Par: Florence Reinson | Publié le 25.03.2005 1:00
L'université vitale pour les banques
Lors des assises publiques, qui se sont tenues début mars, la société civile et le monde économique ont fait part de leurs desiderata. Tous sont d'avis que les synergies entre le monde du travail et estudiantin sont indispensables.
La création de l'Uni-versité du Luxembourg est passée à la vitesse supérieure. Après les assises internes, qui se sont déroulées en janvier 2005, les assises publiques de la nouvelle institution se sont tenues le 5 mars dernier. C'est ainsi que les différents centre de recherche publics et des représentants du monde économique et de la société civile, triés sur le volet, sont venus apporter leur vision de ce que doit être une université.
L'intervention du banquier suisse Roger Hartmann, responsable d'UBS Luxembourg n'a pas manqué d'intérêt. Ce dernier a fait part des profondes mutations du métier depuis les années 90: "Pour la place financière luxembourgeoise, ces changements sont encore plus importants car - contrairement à la place suisse qui a 150 ans -, elle est née d'une situation de rentes artificielle et n'est pas encore solidifiée. Beaucoup d'activités au Luxembourg sont à faible valeur ajoutée et ce qui est protégé aujourd'hui par des directives ou des lois ne le sera peut-être plus demain', prévient-il.
Ce dernier estime que pour l'avenir de la place, il faut lui ajouter des niches d'opportunités. "Les trois axes évoqués par M. Tarrach - l'enseignement, la recherche et le reste - sont indispensables si on veut encore avoir des banques à Luxembourg dans 20 ans. Il faut une formation post-graduée de haut niveau. L'immense avantage est de permettre à des étudiants brillants de venir parfaire leur formation et ensuite d'être engagé au Luxembourg. L'université est importante pour le renouveau de la place financière".
"Le reste est aussi important que la recherche et l'enseignement. Ici, il suffisait d'ouvrir la bouche et l'argent tombait dans le gosier. Cela a changé mais pas les mentalités des employés de banque. Nous devons enseigner l'innovation, l'esprit d'entreprendre qui, dans un environnement de rente, n'a pas été travaillé. Si l'université ne joue pas son rôle, les banques vont quitter le Luxembourg. Sans cette université, il n'y a pas d'avenir pour les banques au Luxembourg", affirme M. Hartmann.
Complémentarité
Le recteur est d'avis qu'avoir un lien très étroit entre l'université et les centres de recherche publics est très important afin de permettre aux étudiants de se rendre compte de ce qu'est la recherche, mais aussi pour donner une opportunité, à ces centres, de connaître les chercheurs de demain.
De son côté, le CRP Gabriel Lippmann reconnaît que la complémentarité des compétences est nécessaires et il propose la mise en place des pôles scientifiques entre Lippmann et l'université. Le centre de recherche plaide pour une école doctorale internationale. Quant au CRP Henri Tudor, il a proposé de partager le Technoport et le centre de veille technologique avec l'université, ainsi qu'un partenariat stratégique dans les domaines que l'université aura développé. "Fédérer et mieux capitaliser les efforts, éviter les redondances dans un pays de 450.000 habitants" : tels sont, enfin, les arguments du CRP Santé qui propose la mise en place d'une plate-forme commune.
Raymond Bausch, secrétaire général du Fonds national de la Recherche, et fonctionnaire du ministère de l'Enseignement supérieur, insiste: "Le Luxembourg doit mettre en avant l'atout taille en axant sur l'interdisciplinarité et rechercher la complémentarité avec ce qui se fait dans la région. Le cadre doit permettre de s'adapter aux opportunités de la recherche mais aussi aux besoins du Luxembourg".
Quant au numéro deux de la sidérurgie mondiale, Arcelor, il assure que la recherche et l'innovation sont importantes pour le groupe et affirme pouvoir s'associer, mais pas de façon longue, à certains enseignements.
M. Tarrach est conscient que "l'Université du Luxembourg n'est pas un projet facile et les chances de ne pas arriver où on voudrait sont grandes. Il est important que la société civile y participe". Et le recteur de proposer notamment de signer une convention avec les centres de recherche publics pour permettre des échanges, durant plusieurs jours, de chercheurs et d'étudiants.
Quant au ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, François Biltgen, il s'est dit "content qu'on ne se soit plus retrouvé dans les vieilles querelles internes" et a proposé la tenue d'assises externes chaque année.

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