déjà bien acceptés? Ou bien la greffe mettra-t-elle un certain temps avant de prendre?
Si le marché présentait quelques inquiétudes ou défiances au départ, il me semble que cela s'est estompé avec le temps. Aujourd'hui beaucoup de patrons d'entreprises considèrent cette loi et ces nouveaux PSF comme une opportunité. Il est clair pour tous que les modèles I/T existant sont loin d'être optimisé en termes d'exploitation mais aussi de gestion des coûts et qu'une PSF peut apporter de par sa capacité à mutualiser et à standardiser une valeur ajoutée indéniable.
Je pense donc que la greffe a prise néanmoins les nouveaux PSF devront veiller a rester dans l'esprit de la loi pour que cet agrément conserve sa vrai valeur. Il est essentiel que les acteurs du marché se concentrent sur les raisons qui ont rendu cela possible pour éviter surtout que l'agrément tant convoité ne se transforme rapidement en label et perde de sa substance.
Estimez-vous que le marché est, désormais, de plus en plus concurrentiel' Y aura-t-il, à terme, des rapprochements (des synergies?) entre certains nouveaux PSF à prévoir?
Le marché n'est pas encore très concurrentiel actuellement, les PSF existantes ne couvrent pas exactement les mêmes créneaux et il y a de la place pour tout le monde. Par contre les contraintes induites par la prise de responsabilité rendent les opérations difficiles. Une PSF par exemple ne peut sous-traiter ou cascader sa responsabilité sauf à une autre PSF et cela de manière exclusive (c'est à dire en cédant l'activité pour laquelle elle n'a pas la capacité à délivrer). Ceci est très lourd de conséquences et poussera les PSF a chercher des rapprochements et a créer des synergies.
Dans le cas des prestations informatiques, estimez-vous que la mutualisation des applications est, d'une façon ou d'une autre, une voie d'avenir?
Tout ce qui est mutualisable, que ce soient les matériels, les softwares, les employés et "in fine" les applications représentent un intérêt non négligeable pour l'avenir. Il est néanmoins clair que pour chacun de ces éléments, il y a des réflexions particulières à observer.
S'il est facile avec les technologies actuelles de mutualiser de matière étanche (entre différents clients) des matériels, des softwares et des gens cela parait plus complexes du côté applicatif. Le mode ASP en matière d'applications n'est pas encore très développé sur le marché Luxembourgeois, mais des modèles existent et méritent d'être analysés et présentés à nos clients. Reste la barrière psychologique... un sujet brûlant en tout point qui nous promet certes des jours à venir très intéressants.

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