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Par: Marc Vandermeir  |  Publié le 26.01.2007 1:00

Dossier Développement durable ? Expériences concrètes: dans le vif du sujet


Immobilier, commerce équitable, aéronautique, isolation... Quatre exemples concrets de démarches s'inscrivant dans le cadre d'un développement durable.

Certains font du développement durable une nouvelle priorité absolue dans leur stratégie d'entreprise. D'autres en font naturellement, parfois même sans le savoir. Les exemples sont certainement très nombreux. Nous en avons choisi quatre...

BEI: immeuble certifié sur le plan environnemental

Le nouvel immeuble de la Banque europé-enne d'investissement (BEI), en construction au Kirchberg, est le premier à être certifié au Luxembourg suivant la Building Research Establishment Environmental Assessment Method (BREEAM), qui l'a classé "Très bon".

La banque a cherché à minimiser les effets négatifs sur l'environnement liés à la construction et à l'exploitation d'un immeuble de bureaux, tout en promouvant les conditions de bien-être pour les occupants. "L'environnement était un critère fondamental dès le concept, explique Jean-Louis Hubermont, ingénieur de projet, responsable de la certification environnementale à la task force "Nouvel Immeuble" au sein de l'institution. "Dans le cadre de l'application des normes écologiques les plus élevées - telles qu'elles ont été établies par l'UE - la BEI a pour principal souci la protection et l'amélioration de l'environnement. Son approche à cet égard est volontariste, tant dans le financement de projets environnementaux que dans la gestion de l'ensemble de ses prêts. Nous nous sommes donc appliqué ces principes à nous-mêmes".

Il est rapidement apparu qu'il n'était pas possible de faire certifier un nouveau bâtiment au Grand-Duché, car ces certificats, généralement à vocation nationale, ne sont actuellement pas d'application sur le territoire luxembourgeois. Dès lors, différentes démarches étrangères ont été analysées. "BREEAM a été choisie, car c'est une méthode émanant d'un pays de l'UE, l'une des plus utilisées et reconnues par des organisations internationales telles que l'OCDE, bien au-delà des frontières britanniques", explique M. Hubermont.

Cette certification permet d'avoir une approche multicritères des aspects environnementaux liés à la construction, à la rénovation et à l'exploitation d'un immeuble. "La plupart des critères sont définis et évalués sur base d'objectifs de performance spécifiques, laissant peu de place à la subjectivité, explique M. Hubermont. En outre, BREEAM permet de mesurer les performances environnementales d'un bâtiment tout au long de son cycle de vie. La BEI a, en outre, décidé d'adapter la certification BREEAM aux conditions locales et à la législation luxembourgeoise.

La qualité environnementale d'une opération de construction relève autant du management que de la conception architecturale et technique. La mise en place d'un Environmental Management System (EMS) pour la gestion du chantier est essentielle dans cette démarche. On relèvera que les techniques mises en oeuvre permettent une réduction de la consommation en énergies de l'ordre de 50% par rapport aux immeubles de bureaux classiques. Dans la mesure du respect des contraintes architecturales, la BEI a, par ailleurs, choisi des matériaux respectueux de l'environnement et de la santé des occupants de ce bâtiment.

Ainsi, la Banque européenne d'investissement pense avoir donné dans ce domaine une orientation qui pourrait être poursuivie par d'autres acteurs publics ou privés au Luxembourg.

TransFair-Minka asbl: au coeur du sujet

L'association TransFair-Minka asbl, créée au Luxembourg en 1992, travaille en faveur d'échanges mondiaux plus équitables pour permettre aux petits producteurs du Sud, souvent marginalisés par le système commercial conventionnel, de vivre dignement de leur travail. Les produits portant le label TransFair sont issus du commerce équitable c'est-à-dire qu'ils ont été produits et commercialisés selon les standards internationaux du commerce équitable. Et tous sont de qualité. L'association est ainsi au coeur même des enjeux du développement durable.

"TransFair-Minka asbl ne s'occupe pas seulement de la labellisation et du contrôle des produits du commerce équitable mais joue aussi un rôle important au niveau de la cohérence des politiques, précise sa directrice, Daniela Ragni. Nous effectuons tout un travail de lobbying auprès des institutions politiques communales, nationales et européennes, sur des thématiques telles que la globalisation, les relations Nord-Sud, les enjeux politiques de la mondialisation, les marchés de matières premières, etc.". L'association travaille également en milieu scolaire à l'éducation au développement, en organisant divers ateliers.

