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François Bausch
(Photo: Andrés Lejona)

Par: Frédérique Moser  |  Publié le 19.09.2008 0:00

«Le parti le mieux adapté pour créer un pont entre économie et énergie»


Virage à 180° pour Déi Greng dans la course électorale. Le parti de François Bausch est résolu à sortir de l’opposition en 2009 et à prendre les commandes au niveau national.
Entré chez Les Verts à l’âge de 30 ans, en 1986, François Bausch, employé des CFL (aujourd’hui retraité), devient député trois ans plus tard. Régulièrement réélu au Krautmart depuis 1994, membre du conseil communal de Luxembourg depuis cette même année, il s’est imposé comme le chef de file du parti écologiste luxembourgeois.

Avec un score de 11,6% aux dernières élections législatives, Les Verts ont décroché 7 sièges à la Chambre des députés et sont devenus le quatrième parti du pays. Lors des élections communales de 2005, ils ont renforcé considérablement leur ancrage local en obtenant 41 mandats. Deux élus verts entrent alors au collège échevinal de la capitale, Viviane Loschetter et François Bausch, comme 1er échevin.

A 52 ans, le président du groupe parlementaire ne cache plus ses ambitions nationales. Il mènera la campagne législative des Verts avec un objectif clairement affiché: faire entrer son parti dans le prochain gouvernement et décrocher des ministères clés. Pour sa part, il semble tenté par le poste de Vice-Premier ministre. Entretien.

M. Bausch, imaginons que nous sommes à l’été 2009. Déi Greng ont fait un excellent score aux élections législatives et vous êtes appelé à négocier pour former le nouveau gouvernement. Quel ministère réclamez-vous?

«Cela dépend beaucoup du programme général que l’on a alors négocié. Certains ressorts nous intéressent évidemment, par nature politique, comme tout ce qui est en relation avec l’aménagement du territoire, la mobilité, l’environnement. Mais je ne veux pas fixer les Verts sur les dossiers clés, sur lesquels ils ont le plus de compétences. Je les verrais bien aussi prendre le ministère des Affaires étrangères ou de l’Education.

Quelle est l’impulsion que vous voulez donner à la politique extérieure du pays?

«Les Affaires étrangères est un ministère typiquement politique. Presque toutes les questions clés de la société y sont liées. C’est un domaine très intéressant pour agir au niveau national et international. Or, certains éléments sont aujourd’hui négligés dans notre politique extérieure, par exemple la problématique du changement climatique et de l’énergie. C’est un des enjeux les plus importants du 21e siècle, fortement lié aux Affaires étrangères, que l’on ne peut résoudre qu’au niveau international.

Aujourd’hui, notre politique étrangère reste focalisée sur des questions diplomatiques plus classiques, et on néglige le fait d’y aborder les grandes questions sociétales. De plus, il existe pour moi une étroite jonction entre le fait d’agir localement et régionalement, avec les politiques d’aménagement du territoire ou de transports, notamment, et l’action au niveau de la politique étrangère.

La question du développement durable est aujourd’hui sur toutes les lèvres, s’affiche dans tous les programmes politiques. Les partis verts ont-ils encore une raison d’être?

«Je crois que l’avenir du parti vert est justement au 21e siècle. Ceci pour plusieurs raisons. Il est vrai que la question sociale, qui a d’abord été mise à l’ordre du jour par les partis sociaux-démocrates à la fin du 19e siècle, a ensuite été reprise par tous les autres partis. Ce n’est pas pour cela que les partis sociaux-démocrates sont devenus superflus au début du 20e siècle! C’est justement l’inverse. Un parti comme celui des Verts a acquis un certain know-how dans les problématiques environnementales: le 21e siècle lui appartiendra.

Les technologies d’avenir seront les technologies de l’environnement et de l’éco-efficience. Toute la science économique, la création d’emplois y sont liées. Naturellement, je crois que le parti vert est celui qui a plus de compétences dans ces domaines et arrivera, avec sa sensibilité, à faire avancer les choses au plus vite. C’est le parti le mieux adapté pour créer le pont entre économie et énergie et pour assurer aussi l’avenir socio-économique de notre société.

Les préoccupations environnementales sont l’apanage des économies florissantes. Le marasme économique ne risque-t-il pas d’éloigner vos électeurs potentiels, plus préoccupés par leur pouvoir d’achat que par les enjeux du développement durable?

