Par: Frédérique Moser | Publié le 28.09.2007 12:52
Les «consom-acteurs» tiennent le bon fil
Les produits Fairtrade, qui ne sont plus cantonnés aux boutiques spécialisées, ont désormais toute leur place dans les rayons des grandes surfaces. Cet automne, le coton labellisé «commerce équitable» fait son entrée sur le marché luxembourgeois.
La demande reste timide, le directeur marketing du groupe Cactus, Henri Jungels, qualifiant même de «minime» la part que représentent actuellement les ventes de produits issus du commerce équitable dans les enseignes du groupe. Mais le phénomène prend de l'ampleur, la prise de conscience s'amorce, et les «consom-acteurs» – néologisme désignant les consommateurs qui veulent donner du sens à leurs actes d'achat – voient peu à peu grossir leurs rangs. Le Luxembourg figure même parmi les pays européens où la percée du commerce équitable, ces dernières années, serait la plus forte, même si les ventes de cafés «labellisés», pour se limiter à ce seul exemple, n'y représentaient que 3% environ du total écoulé.
L'asbl Transfair-Minka, qui assure la promotion des produits Fairtrade au Luxembourg, a, dans un premier temps, concentré son action sur les denrées alimentaires (café, chocolat, jus d'orange, glaces, etc.). Cet automne, elle lance une campagne de sensibilisation au coton issu du commerce équitable. «Le temps est venu de proposer aux consommateurs également une alternative sur le marché textile. Le coton est un produit-clé au niveau du développement économique pour une multitude de pays producteurs du Sud», a expliqué mercredi Jean-Louis Zeien, le président de l'asbl, lors d'une conférence de presse.
Et le militant d'expliquer les rouages de la chaîne Fairtrade: «Le producteur (du Burkina Faso, du Mali, du Cameroun ou encore du Sénégal) reçoit un prix garanti de 36 cents par kilo de coton, qui monte même à 41 cents si la production est biologique. A cela, s'ajoute une prime de développement de 5 cents par kilo, qui est investie par les coopératives dans la réalisation d'infrastructures bénéfiques à l'ensemble de la communauté – écoles ou centres de soins».
Des contrôles garantis
A titre d'exemple, les revenus des producteurs de coton du Mali auraient ainsi augmenté de 70% lors de la récolte de l'hiver 2005/2006. Le commerce équitable représente donc, selon Transfair-Minka, un espoir important pour les quelque 20 millions de personnes en Afrique dont les revenus dépendent directement de «l'or blanc». L'ONG rappelle que les petits producteurs de coton y souffrent avant tout des subventions que les pays industrialisés accordent à leur production nationale. «A elles seules, les subventions nord-américaines, d'un montant de quatre milliards de dollars, correspondent à une perte pour l'Afrique de 250 à 500 millions de dollars par an», dénonce l'association.
Les produits à base de coton distribués sur le marché luxembourgeois (et commercialisés sous les marques Jardin Bio, Songes & Ponges, Papili, Hacot & Colombier et Hydra) composent une large gamme: produits cosmétiques, vêtements pour adultes et bébés, linge de maison, etc. Tous arborent le label Fairtrade, dont les standards sont établis par Fairtrade Labelling Organizations International, et sont régulièrement contrôlés par un organisme indépendant, FLO-Cert.
Outre les boutiques spécialisées (liste complète sur www.transfair.lu/produits/coton), ils sont en vente dans trois enseignes majeures de la grande distribution, les magasins Cactus, Cora Foetz et Auchan. Une liste qui devrait continuer de s'allonger, Transfair-Minka multipliant les contacts pour convaincre un maximum d'enseignes de se joindre à cette liste.

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