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Par: Florence Reinson  |  Publié le 25.03.2005 1:00

Agence internationale de l'Energie : le bon élève se fait taper sur les doigts


Auteur(s): 
Florence Reinson
Interview ?: 
Pas interview

L'AIE, l'Agence internationale de l'Energie, a présenté, fin février, son rapport sur la politique énergétique du Grand-Duché, qualifié de bon élève. Si l'agence s'est dite convaincue et impressionnée par la politique énergétique luxembourgeoise, elle a cependant émis des réserves sur les stocks de pétrole du pays, jugés insuffisants, ainsi que sur sa manière de mettre en oeuvre le protocole de Kyoto.

Le commentaire le plus virulent prononcé à l'encontre du Luxembourg concerne son stock stratégique de pétrole. Le traité de l'AIE prévoit l'obligation pour ses membres de disposer d'un stock équivalent à 90 jours de consommation. "Depuis 1971, le pays n'a pas respecté cette disposition pendant plus de 3 ans", s'insurge Claude Mandil, directeur de l'AIE. Actuellement, les réserves du pays sont estimées entre 80 et 87 jours, alors que pour être sûr d'atteindre à tout moment les 90 jours, ce stock devrait correspondre plutôt à 95 jours. "C'est l'ensemble du système de dissuasion qui perd ainsi sa crédibilité", regrette-t-il. Libérer les stocks des états permet en effet de contrecarrer la pression sur les prix du pétrole. Sans stock suffisant, cette possibilité s'éteint.

Le ministre de l'Economie a pris acte de cette remarque. "Je suis assez triste que, sur un sujet aussi peu agréable, nous ne prenions pas nos responsabilités. Nous avons déjà pris certaines dispositions". Les services de M. Krecké travaillent ainsi sur la possibilité d'étendre ce stock de 6 jours, via le port de Mertert. Par ailleurs, la collaboration avec le Central European Pipeline Systems de l'Otan permettrait encore d'accroître les réserves de 4 à 5 jours.

Un second point sur lequel a insisté le directeur de l'AIE, c'est l'engagement très ambitieux du Luxembourg, dans le cadre du protocole de Kyoto, de réduire de 28% ses émissions de gaz sur la période 2008-2012, par rapport à celle de 1990. "Pour l'instant, le Luxembourg est à -21%. Il faut s'en féliciter mais en même temps être lucide. L'essentiel de cette réduction provient de la restructuration de la sidérurgie et cela ne se produira pas une seconde fois", constate M. Mandil.

Le pays a déjà prévu de recourir aux instruments flexibles qui permettent d'acheter des quotas à l'étranger. La consommation d'énergie par habitant au Luxembourg est l'une des plus importantes des membres de l'AIE. Celle-ci est d'avis que le Luxembourg pourrait aller plus loin en accroissant, par exemple, les mesures d'économie d'énergie et trouve le tarif offert pour le rachat d'électricité produite grâce aux énergies renouvelables extrêmement généreux.

Enfin, dernier point de controverse évoqué par M. Mandil: le tourisme du carburant. "Cela pose des problèmes qui ne sont pas de la responsabilité de l'AIE mais rend les choses plus difficiles pour deux points la concernant: la croissance des émissions apparentes de CO2, et le stock stratégique, qui doit croître aussi du fait d'une consommation apparente élevée".

Même si les accises sur le carburant ont augmenté de 3% en janvier, le Luxembourg n'est pas encore prêt à se passer de ce tourisme, tant la manne qu'il rapporte dans les caisses de l'Etat est importante. Le ministre de l'Economie, qui s'est dit conscient du problème, n'a pas manqué de rappeler que 2.000 emplois y étaient tout de même rattachés.


 
 
 
 
  



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