«Je n’ai pas cette inquiétude. Pour deux raisons: la première est que si vous regardez dans le passé, les partis verts ont eu leurs premiers succès électoraux en pleine crise économique, entre 1979 et 1984. La seconde est qu’il s’avère que toutes les questions du pouvoir d’achat et du développement économique sont étroitement liées à la question écologique, à cause de la crise énergétique dans laquelle on vit. Les Verts ont les clés de sortie de cette impasse.

On peut verser toutes les subventions que l’on veut, on sait que si l’on veut faire quelque chose d’efficace, il faut combattre l’inflation. Et comment la combattre? En sortant de la dépendance des énergies fossiles, car ce sont les flambées des prix du pétrole qui créent cette situation.

Tous les gouvernements s’y attèlent. Quelles sont vos propres «clés»?

«Il y a deux façons d’y parvenir, deux stades. Le premier, c’est stabiliser les prix, dès aujourd’hui, pour la période de transition vers d’autres énergies. Il faut donc économiser de l’énergie, faire baisser la demande, augmenter notre efficience énergétique.

Parallèlement, il faut profiter de cette transition pour développer davantage les technologies du futur, celles liées à l’efficience mais aussi aux autres sources d’énergie – le solaire, le vent, l’eau… – toute une panoplie d’alternatives pour prendre la relève dans 10, 15 ou 20 ans.

Il n’y a pas d’autre solution. Toutes les illusions, les discours qui nous promettent l’exploitation de nouvelles réserves d’énergie fossile nous mèneront droit dans le mur.

Aujourd’hui, qui entend votre message? Qui sont vos électeurs au Luxembourg? Des bobos rêveurs qui peuvent se permettre d’avoir un mode de vie «écologique», en adaptant leur logement et en consommant bio?

«L’électorat typique des Verts, ce sont, d’abord, des personnes à qualification élevée, BAC + 4/5, des cadres, des professions libérales. Qui sont en mesure de comprendre rapidement la problématique de l’écologie, qui est très complexe.

Et puis, de plus en plus, nous arrivons à élargir notre électorat, parce que la question écologique touche tout le monde, par-delà les conditions sociales. Même si vous êtes multimilliardaire, vous n’allez pas échapper aux problèmes des changements climatiques, si vous ne faites rien, politiquement. C’est pour cela que les Verts ont un potentiel très large, dans la société.

Le fait que votre électorat de base reste hautement qualifié n’est-il pas aussi le signe d’un échec de votre communication?

«C’est certainement une question de communication. Ce n’est pas pour rien que les Verts ont fait énormément d’efforts dans les quatre à cinq dernières années, à ce niveau. Mais c’est aussi et surtout une question liée aux changements de comportement. Bien que ces nouveaux modes de vie seront, à la fin, bénéfiques à tout le monde, il y a des gens qui peuvent se permettre plus vite que d’autres de changer leurs habitudes, sans que cela les gène dans leur situation quotidienne.

Il est toujours très difficile de faire passer ces messages, au début. Dans ce contexte, les gens qui ont une certaine éducation peuvent comprendre plus vite les enjeux. Je crois toutefois que nous sommes déjà arrivés à une certaine transition, de plus en plus de gens nous font confiance. Nous avons remarqué lors des élections municipales de 2005 – où nous avons obtenu des scores élevés dans certaines villes, 17,5% dans la capitale, 23% à Mersch… – que notre électorat s’élargit.

C’est aussi une question de génération. Les Verts sont très forts dans l’électorat jusqu’à 60 ans, surtout chez les plus jeunes, puis cela redescend très fort après. C’est une génération qui a été élevée dans l’après-guerre, les Golden Sixties, dans une ère où la question écologique ne se posait pas. Où la réussite sociale se mesurait à la cylindrée de la voiture.

Pour élargir votre base électorale, quels électeurs va-t-il falloir aller chercher et dans quel camp?

«Les Verts ont des potentialités dans tous les autres partis. Lors des dernières élections communales, nous avons obtenu d’excellents scores dans des communes plutôt rurales, comme avec mon collègue Henri Kox à Remich, un fief des chrétiens-sociaux. Nous avons aussi réussi des percées dans des villes de tradition socialiste comme à Belvaux, avec des scores entre 16 et 17%. La même chose dans des villes habituellement libérales, comme la capitale, où l’on remarque que si l’on fait un bon travail, on peut opérer des percées dans toutes les tranches politiques de la population.

