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Par: paperJam.lu  |  Publié le 19.09.2008 0:00

Créer sa propre entreprise


Faire le grand pas et passer du statut de salarié à celui d’indépendant est une véritable aventure professionnelle qu’il faut bien préparer. Quelles sont les réflexions à mener en cas de création ou de reprise d’une entreprise ? Quelles sont les démarchés clés et quels sont les instruments de soutien à disposition du créateur d’entreprise? Un petit tour d’horizon sur les différentes étapes menant à l’indépendance permet d’y voir plus clair.

Les chiffres clés

La création d’entreprises se porte plutôt bien au Luxembourg. Sur la période 2000 à 2005, environ 3.000 entreprises ont été crées en moyenne. La part des activités financières est sans cesse croissante, leur part dans l’ensemble des créations est passé de 11% en 2000 à 20% en 2005. Le nombre de créations d’entreprises excède largement celui des cessions.

Toutefois, cette bonne nouvelle pour le développement économique du Luxembourg cache une autre réalité, moins positive celle-là: les résidents luxembourgeois sont relativement réticents à s’établir à leur propre compte. En effet, la propension à entreprendre ne se situe qu’à 35% au Grand-Duché, contre 44% pour l’UE-15 et 61% pour les Etats-Unis.

Les clés du succès

1. La création d’entreprise

Il n’est certainement pas donné à tout un chacun de se lancer dans l’aventure d’une création d’entreprise. La recette du succès n’existe pas. Toutefois certains traits de caractère et attitudes peuvent aider.

Une analyse critique de la personnalité de la personne tentée par l’indépendance est une première indication sur la faisabilité du projet d’entreprise.  Le dynamisme, l’ambition et l’audace, l’esprit créatif et une capacité de diriger sont pour ainsi dire indispensables. Le créateur doit être à la fois un bon technicien, un bon commercial et un bon gestionnaire. Savoir déléguer une partie des tâches et de s’entourer de personnes compétentes sont d’autres qualités requises.

A part ces critères de personnalités, la réussite d’un projet nécessite avant tout un business plan détaillé, complet et réaliste. La faisabilité du projet s’apprécie par le biais d’étude de marché portant à la fois sur l’existence d’un marché potentiel pour le service ou produit envisagé, que sur les différents concurrents potentiels dans le créneau envisagé. Une telle étude permettra au créateur à optimiser le choix de son équipement, et à déterminer la démarche commerciale appropriée pour pouvoir effectuer une entrée réussie sur le marché.

Tout ceci pourra se  répercuter sur le budget et le planning financier. Pour éviter de mauvaises surprises, il est important d’être aussi proche que possible de la réalité.

Une analyse minutieuse des frais généraux générés par l’activité envisagée permettra d’établir dès le début un plan d’entreprise aussi réaliste que possible, lequel, devrait idéalement couvrir une période de trois ans, ceci afin d’avoir une vue à moyen terme du cycle de vie de la nouvelle entreprise.

Un élément clé d’une création réussie est la tenue d’un tableau de bord financier régulier, permettent de suivre les résultats enregistrés par rapport au budget prévu, et de prendre le cas échéant les mesures correctives qui s’imposent. La conclusion du plan d’entreprise sera la détermination des besoins financiers à court et à moyen terme pour réaliser le projet d’entreprise.

2. Reprise/transmission d’entreprise

La reprise d’une entreprise existante est un autre moyen pour se lancer. Le choix de reprendre ou non une entreprise existante s’articule principalement autour de deux réflexions.

La première est celle à toute création : définir un business plan, avoir les qualifications nécessaires et  trouver les ressources financières. L’autre porte plus particulièrement sur l’analyse de l’entreprise  à reprendre et sur les opportunités et les risques inhérents à une telle opération. Normalement il est procédé à ce que l’on appelle une « due diligence », c’est-à-dire l’établissement d’un état des lieux détaillé de la société (aspects comptables, stratégiques, économiques, juridiques, commerciaux, fiscaux, etc ).

Vaut-il mieux créer ou reprendre une entreprise est une question pour laquelle la réponse n’est pas forcément aisée : la personne intéressée par une reprise doit être consciente d’un certain nombre de choses :
-reprendre n’est pas nécessairement plus simple que créer,
-entre la prise de décision et la reprise effective, les délais peuvent être longs, allant parfois jusqu’à 5 ans,
-transmettre une entreprise est souvent difficile pour le cédant car celui-ci a consacré tout son temps et son énergie, de sorte que s’en séparer peut être douloureux et difficile,

Dans le but de pérenniser les entreprises existantes, la Chambre des Métiers et la Chambre de Commerce ont mis en place des  bourses d’entreprises dans les leurs ressorts économiques respectifs (www.cdm.lu / www.cc.lu).

