Par: Jean-Michel Gaudron | Publié le 25.03.2005 1:00
Utopia: à fond dans le numérique
L'assemblée générale d'Utopia, qui s'est tenue ce jeudi dans une des salles du complexe cinématographique du Kirchberg, n'a pas donné lieu à des mouvements d'humeur particuliers de la part des actionnaires, présents ou représentés à plus de 85%. L'année 2004 a, notamment, permis au groupe d'enregistrer une hausse de la fréquentation des salles et un raffermissement de sa situation financière.
Dévoilés le 10 mars dernier (lire ICI), les résultats du dernier exercice ont notamment permis, aux dires de Nico Simon, administrateur-délégué d'Utopia, de tordre le cou à certaines idées reçues. "On enregistre une hausse de la fréquentation dans tous les pays, à l'exception des Pays-Bas, qui n'a pas eu de films nationaux porteurs. Dans le même temps, la vente de DVD a, elle aussi, connu une hausse exceptionnelle. Cela prouve qu'il n'y a pas d'impact sensible de développement des DVD sur la fréquentation des salles. Seulement des interférences, marginales. Ce n'est pas le même public et ce n'est pas non plus la même expérience cinématographique".
Rappelons que pour l'année 2004, Utopia a vendu près de 4 millions de billets de cinéma dans l'ensemble de ses salles en France, au Luxembourg, en Belgique et aux Pays-Bas, soit une augmentation de plus de 12% par rapport à 2003 et de 5,76% à périmètre constant, abstraction faite de l'ouverture de nouveaux sites, notamment aux Pays-Bas.
Au Luxembourg, les cinémas ont atteint 1,3 million d'entrées, en augmentation de 5,6%. En comparaison avec 2003 à périmètre constant, en ne tenant pas compte des chiffres relatifs à Ciné Cité (fermé en février 2004), les entrées ont augmenté de 9,3%.
La confiance est donc là au moment d'aborder l'année 2005, au cours de laquelle le groupe entend bien capitaliser ses investissements réalisés en matière de projection numérique, un domaine où Utopia se vante d'occuper désormais une position de leader, après avoir procédé, en 2004, à l'installation de 10 projecteurs de ce type, répartis sur ses sites principaux (Luxembourg, Mechelen, Turnhout et Almere). "Nous allons profiter de cette année pour bien utiliser ce matériel et l'expérimenter. Nous entrons dans une phase de tests qui durera peut-être 3 ou 5ans", estime Nico Simon. "Il est important de savoir où l'on va, c'est-à-dire participer au développement de ce marché et non pas se laisser imposer les choses par un autre, sans comprendre ce qui nous arrive".
Belval: dans l'attente de développements concrets
Devant la nouveauté, que ce soit en termes de modèles financiers, de technologies et aussi de... .problèmes, Utopia a pris le taureau par les cornes pour mettre sur pieds de nouvelles offres permettant d'imaginer de nouvelles sources de revenus diversifiées. On se souvient de l'expérience, réussie, à l'été 2004, avec la retransmission des demi-finales et de la finale de l'Euro de football. De quoi, forcément, donner des idées. "Il est encore impossible de savoir ce que cela va rapporter ni quel est le potentiel de ce genre d'activités, prévient M. Simon. En revanche, l'approche nous convient très bien, puisque nous avons toujours voulu miser sur le développement de véritables centres de loisirs et non pas de cinéma exclusivement".
Peut-être les premières observations et expériences guideront aussi les dirigeants d'Utopia dans leur réflexion concernant le dossier "Belval Ouest". Le groupe n'a jamais caché son intention de développer un site pour le sud du pays, mais il n'a pas encore franchi le pas décisif. "Nous regardons sans cesse où en est le projet de réhabilitation des friches. Il ne nous est pas possible d'investir de l'argent dans un projet qui n'et pas encore prêt. Bien sûr que nous voulons le faire, mais nous ne pouvons pas prendre d'engagements définitifs sans la garantie d'un réel développement de l'ensemble du site", explique M. Simon.
De nouveau, les regards se portent donc vers Agora, la société en charge du développement du projet Belval.

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