Par: Frédérique Moser | Publié le 26.01.2007 1:00
54 milliards pour bâtir une Europe de la connaissance
Du lourd, du très lourd. 54 milliards d'euros vont être débloqués par les 27 Etats membres de l'Union européenne, au cours des cinq prochaines années, dans le cadre du programme-cadre de recherche et de développement technologique. Le 7e du nom, qui revêt un aspect bien particulier pour François Biltgen puisque c'est en 2005, alors que ce dernier présidait le conseil européen des ministres de la Recherche, que les grands lignes du programme ont été fixées.
Bénéficiant d'un budget bien plus conséquent que le précédent (soit une hausse de 63%), ce programme innove dans plusieurs domaines: il se concentre sur 10 domaines thématiques (les mieux dotés étant les TIC, la santé, le transport et les nanotechnologies), il orchestre le fonctionnement du tout nouveau Conseil européen de la recherche (visant à financer les projets à hauts risques), il organise l'espace l'européen en Régions de la connaissance (favorisant les synergies), il prévoit un meilleur partage des risques financiers, il favorise les initiatives technologiques conjointes et, enfin, il instaure un point de contact (www.ec.europa.eu/research/enquiries) pour les auteurs de projets.
"Ce 7e programme cadre est important pour l'Europe, il l'est tout autant pour le Luxembourg, car il permet d'atteindre des niveaux d'excellence qui ne peuvent l'être au seul plan national", a insisté François Biltgen qui a rappelé quelques succès luxembourgeois remportés lors du 6e programme-cadre. Notamment, la création du réseau d'excellence Nanobeams, dont la coordination a été confiée au CRP Gabriel Lippmann, le projet de recherche intégrée sur le management des risques et catastrophes u-2010 (coordonné par l'Université du Luxembourg) ou encore le projet CASSEM (contrôle des vibrations technologiques), coordonné par le CRP Henri Tudor.
Un diplôme en 2 ans créé à la rentrée 2007
La présentation de ce nouveau programme a également permis au ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche de faire le point sur un second pilier de l'Europe de la Connaissance, à savoir le processus de Bologne, qui vise à l'intégration des diplômes européens. "Il poursuit trois objectifs principaux et complémentaires, a-t-il rappelé. Améliorer la visibilité et la lisibilité de l'Enseignement supérieur, par la restructuration en Bachelor (Bac + 3), Master (Bac + 5) et Doctorat (Bac + 12), favoriser la mobilité des étudiants-chercheurs et approfondir la dimension sociale des universitaires".
Au Luxembourg, le processus est parfaitement en cours, a assuré François Biltgen. Concrètement, il se traduit, au niveau de l'Université, par la mise en place d'un tutorat pour les étudiants en premières années, mais aussi par l'organisation d'évaluation externe et interne de l'Université par un groupe d'experts internationaux.
D'un point de vue pratique, il passe également par "des efforts pour la mise à disposition de logements pour les étudiants - à Luxembourg mais aussi à Esch et à Sanem, où la maison de retraite sera transformée en logements estudiantins - ainsi que par l'octroi d'un véritable statut des chercheurs". Ce dernier, véritable arlésienne de la recherche au Luxembourg, devrait bientôt aboutir, par le biais d'un nouveau projet de loi, assure le ministre. Autre engagement: l'accélération et l'allègement des procédures d'entrée et de séjour pour les étudiants inscrits à l'Université ainsi que la délivrance possible de permis de travail (10 heures par semaine maximum), sur base d'un CDD.
La rentrée 2007 devrait également être marquée par la création d'un nouveau diplôme de cycle court (2 ans), le BTS - Brevet de technicien supérieur - des métiers de la Santé. Mise en place au sein du Lycée technique pour professions de santé, cette formation supérieure comblera un besoin de compétences très net dans le pays. D'autres BTS pourraient également voir le jour dans les prochaines années.
Pour le Luxembourg, qui a considérablement accru son budget national consacré à la R&D (0,42% du PIB en 2007, soit 142 millions d'euros), l'enjeu est de taille pour l'avenir. Les efforts déployés devraient être à la mesure. C'est pourquoi le pays est, avec ses partenaires du Benelux, candidat à l'organisation, en 2009, de la conférence bisannuelle sur le Processus de Bologne, qui rassemble les ministres des 45 pays engagés dans ce processus.
Par ailleurs, la création d'un Comité supérieur de la recherche et de l'innovation sera à l'ordre du jour des discussions du Conseil de gouvernement de ce matin. S'il est créé, ce comité fonctionnera comme instance politique qui, en consultation avec des experts scientifiques et économiques, sera chargée de déterminer les "grands axes dans le domaine de la science".

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