Par: Jean-Michel Gaudron | Publié le 25.03.2005 1:00
Back to the future
Les risk managers comptent un nouveau président, qui n'est autre que fondateur de l'association PRIM. Un changement dans la continuité, donc...
Depuis le 1er mars, l'asbl PRiM (Professionnels du Risk Management - Luxembourg, voir aussi paperJam juillet-août 2004, page 122) compte un "nouveau" président. Les guillemets s'imposent, puisque pour succéder à Alain Bastin (Dexia-BIL), qui achevait, cet hiver, son troisième mandat consécutif, l'assemblé générale de l'association a en effet désigné le vice-président Thierry Lopez (KBL), 34 ans, qui se trouve être le fondateur et premier président de PriM, en 1997. Son vice-président est, désormais, Michael May, 46 ans, managing director et global head of operational risk for alternative funds services chez HSBC Securities Services (Luxembourg) SA.
Autrement dit, la continuité est assurée, pour une structure qui a pris de l'importance au fil des ans. Elle ne comptait qu'une quarantaine de membres lorsque M. Lopez céda son siège, en 1999. Il le retrouve aujourd'hui, avec plus de 170 adhérents, une forte présence à l'internationale et une implication dans une joint venture avec l'IFBL (et en collaboration avec l'ATTF), dans la formation avancée et de niveau international en Risk Management.
La reconnaissance de l'association est rapidement venue d'en haut: la CSSF avait invité, en son temps, le premier Président de PRiM à son comité consultatif sur le contrôle interne, qui donna naissance à la fameuse circulaire 98/143. Plus récemment, l'association a été impliquée dans les discussions ayant mené à la directive 04/155 sur la Compliance.
"Je travaille depuis 12 ans à Luxembourg dont je souhaite contribuer humblement à la défense des intérêts et à la promotion parce que j'aime cette terre d'accueil sans savoir où je serai demain. Je suis Belge, d'origine espagnole, je me sens fondamentalement Européen et attiré par les cultures de tous horizons, explique M. Lopez. Paradoxalement, je ne me sens pas Risk Manager dans l'âme. Le métier de banquier consiste à gérer des risques et il n'y a pas de meilleur observatoire que la fonction Risk Management pour apprendre ce métier passionnant. Je voudrais que l'on dise de moi un jour que j'étais un banquier".
5 axes de développement
Citant volontiers le philosophe romain (né en Espagne...) Sénèque, persuadé qu'"il n'y a pas de vent favorable à celui qui ne sait pas où il va", le président de PRiM a hissé la grand voile pour son association: le nombre de membres actifs au sein du conseil d'administration a été porté de 8 à 15 et la durée des mandats a été portée de 2 à 3 ans.
Cinq axes de développement ont été définis pour ce mandat naissant qui mènera PRiM vers son dixième anniversaire: un meilleur service aux membres (via un nouveau site web, notamment, mais aussi une newsletter plus largement diffusée), un accent davantage porté sur la formation, une implication dans la promotion de la place financière, un rôle central maintenu en matière d'évolution régulatoire et l'accentuation du développement des relations internationales.
"Le risk manager doit axer son action dans le pragmatisme au service des executives, résume Thierry Lopez. L'excès de méthodologie coûteuse est nuisible, les formules remplies de lettres grecques ne rencontrent pas toujours les besoins du pilotage de l'entreprise". A ses yeux, pas de doute: la gestion qualitative est bien plus importante en matière de risque opérationnel que ses aspects quantitatifs purs. "Si l'on doit à Voltaire d'avoir su vulgariser les problèmes de l'exégèse biblique, impossible, dit-on, sans la connaissance de l'hébreu, le vrai risk manager est celui qui est capable de fonder son action sans trop de recours à l'épigraphie grecque".
Pour l'heure, le conseil d'administration présidé par Thierry Lopez compte 11 membres effectifs, un douzième, issu d'un grand acteur supranational établi à Luxembourg, devant le rejoindre sous peu.

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