Par: paperJam.lu | Publié le 25.03.2005 1:00
Banque Degroof Luxembourg
Témoignage de Jean-Michel Gelhay, directeur.
Quel regard portez-vous sur la mise en conformité des fonds avec la directive européenne UCITS III? Quelles sont les principales difficultés à gérer?
La mise en conformité des OPCVM avec les directives UCITS III marque un tournant important dans l'histoire des OPC à Luxembourg. C'est tout d'abord une tâche administrative lourde, mais en principe unique, puisque tous les documents de vente et les contrats doivent être revus pour y intégrer une société de gestion agréée OPCVM. Au delà du volet administratif, le côté organisationnel doit lui aussi être entièrement revu.
La difficulté principale, ce ne sont pas les restrictions d'investissement nouvelles, bien que de ce côté la notion de limite groupe soit difficile à vérifier en pratique, mais de faire réaliser le rôle de la société de gestion, son indépendance vis-à-vis de la banque dépositaire, les moyens qu'elle doit mettre en oeuvre, les contrôles qu'elle doit exercer sur les investissements - même lorsqu'elle délègue la gestion intellectuelle des avoirs - , le contrôle des risques liés aux investissements qu'elle doit opérer.
Où en êtes-vous avec votre propre échéancier? Sur quelle base l'avez-vous établi?
La première étape fut de créer notre propre société de gestion agréée OPCVM. Degroof Gestion Institutionnelle-Luxembourg a été constituée le 20.12.04. Elle peut gérer tant des OPCVM mis en conformité avec la loi 2002 que des OPC, des mandats en gestion discrétionnaire et autres fonds de pension. A noter que les OPCVM de promoteurs tiers que nous administrons pourront désigner notre société de gestion, laquelle déléguera la gestion des avoirs à des gestionnaires externes, souvent proches du promoteur.
Cette première étape accomplie, nous pouvions passer à la mise en conformité proprement dite. L'intention est que tous les OPCVM que nous administrons, les nôtres et ceux de promoteurs tiers, soient mis en conformité courant 2005, de préférence avant le 30.09.05, date à partir de laquelle les OPCVM devront émettre des prospectus simplifiés.
Les premiers OPCVM mis en conformité ont été les OPCVM monétaires. Actuellement, notre effort porte sur les OPCVM admis à la commercialisation dans d'autres pays de l'UE. Enfin, nous terminerons avec les OPCVM qui ne sont admis à la commercialisation qu'au Luxembourg.
Estimez-vous que le fait d'être parmi les premiers pays à transposer cette directive donne un atout supplémentaire et décisif à la place de Luxembourg?
Assurément, il y a toujours un avantage à être le premier et on en a bien vécu avec UCITS I. Lorsqu'un pays, de la taille du Luxembourg, occupe le 2e rang européen, on ne peut pas se permettre de traîner les pieds. Bien au contraire, il faut mettre tout en oeuvre pour être le premier et conserver ainsi l'image de dynamisme et de compétence que l'on nous reconnaît. La question n'est pas de savoir si une transposition rapide va nous donner un atout supplémentaire et décisif mais d'être conscient que nous vivons dans un monde de plus en plus concurrentiel et que, le succès appelant le succès, nous devons, pour conserver notre rang, rester un maître choix pour les promoteurs étrangers. Pour cela il faut faire en sorte que la troïka "cadre réglementaire/compétences/coûts" reste performante.
Une fois que les principaux Etats auront transposé cette directive, quels arguments majeurs le Luxembourg pourra-t-il faire valoir pour conserver sa position de force?
Rester sérieux tout en laissant de la place à un certain pragmatisme, ne pas sur-réguler; être intransigeant là où il faut l'être c'est-à-dire vis-à-vis de tout ce qui peut porter atteinte à la notoriété de la place; toujours innover en termes de produits; être rapide dans l'instruction des dossiers; ne pas sur-contrôler afin de rester compétitifs.

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