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Par: Florence Reinson  |  Publié le 28.04.2006 1:00

Affaire Ersöz: appel lancé à l'opinion publique


Auteur(s): 
Florence Reinson
Interview ?: 
Pas interview

Comme nous l'annoncions dans notre newsletter de vendredi dernier, la mobilisation autour de la journaliste turque d'origine kurde, Zubeyde Ersöz, s'organise. La jeune femme est emprisonnée à Schrassig depuis le 15 février dernier, alors qu'elle s'était présentée au ministère des Affaires étrangères pour y demander l'asile politique.

Un Comité de défense pour Zübeyde Ersöz s"est ainsi formé le 20 avril, a organisé une manifestation sur la place Clairefontaine le lendemain, et s"est présenté officiellement à la presse le 25 avril dernier. Créé à l'initiative de Janine Frisch, Philippe Schockweiler, Claude Frentz, Nicole Lorentz, Cléo Thoma et Béatrice Carrilho, ce comité, qui en appelle à l'opinion publique luxembourgeoise, réunit des hommes politiques - notamment Jacques Poos, Camille Gira Vera Spautz, Jean Huss, Viviane Loschetter -, des intellectuels et des journalistes.

"Cela fait deux mois que la journaliste est emprisonnée. Elle a été humiliée. C"est grave qu'il se passe ce genre de choses au Luxembourg. Je ne peux m'endormir le soir en sachant qu'à dix minutes de chez moi, une femme est emprisonnée et enchaînée. Nous devons faire quelque chose", s"insurge Janine Frisch.

Le 15 avril, elle a entamé une grève de la faim - qu'elle a arrêté hier soir, réconfortée par le soutien qui s'organise autour d'elle - insistant sur le fait que son objectif n'était pas d'influencer les ministres des Affaires étrangères, Jean Asselborn, et de la Justice, Luc Frieden, mais de dénoncer ses mauvaises conditions de détention. Mme Ersöz se dit choquée de la façon dont elle a été traitée et estime qu'elle fait l'objet d'une injustice flagrante, témoigne-t-elle encore, avant d'ajouter que "la seule faute qu'elle ait commise est d'avoir eu le courage de critiquer la politique de son gouvernement".

"Les menaces d'une extradition planent toujours sur Zübeyde Ersöz, insiste le comité, et la situation politique et celle des Droits de l'Homme en Turquie font craindre le pire pour une réfugiée kurde". Le comité de soutien en appelle donc les ministres MM. Frieden et Asselborn à la libérer immédiatement, à traiter de manière urgente sa demande de protection internationale et à renoncer à son extradition vers la Turquie. Les signataires appellent toutes les personnes et les organisations de la société civile et politique du Luxembourg à se joindre à leur lutte pour la libération de Zübeyde Ersöz.

Serge Kollwelter, le président de l'Asti, également signataire de l'appel, prend position, au nom du conseil d'administration de l'Asti, sur cette situation et s"inquiète: "Que le gouvernement turc veuille se saisir d'opposants kurdes est une chose, que le gouvernement luxembourgeois aille jusqu'à violer les conventions internationales pour y donner suite est intolérable. (...) La complaisance du gouvernement luxembourgeois à l'égard des autorités d'Ankara ne peut pas être aussi poussée que de vouloir mettre en jeu délibérément la vie d'une personne".

Il souligne encore que la journaliste aurait dû être sortie de prison étant donné que la Turquie n'a pas fourni les pièces complétant le dossier de demande d'extradition endéans le délai de 40 jours prévu par la loi. "Comme, après de moult hésitations et de nombreuses interventions, le gouvernement luxembourgeois a repris l'examen de la demande d'asile, Mme Ersöz aurait déjà dû être sortie de la prison. Il n'y a aucune raison qu'elle se trouve encore au centre pénitentiaire de Schrassig en violation des conventions internationales et mettant en danger sa vie", écrit-elle.

Le Parquet Général avait proposé la mise en liberté de la journaliste, étant donné qu'il n'existait pas d'éléments suffisants pour prouver les crimes dont la Turquie l'accuse mais la Chambre du conseil de la cour d'appel s"est jugée incompétente pour se prononcer sur le fond.

L'Asti tient, enfin, à rendre attentif l'opinion publique que la focalisation sur ce cas ne doit pas cacher les "oubliés" de la rétention administrative, rappelant l'histoire de "ce citoyen algérien retenu, avec quelques interruptions, depuis plus d'un an parce que les autorités de son pays d'origine se font tirer les oreilles pour délivrer les documents de voyage indispensables à son retour".

L'appel du comité de soutien peut être signé aussi sur internet, une pétition online a été créée à cette occasion: www.petitiononline.com/Ersoz/petition.html.


 
 
 
 
  



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