"Choisir les produits portant le label TransFair est un moyen concret pour changer les conditions de travail et de vie des petits producteurs du Sud. C'est surtout affirmer qu'un commerce respectant les droits de l'Homme et l'environnement est possible", explique-t-elle.

Pour ce qui est des contrôles, Daniela Ragni souligne que TransFair-Minka, Fairtrade Labelling Organisations (FLO) et FLO-Cert veillent de manière indépendante à la gestion et à la mise en oeuvre du label du commerce équitable. FLO-Cert s'assure ainsi que les producteurs perçoivent bel et bien le revenu de leurs produits.

Celui-ci comprend le prix minimum garanti, qui permet de couvrir les coûts de production, ainsi que le versement de la prime de développement qui permet un réel essor social au niveau communautaire. La prime sociale est gérée de manière autonome par les organisations de producteurs pour la création d'écoles, de centres de santé, l'achat de terre... Tous les acteurs de la filière équitable sont eux aussi agréés et contrôlés de manière régulière.

La directrice de TransFair remarque que "les entreprises sont de plus en plus nombreuses à considérer la responsabilité sociale des entreprises (RSE) et le développement durable, qui y est étroitement lié, comme des enjeux stratégiques. La prise en compte de la RSE dans le cadre de la stratégie d'une entreprise élargit les champs du management au social et à l'environnement tout en visant une solution gagnant-gagnant pour toutes les parties impliquées".

Plusieurs entreprises luxembourgeoises ont ainsi commencé à utiliser des produits labellisés TransFair/Fairtrade.

Cargolux: développement durable servi par la technologie

L'engagement de Cargolux en matière de développement durable était déjà inscrit dans sa déclaration Mission and values définie fin des années 90. La société s'engage "à assurer la rentabilité et la profitabilité en offrant à ses clients un avantage compétitif sans pareil dans leurs opérations dans le monde entier" et "à créer de la valeur ajoutée au profit des ses clients, de ses actionnaires et de ses employés". Ceci tout en "respectant l'environnement légal, social et culturel de toutes destinations et pays sur son réseau mondial (et en) respectant l'environnement et les communautés dans les pays où elle opère".

Cet engagement en matière de développement durable se réalise surtout dans les choix techniques et technologiques pour la flotte et les ateliers de maintenance, précise Marc Schonckert, porte-parole de la compagnie. "L'investissement dans la meilleure technologie se répercute positivement sur la compétitivité à long terme de Cargolux et donc sur l'économie nationale et le marché luxembourgeois du travail. La réduction de l'impact de ses activités sur l'environnement ne constitue pas seulement pour nous une obligation à l'égard des communautés autour des aéroports où elle opère, mais aussi une priorité concernant sa compétitivité à long terme dans le cadre de son développement durable".

La mise en service par Cargolux, en 1993, du Boeing 747-400F, l'avion le plus performant de cette envergure en matière de compatibilité environnementale, a été un premier pas décisif de la société dans sa politique de promotion de la best technology available quand il s'agit d'accorder ses ambitions commerciales avec ses devoirs d'acteur responsable.

À la mi-2009, Cargolux recevra le premier des dix nouveaux Boeing 747-8 commandés (dix autres sont en option). La compagnie luxembourgeoise de fret sera ainsi le premier opérateur au monde à mettre en service ce tout nouvel avion qui établira de nouveaux standards de performance économique et environnementale. "Cela consolidera notre position au sein des sociétés de fret aérien les plus performantes et réduira considérablement l'impact sonore et des émissions des opérations de Cargolux sur les communes autour des aéroports", estime M. Schonckert.

Enfin, la construction du nouveau hangar de maintenance constituera un autre événement de taille pour Cargolux. "Les employés vont bénéficier d'un environnement de travail moderne et d'installations qui tiennent compte des priorités de sécurité, d'ergonomie et d'environnement les plus avancées. Ce qui témoigne aussi de notre attachement à notre pays et à notre aéroport d'origine et qui va avoir un impact positif sur le marché du travail avec un effectif adapté à la croissance des activités et à l'agrandissement de notre flotte".