C’est pour cela que je répète souvent que les Verts doivent rester un parti autonome. Ils ne doivent jamais se fixer sur un parti politique, comme partenaire de coalition. On a gagné en 2004 et 2005 parce qu’on a dit que les Verts ont un programme, un profil propre, indépendant de tous les autres partis, et pour nous, toutes les options sont ouvertes sous condition que nous arrivions à faire passer un programme de coalition dans lequel apparaissent nos priorités. C’est ainsi que nous sommes parvenus à créer des coalitions très différentes.

Votre parti célèbre ses 25 ans. Les Verts se sont démarqués du paysage politique traditionnel en menant des combats sur des questions sociales très progressistes. La perspective de devenir un partenaire de coalition semble avoir fait baisser la flamme, conduit vers la realpolitik, ce qui a créé des dissensions dans le parti et provoqué le retrait de figures historiques (Renée Wagener, Robert Garcia, Jupp Weber…). Est-ce, selon vous, l’évolution normale d’un parti devenu mature et prêt à gouverner?

«Les Verts sont issus d’une nouvelle problématique apparue à la fin des années 70. Les partis sociaux-démocrates, créés à la fin du 19e siècle, étaient aussi très radicaux au départ, très déchirés. Cela a pris 25/30 ans jusqu'à ce qu’ils aient réussi à trouver leur chemin, leur juste milieu et à accéder au pouvoir. Ils avaient alors compris que pour faire avancer la société dans le domaine qui leur était cher, il fallait devenir un parti crédible, axé sur la realpolitik, pour faire avancer ces dossiers.

C’est la même chose pour la question écologique. Nous aurions pu choisir de rester un parti d’opposition radicale, mais quel aurait été à long terme l’intérêt de voter pour les Verts? Nos actions ont permis de mettre à l’ordre du jour tous ces sujets, mais à la longue, un parti politique doit s’orienter vers l’objectif du pouvoir afin de faire changer plus vite les choses.

Honnêtement, je ne pense pas qu’être dans la majorité soit la seule position utile dans une démocratie. Je crois que l’opposition peut aussi faire bouger des choses, faire évoluer des dossiers. Mais on y parvient plus vite dans la majorité. Mais cela dépend naturellement du rapport de force dans lequel vous vous trouvez. Nous n’irons pas dans un gouvernement uniquement pour y aller. Il faut que deux conditions soient remplies: qu’on ait gagné les élections, qu’on soit renforcés, et que le programme nous convienne. Sinon, je préfère rester dans l’opposition.

Un programme gouvernemental qui devra être teinté de vert, c’est entendu. Mais serez-vous plus conciliant sur les questions sociétales, éthiques?

«Il a plusieurs dossiers très importants pour nous. D’abord, la question démocratique et la double nationalité. C’est un grand défi pour les prochaines années au Luxembourg: une majorité des gens qui travaillent dans le pays sont des non-Luxembourgeois. Il faut donner les moyens de participation à la population étrangère. Le seul moyen, c’est de leur donner le droit de vote, et la première étape est la double nationalité.

Ceci, vous l’exigeriez?

«Oui, sans problème. Avec un certain délai de résidence, je pourrais bien m’imaginer que des communautaires qui vivent et travaillent au Luxembourg puissent avoir le droit de vote au niveau national. Dans un second temps, il faudra réfléchir au droit de vote pour les non-communautaires.

Vous êtes aujourd’hui la personnalité la plus populaire d’un parti qui s’est toujours gardé d’avoir un chef de file. Pour 2009, allez-vous rompre avec la tradition et devenir le leader de la campagne électorale?

«Nous avons décidé que nous allons reproduire le même scénario qu’aux dernières élections. C’est-à-dire que nous aurons dans chaque circonscription un duo qui sera le leader de la campagne. Dans la circonscription Centre, c’est Viviane Loschetter et moi (les deux échevins de la capitale) qui allons être proposés pour être têtes de liste. Mais en tant que président du groupe parlementaire, il est évident que je joue un rôle non négligeable dans la campagne en général.

Vos objectifs pour 2009 sont désormais d’entrer au gouvernement. Votre discours a radicalement changé…

«Oui, en ce sens. Mais nous avons aussi d’autres objectifs, comme celui de gagner ce fameux 3e siège dans la circonscription Sud. La dernière fois, nous l’avons raté de justesse (il manquait à 0,3% des voix en 2004, NDLR).

Vous imaginez une coalition à deux, à trois?

