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Par: Gaël Calvez  |  Publié le 25.03.2005 1:00

Certification Transaérospace: une chance de décoller


Auteur(s): 
Gaël Calvez
Interview ?: 
Pas interview

«L'EN9100, c'est comme le bac». Directeur qualité chez Euro-Composite à Luxembourg, Nicolas Majerus est catégorique : sans certification, inutile de prétendre entrer sur le marché de l'aéronautique. «C'est ce qu'on appelle le «catch 22»: tant que vous n'avez pas de certification, vous n'entrez pas sur le marché et si vous n'avez pas de client derrière vous, vous n'aurez pas de certification !», ironise-t-il.

Certifiée EN9100 depuis 1999 (norme de management du système de la qualité dans l'aéronautique), Euro-Composite fournit des pièces usinées pour toute la famille d'Airbus, de l'A318 à l'A321 et, bien sûr pour l'A380, dont la production a déjà démarré. "Le quatrième avion est presque fini. En livraisons de pièces, nous en sommes déjà au 8e ou 9e A380". Aujourd'hui, l'entreprise poursuit sa démarche de certification et se prépare à obtenir le Nadcap, une certification liée aux processus de fabrication, qui sera bientôt exigible chez tous les constructeurs, chez Airbus dès le mois d'avril et fin 2006 chez Boeing.

"Jusqu'à présent, les entreprises qui travaillaient en tant que 4e ou 5e sous-traitant ne voyaient pas l'intérêt d'obtenir ces normes", reconnaît Jean Trimbour de Luxinnovation, partenaire de la rencontre Aérospace au Centre de mesures lorrain de Lunéville (54) début mars. "Aujourd'hui, la transparence est requise jusqu'au moindre boulon'. Second volet du programme européen Interreg III-A Wallonie-Lorraine-Luxembourg sur "la coopération aérospatiale transfrontalière", cette journée lorraine faisait suite à la table ronde de Redu (Belgique) en avril 2004. Son ambition: sensibiliser les PME des trois pays à l'importance de la certification dans l'aéronautique en proposant un panorama des normes et des réglementations.

"On ne leur a pas apporté un financement, précise Thierry Colmant, conseiller entreprises à la CCI du Luxembourg belge, mais on les a orienté vers les personnes qui pourront les aider à trouver des solutions". L'enjeu est, il est vrai, de taille. La Wallonie compte actuellement une trentaine d'entreprises agréées sur 52 et le Luxembourg, seulement 3 sur une quinzaine. En Lorraine, une trentaine d'entreprises seraient reconnues sur ce secteur mais qualifiées par des normes générales - type ISO - et non par des normes spécifiques au secteur.

"La certification est devenue obligatoire mais elle ne remplace pas le contact personnel. La concurrence est telle au niveau des produits qu'il faut créer cette confiance", insiste cependant Nicolas Majerus qui recommande à toutes les entreprises l'International Aeronautic Quality Group à Amsterdam le 28 avril prochain. "Il faut savoir qu'entre le moment où notre produit est sorti, une matière brute pour l'A380, employée dans le plancher, l'embrayage et la structure externe, il nous a fallu attendre deux ans pour être qualifiés!". "Mieux vaut d'abord regarder quel produit on souhaite vendre".

Une troisième et dernière rencontre est prévue à l'automne à la Chambre de commerce du Luxembourg autour d'une étude prospective des applications spatiales vers d'autres secteurs industriels.


 
 
 
 
  



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