| Photo: Julien Becker |
Par: Alain Ducat | Publié le 21.09.2007 8:42
Un axe fort à mesurer
Passer les douze coups de l'an 2000 en dribblant le grand méchant bug; réussir le grand saut vers l'euro; assurer la maîtrise d'ouvrage d'un chantier de construction où s'activent 20 sociétés; boucler un mensuel dans les délais impartis par l'imprimerie en fonction de l'importance et de la distribution des sujets aux journalistes... Un point commun à ces activités? Ce sont des projets à gérer. On le fait souvent sans s'en rendre compte. Or, dans les entreprises, cette approche, lorsqu'elle s'institutionnalise, pose questions: faut-il recruter un spécialiste ou former du personnel en interne? Faut-il recourir à des consultants? Faut-il standardiser un processus? Il faut d'abord, tout simplement, bien prendre conscience de la gestion de projet…
«La gestion de projets, c'est un ensemble de méthodes et d'outils qui permettent de gérer une activité gardant un caractère unique et temporaire», résument Sébastien Pineau et Anne-Laure Mention, du CRP Henri Tudor. L'institution est au cœur du débat. D'abord parce que cela fait partie de ses missions. «Nous sommes actifs dans les axes de recherche et développement. Nous nous préoccupons de formation, nous sensibilisons et encourageons aux bonnes pratiques, aux méthodes de développement… Et nous avons une approche globale et scientifique. Il s'agit d'être aux côtés des acteurs du marché et de jouer notre rôle de facilitateur, de partenaire, qui nous conduit également à mettre les acteurs en contact, à susciter les réseaux». Ensuite parce que le CRP Tudor, organisateur l'an passé d'un congrès pratique sur la gestion de projets, remet le couvert le 24 octobre prochain (lire notre Agenda en page 31).
«La gestion de projets, c'est un marché en soi, note Sébastien Pineau, qui sera le coordinateur de ce congrès. C'est aussi un axe qui est encore méconnu par rapport aux pays anglo-saxons, par exemple, mais qui a un réel potentiel au Luxembourg. C'est un choix fort». Bien gérer son projet, cela s'apprend. Il y a des méthodes, des outils, des associations qui les promeuvent et des entreprises de consultance, par exemple, qui en font leur école de référence. «Notre approche est d'éclairer le débat, de faire prendre conscience aux acteurs économiques. Il ne nous appartient pas de trancher pour telle ou telle vision. Mais en ciblant le retour pratique, nous avons l'ambition d'offrir une aide à la décision aux managers qui se sentiront concernés».
Retours sur expériences
Le congrès suit un fil rouge complet, de l'état des lieux de la gestion de projets au Luxembourg, aujourd'hui, jusqu'à la réflexion sur les enjeux à rencontrer, demain, sur les évolutions prévisibles: d'où l'on vient, où l'on va. La philosophie du projet est là et, pour exégèse, elle a une étude thématique. «Nous avons prolongé une enquête lancée l'an dernier pour le congrès, en allant plus loin dans l'analyse. Il s'agit de mesurer la pénétration du marché luxembourgeois par la gestion de projets, puis d'appréhender qui utilise quoi et dans quel cas. On se dirigera vers les portefeuilles et les programmes de projets, ce qui est le niveau au-dessus dans une entreprise bien préparée». Cela conduit l'analyse, notamment, à croiser les types d'entreprises et d'organisation par rapport aux outils existants. De quoi ouvrir des perspectives dans la recherche et dans la formation, en vue de déterminer le contenu de cours spécialisés, par exemple.
Le congrès en lui-même a intégré cette évolution. La plupart des sujets sont abordables par deux niveaux, selon la maturité de l'entreprise (ou du manager) par rapport à la gestion de projets. «Mais on peut à tout moment passer de l'un vers l'autre». De façon concrète, des intervenants de terrain (Fortis, Dexia, Moon Hart Consult, Husky, CFL, Delphi…) évoqueront des cas d'école et des retours d'expériences vécues: outsourcing, projets cross-boarder, évaluation et certification, etc.
La pertinence de ce congrès conçu comme un tableau à double entrée, permet de toucher tout le monde. Car, on l'a vu, tous les métiers sont potentiellement concernés et le public visé est donc très large. Qui n'a pas de projet? Autant bien le gérer, en connaissance de cause…

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