«Je peux tout m’imaginer, avec tous les partis démocratiques.

Cette précision car vous pensez que  l’ADR n’est pas de ceux-là?

«Je ne dirais pas que c’est un parti non démocratique, mais c’est un parti qui dérive de plus en plus vers un populisme très dangereux et je ne vois pas de points de convergence avec eux.

Avec les trois autres partis, je vois des possibilités, mais tout dépend, encore une fois, des personnalités qui émergeront de ces élections.

Il faudra être en mesure de démontrer que nous avons un projet de société. Dans une atmosphère politique plus compliquée, où les gens exigent une vision claire. Les partis politiques qui vont gagner sont ceux qui ne changent pas de stratégie tous les deux mois.

Les gens savent à peu près dans quelle direction vous souhaitez aller au niveau environnemental, social également, mais on vous attend sur le volet économique. Quel est votre projet pour ce 3e pilier du développement durable?

«Nous avons la grande chance d’avoir un secteur financier qui fonctionne bien et qui produit les deux tiers de notre richesse. D’un autre côté, nous sommes le pays le plus vulnérable de l’Union européenne car nous sommes totalement tributaires de ce secteur. La première chose à faire est donc de prendre au sérieux la diversification économique.

Car cela n’a pas été le cas jusqu’à présent?

«Non. Certes, on a essayé, je ne veux pas dire que rien n’a été fait. Mais de mauvaises pistes ont été suivies. Un exemple: en 2004, le programme du parti socialiste prévoyait le recours à de nouvelles industries lourdes pour remplacer la sidérurgie. Les Verts avertissaient déjà que ce n’était pas la bonne voie. Les gros acteurs sont déjà installés ailleurs et nos salaires sont trop élevés pour ce type d’activités.

Il y a d’autres opportunités à saisir, surtout dans les secteurs à haute valeur ajoutée, les PME, où la recherche joue un rôle important. Ces entreprises ont de forts besoins en capitaux et nous pouvons nous appuyer sur notre place financière pour promouvoir de nouveaux domaines, ceux de l’efficience énergétique, des technologies de l’environnement et de la communication – où le Luxembourg a de forts atouts, avec des infrastructures en place (SES) – ainsi que ceux de la santé. Il faut axer la recherche sur ces quatre domaines et développer ce que le gouvernement a enfin décidé, une stratégie de promotion du Luxembourg. Nous devons devenir un modèle, créer des exemples concrets. Eviter de nous perdre en favorisant un peu tout.

Vous prônez la prudence budgétaire, soutenez les mécanismes mis en place lors de la Tripartite d’avril 2006 tout en appelant au retour à l’indexation automatique des salaires en 2010. Quels engagements prenez-vous à l’égard des entreprises afin de garantir leur compétitivité?

«Tout d’abord, la première chose à faire est d’abolir la bureaucratie. La société luxembourgeoise est en train de se bloquer elle-même. Ce ne sont pas les lois qui sont mauvaises, ce sont les procédures et l’exécution des lois qui le sont. Il faudrait prendre plus au sérieux la réforme administrative. Je le remarque au niveau communal. Il est incroyable de voir le nombre de procédures à appliquer au niveau d’une entité publique. Je me demande comment les entreprises s’en sortent!

Ensuite, je crois que les Verts ont les clés du rebondissement économique et ces clés se retrouvent dans le défi du développement durable. Résoudre ce défi demandera la mobilisation générale de toute l’économie, ce qui générera forcément de la croissance. Les technologies environnementales peuvent induire, sectoriellement, des taux de croissance de 4 voire 5%.

Qui sont les «penseurs» économiques de votre parti? Disposez-vous, en interne, des compétences requises? 

«Le parti vert a l’avantage d’être différent des grands partis, car nous ne voulons pas avoir des milliers d’adhérents. Nous en avons 500 actuellement, tous très actifs. Notre atout est d’avoir, dans notre entourage, un cercle de personnalités aux compétences pointues qui nous conseillent. Ils seront à nos côtés dès le jour où nous accéderons au gouvernement. Cela nous donne beaucoup plus de flexibilité que les autres partis, avec moins de lourdeurs internes. A l’avenir, ce sont les partis de ce type qui vont survivre. Une structure très professionnelle avec un think tank derrière elle. Les grands partis de masse, tels qu’on les a connus aux 19e et 20e siècles, ne seront plus à l’avant-garde du progrès. L’amateurisme dans la politique, ça ne peut plus fonctionner.»

