Par: Sébastien Lambotte | Publié le 25.01.2008 1:00
Pour un nouvel élan transfrontalier à Arlon
Dix ans d’existence, de travail et un premier constat plutôt réjouissant. C’est ce que fêtera, pendant l’année 2008, l’asbl «Arlon Centre-ville», une des premières structures de management urbain de la Grande Région. Créé en 1998 pour faire face à la nouvelle donne commerciale de la région frontalière au sud de la Belgique, elle a, aujourd’hui encore, pour objectif de renforcer l’attractivité commerciale du centre urbain arlonais.
A l’époque, tel des champignons sortaient de terre plusieurs centres commerciaux de périphérie. Le constat était alors sans équivoque : face à ces immenses machines commerciales, les commerçants désertaient le centre-ville où les vitrines vides devenaient monnaie courante, l’attractivité baissait en flèche et le chaland se faisait rare. «Les commerces urbains devaient réagir, se remettre en question et se repositionner, explique Christelle Adant, city manager arlonaise. La ville, avec l’association des commerçants, mettait alors sur pied une des premières structures de gestion de centre-ville. Il s’agissait à l’époque d’un projet pilote soutenu par la Région wallonne».
Cinq axes de développement prioritaires
Dix ans plus tard, l’asbl peut jeter un regard satisfait sur le travail de dix années d’existence. Le premier partenariat avec l’association des commerçants s’est considérablement élargi. La tendance s’est doucement inversée et l’on constate aujourd’hui un regain d’intérêt de la part des commerçants pour le centre-ville.
«Nous recevons régulièrement des personnes avec de nouveaux projets pour le centre-ville, explique Christelle Adant. C’est positif et significatif d’un commerce qui tourne bien».
Mais c’est aussi le résultat de dix ans de travail autour de cinq axes prioritaires et d’outils spécifiques performants. «Le premier axe de travail est celui du cadre de vie et d’achat, poursuit-elle. Une réflexion est menée et nous travaillons sur la propreté du centre-ville. Le deuxième axe est celui de l’accessibilité. Il s’agit ici de se pencher sur le déplacement du chaland, de lui faciliter l’accès au centre urbain». Le troisième concerne l’activité commerciale. En envisageant le centre-ville comme un centre commercial à proprement parler, «Arlon centre-ville» réfléchit en permanence au développement d’un mix commercial bien équilibré et idéal pour sa situation. «Nous menons plusieurs types d’enquêtes sur les flux de piétons, ce qu’ils attendent en centre-ville mais aussi des enquêtes auprès des commerçants ou sur la saturation des parkings. Dans une autre phase, nous faisons de la prospection auprès de différentes enseignes», explique-t-elle. Les deux derniers axes se penchent sur la communication et la promotion du centre-ville et la définition et l’analyse des grands enjeux commerciaux à l’échelle de la ville et de la commune.
L’absl se positionne comme facilitatrice d’échanges entre les différents partenaires. Elle travaille avec les différents acteurs pour construire pas à pas et pousser l’attractivité de la ville au cœur de la zone de chalandise. La difficulté est évidemment de composer avec des petites surfaces et donc sans grande enseigne attractive. «Il faut jouer avec, poursuit-elle. Cela nous permet de créer un climat éloigné de celui que l’on retrouve dans un centre commercial de périphérie. Nous devons faire preuve de plus de créativité et cela doit permettre de marquer la spécificité d’Arlon». Par rapport aux centres commerciaux avoisinants mais aussi à l’égard des villes voisines.
Ce développement des spécificités sera l’un des objectifs de la rencontre que désire organiser «Arlon Centre-ville» dans les mois qui viennent et qui rassemblera les membres du réseau LELA+. En dix ans, les structures prenant en charge la gestion commerciale des centres urbains se sont aussi multipliées. Le réseau LELA+ consiste en une coopération transfrontalière entre les villes de Luxembourg, Esch sur Alzette, Longwy, Metz et Thionville. Il a pour vocation de cumuler les compétences et les potentiels économiques, culturels et touristiques de ces villes au profit de leurs citoyens et de leurs entreprises, donc de leurs commerces. «D’ici le mois de mai, nous voulons rassembler les partenaires, explique Christelle Adant. Il s’agira de poser un regard transfrontalier sur le développement des centres urbains et le développement commercial dans notre région». Car les enjeux sont encore nombreux. Le développement toujours actuel de centres commerciaux de périphérie de part et d’autre des frontières fait couler autant d’encre qu’il ne suscite des inquiétudes.

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