Foamglas: en verre et avec tous

Lorsque l'on parle, dans le secteur du bâtiment, de développement durable, le nom Foamglas arrive souvent très vite dans la conversation. C'est que le verre cellulaire produit au Luxembourg par la société Pittsburgh Corning Europe est considéré comme l'un des meilleurs choix possible - sinon le meilleur - en matière d'isolation thermique. Ceci pour des raisons où se mêlent écologie, durabilité et comportement face au feu. Ses propriétés dépassent largement les attentes utiles à sa fonction première, l'isolation thermique, et s'inscrivent ainsi pleinement dans le développement durable.

"L'inscription du Foamglas dans le respect de l'environnement et dans une réponse franche au développement durable est et restera toujours l'une de nos plus importantes priorités, précise Philippe Steiner, sales manager. Toute la chaîne de production est visée: de la matière première, avec 66% de verre de recyclage à la consommation d'énergie nécessaire à la production, qui est passée de 1054 kWh/m - en 1990 à moins de 500 kWh/m - aujourd'hui".

Philippe Steiner souligne que, s'il est un élément essentiel dans le concept du développement durable, c'est bien la durée de vie d'un bâtiment. "Si, au cours des 80 années de durée de vie moyenne d'un bâtiment, vous devez rénover quatre fois votre complexe isolant, vous polluez quatre fois pour la même utilisation. Des complexes isolants avec Foamglas ont été sondés 50 ans après leur mise en oeuvre et aucune trace d'humidité n'a pu être découverte, l'isolant thermique jouait encore parfaitement son rôle alors que, pour n'importe quel autre matériau, le complexe aurait sans doute déjà dû être remplacé une ou deux fois".

Cette durabilité provient d'une autre propriété du verre cellulaire qui est l'étanchéité à l'eau et à la vapeur d'eau. Grâce à cet atout, ce verre ne perd pas ses caractéristiques isolantes et reste efficace comme au premier jour, ce qui permet de réduire la consommation d'énergie nécessaire au chauffage de l'habitat et à sa climatisation.

"Même en cas d'incendie, note Philippe Steiner, le verre cellulaire garantit la meilleure sécurité en matière d'émissions nocives et de toxicité. Il est en effet incombustible A1 et, par là même, limite la propagation du feu".

Le verre cellulaire n'est pas seulement durable, il est aussi recyclable et peut être utilisé, en tant que matériau inerte, dans le remblayage de fonds de route, les aménagements paysagers ou en isolation en vrac après broyage. Et le sales manager de conclure: "Nous sommes et resterons sensibles sur le sujet écologique par des actions concrètes en faveur de l'environnement et n'hésiterons jamais à investir pour la santé de notre planète". || Marc Vandermeir

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Pour un label Entrepreneuriat socialement responsable

La Confédération luxembourgeoise du commerce (CLC), organisation patronale regroupant des PME issues des secteurs du commerce, du transport et des services, s'est, elle aussi, lancée dans la promotion active d'une politique visant à concilier la responsabilité sociale, le développement durable et la rentabilité au sein des entreprises.

Après une première initiative, menée avec la Fédération des Artisans, l'Horesca et six banques de la Place, unies dans la création de l'Observatoire Banques - Entreprises (voir paperJam novembre 2006, page 34), elle entend intégrer les actions découlant des récents accords de Tripartite et visant à combattre le chômage, à réduire l'absentéisme, mais aussi à introduire, si possible sans heurt, le statut unique.

Aussi a-t-elle élaboré, ces derniers mois, un concept de l'entrepreneuriat socialement responsable, qui s'appuie sur la création du label "Entrepreneuriat socialement responsable" (ESR), lui même subdivisé en quatre sous-labels (gouvernance, environnement, social/sociétal et égalité des chances professionnelles).

Les discussions sont actuellement en cours avec les autorités publiques et les organisations patronales au niveau de l'UEL, afin de pouvoir mettre en place, concrètement, ce label ESR pour le courant de l'année 2007. Ainsi, les entreprises et leurs dirigeants, poursuivant une politique proactive et structurée dans les différents domaines du développement durable et de la responsabilité sociale, et ayant rempli les critères de l'octroi, se verraient "labellisés" pour une période d'un an.


 
 
 
 
  



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