 

 

COALITIONS -ATOMES CROCHUS

Sur l’échiquier politique, François Bausch place sans hésiter les Verts au «centre-gauche».

Mais, pour lui, la réussite d’une coalition n’est pas tant une affaire de clivages politiques qu’une histoire d’hommes et de femmes. «Un exemple très frappant: dans la capitale, j’ai une très bonne entente avec le parti libéral, parce qu’il y a des personnalités comme Paul Helminger ou Anne Brasseur, avec lesquelles je m’entends très, très bien. Le niveau humain, l’ouverture d’esprit jouent aussi. Les possibilités de coalition dépendent donc du résultat qu’on fait, d’un programme qu’on peut établir ensemble mais aussi, beaucoup, des personnalités», affirme-t-il.

Et le président des Verts de décliner: «Au niveau du LSAP, je dirais... ‘plus d’Asselborn, de Krecké, de Di Bartolomeo, et moins de Goebbels’. Dans ce dernier cas, il y a une incompatibilité totale, assène-t-il. Au niveau du DP, ‘plus de Helminger et moins de…’ (il réfléchit, ne trouve pas, NDLR). C’est vrai que des ultralibéraux, il n’y en a plus chez eux! Je ne trouve pas de ‘bête noire’, s’amuse-t-il. Au niveau du CSV, je dirais ‘plus de Wiseler, plus de Schiltz, plus de Juncker, et beaucoup moins de Mosar’.» Quant à Luc Frieden, s’il le trouve «trop technocrate», il est, à ses yeux, bien moins «dangereux» que certains de ses collègues du CSV «très à droite, tels Laurent Mosar ou Lucien Thiel».

F. M.

 

CAPITALE - UN TRAVAIL D’ÉQUIPE

Les élections communales de 2005 ont permis de renforcer considérablement l’ancrage local des Verts. François Bausch a fait son entrée au collège échevinal de Luxembourg-Ville, dans une coalition bleue/verte. A mi-parcours, le 1er échevin de la capitale en dresse un bilan très positif. «Nous sommes parvenus en 2005 à briser une majorité en place depuis 40 ans. C’était un très joli succès. Aujourd’hui, je retiens deux choses: nous avons une très bonne entente avec les libéraux, la forte solidarité au sein du collège échevinal permet de faire vraiment avancer les choses. Cela fait à peine trois ans que nous sommes en place et beaucoup de dossiers ont bougé: mobilité, logement, développement urbain… Nous avons beaucoup de projets.»

Une réussite qu’il place au-dessus des clivages politiques. «Le jour où j’ai été élu, j’ai mis ma carte du parti dans l’armoire et depuis j’agis avec mon équipe, pour la ville. C’est cela qu’il faut comprendre: si vous continuez de faire vos petits jeux politiques pendant la législature, dans la majorité, alors, vous allez échouer. Il faut batailler pendant la campagne électorale pour avoir un maximum de sièges, mais dès qu’un programme de coalition est négocié, il faut travailler avec son partenaire. Cela se passe ainsi des deux côtés en ce moment, et j’espère que nous sauvegarderons cette entente jusqu’en 2011».

F.M.

 

PROGRAMME - NON AU NUCLÉAIRE!

Un point rédhibitoire pour lequel les Verts seraient prêts à claquer la porte des négociations gouvernementales? «L’énergie nucléaire. Ce serait pour nous totalement inacceptable», répond instantanément François Bausch. Quitte à ressortir le cliché un peu caricatural des écolos brandissant leur pancarte? «Ce n’est pas une question idéologique. Je peux l’expliquer. Tous les gens qui remettent cette question à l’ordre du jour veulent avant tout faire des profits. C’est une technologie arriérée, du 20e siècle, très chère, qui représente un enjeu de sécurité au niveau mondial. Nous avons des arguments très forts contre cette technologie.

Nous ne sommes pas un parti idéologique. Nous avons revu, par exemple, notre position sur la question de l’incinération des déchets, parce qu’aujourd’hui la technique a beaucoup évolué, dans le bon sens. Cela prouve que nous ne sommes pas des ‘figés’.

Il faut expliquer ceci dans un contexte global. Pour nous, en 2009, et pour que nous rentrions dans un gouvernement, il faudra que les choses bougent sur toute la problématique de l’énergie. Nous pouvons faire des compromis, mais sur le nucléaire, c’est clairement impossible.»

F. M.

 


 
 
 
 
  



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