ARTICLE | Par: Jean-Michel Gaudron | publié le 17.10.2008
Vous permettrez d’abord une lapalissade: l’heure est plus que jamais aux économies d’énergie. Dans le transport, bien sûr, mais aussi dans la construction et dans la rénovation. «D’autant que le bâtiment est en moyenne responsable de 30% à 40% des émissions de gaz à effet de serre», souligne Stefan Maas, directeur d’études à l’Université du Luxembourg. S’il fallait commencer par une lapalissade, c’est parce que celle-ci est lourde de sens pour l’université.
Laquelle ouvre en effet à la rentrée un nouveau master professionnel, filière énergie et environnement, dans le cadre de sa formation en ingénierie. Un master très attractif par les enjeux qu’il relève et parce qu’il offre d’excellents débouchés. Ce master est aussi original parce que proposé en partenariat complet avec l’Université de Liège (ULg). L’Université de Nancy y est aussi associée du fait de son partenariat avec l’ULg, tandis qu’une convention devrait être signée avec l’Université de Trêves.
« L’ULg propose, à Arlon, un master en Sciences et Gestion de l’environnement, option énergie - environnement », explique le Pr Maas. «Nous avons constaté les besoins dans ce secteur dans toute la Grande Région. D’où l’idée de cette coopération avec l’ULg. Les étudiants suivront les premier et troisième semestres à Arlon et les deuxième et quatrième à Luxembourg. A Arlon, ce sont des notions plus environnementales et plus spécifiques aux différentes énergies qui seront développées. Nous, nous nous concentrerons sur l’aspect énergétique des bâtiments. Cette coopération nous permettra de plus d’atteindre un nombre raisonnable d’étudiants, qui devraient être une vingtaine»
Les deux institutions ont en outre déjà déposé un projet Interreg en recherche, «puisque le master entre tout à fait dans la logique de recherche».
Le Pr. Maas prend les recherches déjà effectuées chez nous (il existe un bachelor professionnel avec filière énergie et environnement) et des projets en cours pour faire comprendre l’objectif de formation suivi. Ainsi, par exemple, de la recherche menée entre 2004 et 2007, pour caractériser l’énergétique des bâtiments (maisons et appartements) au Luxembourg. «L’énergie primaire – le pétrole, le gaz – est transformée en énergie finale. Mais avec des pertes. Il s’agissait de calculer ces pertes, y compris en électricité, selon un mode de calcul sûr. Car, en parlant de m2, de volume, etc., on ne parle pas toujours de la même chose. Certains englobent murs et escaliers, etc. dans la superficie, d’autres pas. Il faut bien définir normes et calculs, pour déboucher sur une moyenne de consommation qui puisse être comparée à celle des pays voisins, afin que des décisions puissent être prises pour réduire la consommation. Donc, il faut avant tout apprendre aux étudiants à comprendre toutes ces données, et ce n’est pas facile, pour établir un calcul qui reflète la réalité des choses.»
Un autre projet, mené avec le Fonds Belval, s’est attaché aux bâtiments administratifs et scolaires. Et a constaté des variations énormes de consommation. «D’où ce deuxième objectif: comprendre d’où proviennent ces variations et comment faire pour diminuer la consommation».
Enfin, un autre projet va porter sur l’efficience énergétique des bâtiments publics âgés. «Là, il permettra de donner aux étudiants les compétences requises pour dresser le certificat de performance énergétique, devenu obligatoire». Avec, ici, une autre originalité, via un autre projet: puisque normes et méthodes de calcul ne sont pas les mêmes dans la Grande Région, des mesures vont être effectuées partout et les résultats seront comparés pour étudier les différentes méthodes et problématiques. Cela permettra d’établir une base de données et toute la transparence. Mais c’est aussi très important pour nos entreprises, souvent transfrontalières et qui ont du personnel belge, français et allemand. Chacun a sa méthode, alors qu’il faut établir une méthode commune d’approche ou, au moins, que chacun connaisse et comprenne les différences.
Quant aux entreprises, elles recherchent un rien désespérément ce personnel qualifié. Et plusieurs sont d’ailleurs associées aux recherches de l’université.