Par: Jean-Michel Gaudron | Publié le 28.04.2006 1:00
Place financière: entre sérénité et méfiance
Hasard du calendrier (?), la Commission de surveillance du secteur financier et l'Association des banques et banquiers, Luxembourg, ont tiré, le même jour - mardi dernier - chacun de leur côté, le bilan de l'année 2005 et envisagé l'avenir immédiat avec un mélange de sérénité et de prudence. Si les temps d'opulence semblent aujourd'hui bien loin, il n'est pas non plus question de sombrer dans un pessimisme exagéré...
"Sérénité et optimisme": tels sont les mots employés par Jean-Nicolas Schaus, directeur de la CSSF, satisfait de voir qu'en 2005, la place financière a renoué avec la croissance, aussi bien au niveau des banques que dans l'industrie des fonds d'investissement. Il n'en a pas moins appelé les acteurs du secteur financier "de continuer à faire preuve d'innovation, de savoir-faire et de flexibilité pour répondre aux besoins diversifiés d'une clientèle nationale et internationale de plus en plus exigeante".
Jean Meyer, le président de l'ABBL, (réélu à son pote au terme de l'assemblée générale de ce mardi), a, de son côté, lancé quelques signaux d'avertissement à l'attention de tous ceux qui auraient tendance à vouloir se reposer sur leurs lauriers. "L'année 2005 a été une bonne année, c'est tout", a-t-il tenu à rappeler, insistant sur le caractère exceptionnel de bon nombre d'éléments ayant contribué à la croissance de 14% des bénéfices avant provision du secteur.
"Mais une bonne année 2005 n'est pas garant d'une bonne année 2006", a-t-il prévenu, insistant sur la nécessité de préserver la compétitivité de l'environnement légal ou fiscal du pays. "Le Luxembourg n'aura une chance de survivre que si nous pouvons convaincre les investisseurs étrangers, c'est-à-dire les maisons-mères de nos membres, que la productivité augmente plus vite au Luxembourg que les coûts. Cette contrainte ne se limite d'ailleurs pas au seul secteur financier, mais va au-delà. Et la démonstration de cette équation n'est pas toujours facile à faire", estime-t-il.
Si le président de l'ABBL a accueilli favorablement la proposition faite, l'occasion de la dernière tripartite, de tendre vers un statut unique ouvrier/employé, il refuse que le financement d'une telle mesure se fasse "au détriment de notre secteur. Il s"agit là du début du commencement. Nous avons eu le courage de faire quelque chose, mais il faut garder à l'esprit que toute mesure qui détériorerait la compétitivité du Luxembourg est néfaste".
Jean Meyer garde, notamment, en ligne de mire, les prochaines négociations sur la convention collective du secteur bancaire et n'oublie pas que l'actuel système d'évolution salariale a été mis en place dans le cadre de la convention collective signée en... 1993. "Nous devons absolument moderniser cet outil important de gestion et de motivation de notre personnel en adoptant des grilles et des principes à la hauteur des ambitions d'un centre financier moderne", a-t-il prévenu. L'automne s"annonce chaud entre patronat et syndicats.

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