Une fois le business plan accompli, avec tous ses aspects commerciaux, techniques et financiers, il s’agit de mettre en œuvre les plans esquissés, ce qui se traduit par toute une série de démarches administratives, notamment l’autorisation d’établissement de base,et l’autorisation d’exploitation, et bien d’autres démarches administratives auprès des administrations fiscales, le registre de commerce et des société,… .

Les aides financières

Une fois l’autorisation à faire le commerce et l’autorisation d’exploitation obtenues, le créateur d’entreprise doit mettre en musique la partie financière du plan d’entreprise. Pour cela, plusieurs instruments existent, parmi lesquels :

1. La « loi cadre » classes moyennes

Il s’agit de la loi de base en matière d’aides étatiques pour les PME régulièrement établies au Luxembourg.

Parmi les régimes d’aides prévues figure le régime d’aide à l’investissement. L’intensité brute maximale de l’aide pour les investissements dans des immobilisations corporelles et incorporelles est de 7,5% pour les PME et de 15% pour les PE (petites entreprises).

Le régime d’aide spécifique aux créateurs et repreneurs d’entreprise tels que défini par la Loi prévoit une majoration de l’intensité brute maximale de l’aide accordée sous le régime des aides à l’investissement de 10 points de pourcentage (enveloppes d’aides : de 17,5 à 25%) (www.mcm.public.lu).

2. Les instruments de la SNCI

Le crédit d’équipement vise à soutenir les investissements en « équipements » d’une nouvelle entreprise ou d’une entreprise existante. Sont bénéficiaires les PME (chiffre d’affaire inférieur à 50 millions d’euros + bilan inférieur à 43 millions) à condition qu’elles soient sainement gérées. 

Les investissements éligibles sont notamment l’outillage professionnel, les immeubles, les  parties d’immeubles et les terrains pour autant qu’ils servent exclusivement à des fins professionnelles (à l’exclusion des camions, du stock,..). La dépense minimale éligible est de 12.500 euros (sauf pour les premiers établissements). La durée du crédit d’équipement est fixée selon la nature des investissements respectivement la durée de vie des investissements ou la capacité de remboursement des bénéficiaires dans le cadre d’une création ou reprise d’entreprise (de 10 à 14 ans maximum). Depuis 2003, le taux est de 2,50% pendant toute la durée du crédit.

Le prêt de démarrage est un instrument visant à renforcer les fonds propres de l’entreprise créée ou reprise. Sont éligibles toutes les immobilisations, mais aussi les stocks, les besoins de financement etc. Ce prêt, qui ne nécessite aucune sûreté réelle, est de minimum 5.000 euros et au maximum de 250.000 euros, sans pouvoir dépasser 40% de la base éligible. Le futur chef d’entreprise doit apporter une mise de fonds propres de 15% de la base éligible au minimum. (www.snci.lu).

3. Les instruments de CD-PME

Les PME industrielles et artisanales ou de prestations de services, organisées sous forme de sociétés de capitaux, peuvent s’adresser à la Société de capital-développement en vue d’un financement pour des projets novateurs et créateurs d’emplois nouveaux. L’instrument privilégié est le prêt participatif, subordonné aux autres fonds de tiers.

Soutien aux entreprises sur les marchés étrangers

Différents instruments peuvent s’avérer utile en cours de développement d’une entreprise. Le réseau « Enterprise Europe Network » (www.cdm.lu / www.cc.lu), qui est un point de contact riche en informations et contacts d’affaires ainsi qu’une source de synergies régionales et européennes, est en quelque sorte incontournable dans le cadre de l’agissement de l’entreprise sur le parquet du marché européen. L’exportation à l’étranger n’étant pas sans risques, l’Office du Ducroire (www.ducroire.lu) soutient les entreprises dans leurs exportations ou investissements dans le monde par l’octroi de garanties. Sans oublier les foires et salon organisés à l’étranger plus particulièrement par la Chambre de Commerce.

Qu’il s’agit de créer sa propre entreprise ou de reprendre une entreprise existante, une multitude d’acteurs sont là pour aider. Les renseignements et liens utiles peuvent être consultés sur www.entreprise.lu.


 
 
 
 
  



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