Luxembourg | Par: Jean-Michel Gaudron, Marc Vandermeir | Publié le 26.01.2007 1:00
Coupe du monde 2018 de football: tirs au but... ou hors jeu?
Le 2 décembre dernier, les parlementaires - toutes couleurs politiques confondues - du Conseil Benelux (le Parlement du Benelux), réunis à La Haye, avaient créé une petite sensation en votant à l'unanimité une recommandation de leurs collègues Maya Detiège (socialiste belge flamande) et Luc Willems (libéral belge flamand), demandant que la Coupe du monde de football 2018 se déroule sur les trois pays du Benelux.
Ce vote est intervenu lors de la réunion plénière du Parlement Benelux, les 1er et 2 décembre, dont l'essentiel de l'ordre du jour était pourtant consacré à la révision du Traité Benelux, lequel date de 1958 et qui doit effectivement être plus que dépoussiéré, puisqu'il ne tient guère compte des multiples nouveaux domaines d'intervention nés depuis. La proposition "foot" a donc fait l'effet d'une surprise.
Il ne fait aucun doute que les Pays-Bas, autant que la Belgique, sont intéressés par l'organisation de cette Coupe du monde, qu'ils guignent depuis longtemps. Ils avaient, du reste, inauguré ce principe de co-organisation en 2000, à l'occasion du Championnat d'Europe, repris ensuite par la Suisse et l'Autriche pour l'édition 2008.
Mais qu'en est-il au Luxembourg? Cette proposition retient-elle l'intérêt et est-elle réaliste, sinon réalisable? Du point de vue ministériel, la réponse du ministre tombe presque comme un couperet. "Je ne sais pas quelles sont les chances du Benelux d'organiser la Coupe du monde à trois pays mais, pour moi, l'organisation d'un tel évènement n'est pas une priorité, indique le ministre des Sports Jeannot Krecké. Je préfère utiliser les moyens budgétaires à ma disposition pour soutenir le développement du sport luxembourgeois. De toute manière, nous n'avons pas les infrastructures nécessaires et je ne pense pas que la construction d'un grand stade pouvant accueillir au moins 50.000 spectateurs puisse être raisonnablement envisagée. Pour l'instant, le gouvernement n'a pas été approché par les promoteurs de ce projet, mais, encore une fois, nous avons d'autres priorités en matière d'infrastructures sportives". Difficile d'être plus clair...
Preneurs, oui... Mais de quoi?
Du côté de la Fédération luxembourgeoise de football, son président, Paul Philipp, se montre un peu plus nuancé, mais pour en arriver à des questions qui, finalement, mènent à un constat de quasi impossibilité, en rappelant que l'idée, en elle-même, n'est pas tout à fait nouvelle. "Le président de l'Union belge de football, Alain Courtois, m'en a parlé à Budapest, il y a plus de six mois, lors d'un congrès de l'UEFA (Union européenne de football, ndlr.)". L'approche de l'ancien sélectionneur national est très pragmatique. "Nous sommes les plus petits de cet ensemble et il faut voir ce qui pourrait être prévu pour nous. Tout le monde m'a demandé quel rôle pourrait jouer le Luxembourg dans cette coupe, puisqu'une infrastructure telle qu'un stade de 50.000 places est tout à fait impensable ici. De plus, côté néerlandais, on a demandé que le dossier soit mis à l'arrêt en attendant les dernières élections législatives. Cela montre que l'affaire est aussi, sinon avant tout, politique, et il faut donc que le politique soit d'abord d'accord sur le principe".
Pour autant, la FLF trouve-t-elle l'idée séduisante? Et réaliste? "Nous avons toujours dit être preneurs, indique le président de la FLF. Mais il faut voir preneurs de quoi. Dans l'état actuel, il est inimaginable de penser vouloir organiser un match chez nous, alors que nous ne disposons que d'un stade de 10 à 12.000 places qui est vétuste. On pourrait penser que des équipes pourraient, par exemple, s'entraîner et se préparer chez nous. Il faut avant tout que l'on sache ce que l'on attendrait de nous. Reste que c'est un défi énorme - certains disent 'fou' - et que tous les grands défis partent d'une idée. Mais un défi mérite d'être relevé".
En tout état de cause, une réunion préalable des trois fédérations concernées devrait être organisée pour véritablement poser les grandes lignes du dossier. Mais dans la balance, le peu d'enthousiasme de l'actuel président de la FIFA (Fédération internationale de football, ndlr.) aux organisations "multinationales" n'est guère de nature à faire pencher le plateau du bon côté... "Nous sommes flattés et honorés, remarque Paul Philipp. Mais il faut voir jusqu'à quel point nous pouvons aider. Si les choses devaient aller plus en avant, il est évident que nous revendiquerions une place très claire".

1276.1995 

Publier un nouveau commentaire