Par: Jempi Klein (LSAP), Député-maire de Steinsel | Publié le 19.09.2008 0:00
L’unité seule ne fait pas la force
Les deniers publics doivent être gérés au mieux pour garantir des services performants aux citoyens sans grever outre mesure les contribuables. Deux acteurs sont appelés à faire des efforts en matière d’efficience: l’Etat et les communes. La bonne coopération entre ces deux niveaux de décision et entre les communes elles-mêmes est un élément-clé pour atteindre cet objectif. Après de longues années de discussions, la commission spéciale «Réorganisation territoriale du Luxembourg» constate que le grand nombre de communes de taille parfois très réduite et l’existence d’une multitude de syndicats intercommunaux qui regroupent les communes dans des constellations très diverses, entraînent une répartition des fonds à l’arrosoir et rendent difficile une réalisation des stratégies nationales cohérentes en matière d’aménagement du territoire, des transports etc.
Une première mesure consiste donc à encourager les petites communes à fusionner. En même temps, les grandes agglomérations, comprenant une ville d’importance régionale et les communes adjacentes, sont incitées à former des «communautés urbaines», ce qui correspond en fait à une fusion limitée à certains domaines définis.
Le LSAP soutient ces efforts à condition qu’une réelle plus-value de cette réorganisation territoriale soit clairement perçue aussi bien par les citoyens que par les responsables communaux. Une réforme imposée d’en haut pour des raisons idéologiques ne réussira pas et n’aura pas l’approbation de mon parti.
Le nombre des habitants d’une commune, sa «masse critique» ne détermine pas à elle seule la qualité des services offerts. Bon nombre de communes ont vu leur marge d’action réduite par le nombre croissant de missions obligatoires qui leur ont été imposées par l’Etat sans que la compensation financière offerte ait pu couvrir les dépenses supplémentaires. Si l’initiative communale s’affaiblit, ce n’est pas par manque de compétence!
C’est pourtant ce reproche sous-jacent qui explique le dirigisme croissant des instances étatiques qui ont tendance à réduire les communes au rôle de courroie de transmission. Un des objectifs de la réorganisation territoriale doit être le renforcement d’une autonomie communale digne de ce nom.
Le LSAP veut des communes unies, mais avant tout des communes fortes, véritables partenaires de l’Etat qui pourront s’imposer en médiateur entre les intérêts nationaux et les intérêts locaux. Le nombre élevé d’initiatives des citoyens ne reflète pas seulement la mentalité «nimby» si souvent critiquée. Il indique aussi que les citoyens font de moins en moins confiance aux élus communaux pour négocier un équilibre juste entre les différents intérêts. Des communes fortes qui savent défendre de manière crédible les intérêts de leurs citoyens, tout en acceptant des compromis au vu des intérêts nationaux, renforceront la confiance des citoyens dans la classe politique, élément indispensable de la démocratie.

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