Par: Jean-Michel Gaudron | Publié le 25.03.2005 1:00
«Cela prendra des dizaines d'années...»
Difficile de faire plus équilibré que le sondage de ce mois ci. «Ce n'est pas vraiment étonnant puisque notre société elle-même ne s'est pas encore clairement prononcée sur la position de la femme carriériste», commente Franz J. Wagemann, concessionnaire officiel pour Luxembourg (il n'y en a que trois de par le monde) du cabinet allemand Kienbaum Consultants International.
Pour lui, pas de doutes: "Cela prendra encore des dizaines d'années avant que des femmes avec forte personnalité puissent agir dans la vie professionnelle à niveau égal avec leurs collègues masculins".
Pourtant, même la récente étude PISA, qui fait couler tellement d'encre au Luxembourg, a montré que filles sont bien plus performantes que les garçons à l'école. "Malheureusement ces bonnes conditions de départ ne trouvent pas d'écho sur le marché de travail', ne peut que constater M. Wagemann, qui distingue trois phases distinctes dans la progresson sociale d'une femme: une phase de formation et d'activité professionnelle, suivie d'une période de maternité et d'éducation des enfants et, enfin, une phase de la réintégration dans la vie professionnelle.
"L'importance croissante de l'activité rémunérée ouvre aux femmes la perspective d'une conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle", estime-t-il, reconnaissant aux "femmes avec forte personnalité et motivation' une série de caractéristiques bien précises: mobilité, heures supplémentaires, diminution des activités de loisir et du temps consacré à la famille. "Ce type de femme confère plus d'importance à la carrière professionnelle qu'à la vie familiale", constate-t-il.
Conséquence directe, selon lui: les femmes dirigeantes sont plus souvent célibataires et sans enfants que leurs collègues masculins. "On a constaté que les partenaires des femmes qui réussissent revêtent tout aussi souvent des positions à hautes responsabilités, ce qui favorise un partage des tâches sur le plan privé", précise M. Wagemann, qui ne peut que remarquer que la société reconnaît à la femme un rôle de féminité, alors que le rôle de dirigeant est associé à des attributs masculins, ce qui génère un potentiel conflictuel. "L'environnement des femmes qui baignent dans le succès se ressent de cette tension permanente. Les collaborateurs de niveau inférieur en savent notamment quelque chose", note-t-il.
A ses yeux, une forte personnalité et la réussite dans la vie professionnelle peuvent se compléter, mais tout aussi bien s'opposer. "Il faut savoir prendre la juste mesure et appliquer la bonne stratégie, sinon le risque de solitude augmente. A première vue, les femmes avec forte personnalité nous impressionnent dans l'environnement de travail, mais, vu de plus près, on remarque qu'il ne leur reste plus de temps pour les belles choses qui rendent la vie digne d'être vécue comme la famille, les intérêts et les rires communs avec un partenaire", conclut-il.
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Législation : le congé prénatal et postnatal
Le congé de maternité correspond à 8 semaines avant (congé prénatal) et 8 semaines après (congé postnatal) la naissance de l'enfant (avec 4 semaines supplémentaires en cas d'accouchement prématuré ou multiple ou en cas d'allaitement de l'enfant). Si l'accouchement a lieu avant la date présumée sur le certificat médical, les jours de congé prénatal non pris sont ajustés au congé postnatal.
Durant ce congé de maternité, l'employeur est tenu de conserver à la femme enceinte son poste de travail ou un poste équivalent et son ancienneté n'est pas interrompue du fait de ce congé. La période de congé de maternité donne droit au congé ordinaire et les jours de congé non encore pris au début du congé de maternité peuvent être reportés l'année suivante, en principe jusqu'au 31 mars.
Les salariées ayant déclaré leur grossesse à l'employeur jouissent d'une protection contre le licenciement, dans la mesure où elles ne peuvent pas faire l'objet d'un congédiement avec préavis. Cette protection ne s'étend toutefois pas à une rupture de contrat pour faute grave. En revanche, l'employeur doit au préalable recueillir l'autorisation du tribunal de travail, faute de quoi la femme doit être maintenue dans l'entreprise ou bien réintégrée si la rupture de contrat a été effective.

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