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Quelque 800 personnes ont assisté à la conférence
Alfi/Nicsa dans le nouveau Centre de Conférences du Kirchberg.
(Photo: Etienne Delorme)

Par: Marc Auxenfants  |  Publié le 26.09.2008 0:00

La crise, invitée surprise


Cette semaine se tenait le traditionnel forum sur les fonds d’investissement, conjointement organisé par l’Alfi et Nicsa. Comme on pouvait s’y attendre, la récente évolution de la tourmente financière a quelque peu occupé le devant de la scène.

Cette année, ce sera moins le nouveau Centre de conférences du Kirchberg qui hébergeait le 17ème forum annuel dédié aux fonds d’investissement, ou les thématiques d’actualité (opportunités asiatiques, fonds souverains, finance islamique, web 2.0) qui auront retenu l’attention des quelque 800 visiteurs et intervenants, mais bien les derniers développements de la crise du «subprime».

«Cette conférence annuelle s’ouvre dans un contexte de marché inusuellement difficile» a expliqué Claude Kremer le président de l’Alfi (Association de l’industrie des fonds luxembourgeois), qui a par ailleurs reconnu l’impact de la crise sur l’industrie des fonds au Grand-Duché. «Ce n’est plus une surprise que l’industrie des fonds luxembourgeois a été touchée par ces conditions du marché» a-t-il indiqué.

Cette situation marquera-t-elle la fin d’une croissance exceptionnelle pour le secteur? En 2007, l’industrie luxembourgeoise des fonds enregistrait un montant d’actifs sous gestion de 2.100 milliards d’euros. Mais fin juillet 2008, il plafonnait désormais à 1.900 milliards d’euros, soit le niveau atteint au début de l’année précédente.

Communiquer

Autre effet de la crise, la perte de confiance au sein des marchés financiers; cette dernière devant être restaurée au plus vite. «La communauté a besoin d’une communication transparente», a-t-il martelé. Aussi, selon lui, cette communication doit venir avant tout des décideurs politiques et des régulateurs, non seulement pour renforcer la prise de conscience des acteurs face à la crise, mais aussi pour rassurer ceux qui n’ont pas toutes les ressources ni les informations en main pour avoir un jugement serein de la situation.

Claude Kremer a par ailleurs rappelé les mesures prises dans ce sens au sein de l’Alfi, avec la mise en place d’un groupe de travail dédié à la crise des liquidités, ainsi qu’une «hotline» ouverte depuis décembre à tous les membres de l’association, en vue de recevoir une information et une communication actualisées sur le sujet.

En dépit de la crise, le président de l’Alfi a néanmoins évoqué les résultats d’une récente étude sur les tendances l’industrie des fonds européens au second trimestre 2008, publiée par l’Efama (European Funds and Asset Management Association), et qui fait apparaître des résultats encourageants pour le Luxembourg, contrairement aux autres places financières. Selon l’association, le Grand-Duché a enregistré une forte demande pour ces véhicules d’investissement, avec en 2007 la création de 700 nouveaux fonds et compartiments, et, au 31 juillet 2008, 350 fonds nouvellement créés.

Agir sereinement

Teresa Hamacher, la nouvelle présidente de l’association américaine NICSA (National Investment Company Service Association), co-organisatrice avec l’Alfi de cette 17ème conférence biannuelle, est elle aussi revenue sur les récents événements. Pour elle, cette nouvelle donne nécessite des adaptations et des changements en profondeur, que ce soit en termes de régulation, de création de nouveaux fonds, de développement des meilleures pratiques au service aux investisseurs. «La mission de Nicsa est de faciliter les conversations et les échanges entre les acteurs de l’industrie, pour accompagner notamment la naissance et la mise en place de ces meilleures pratiques du marché. Malgré la crise, nous allons continuer et redoubler d’efforts dans cette voie», précise-t-elle.

Concernant et la crise et ses récents développements, les leçons à tirer sont simples: «Ni personne, ni aucun pays ne connaît vraiment les meilleures actions à engager face à cette crise. On doit vraiment se concerter globalement et réfléchir ensemble, quant à la situation actuelle de l’industrie des fonds et aux meilleures pratiques à mettre en œuvre», propose-t-elle.

De son point de vue, les solutions de sortie de crise et les actions les plus importantes à prendre dans ce domaine sont triples: «communiquer; agir sereinement et pas trop vite; rester conscient qu’un certain nombre d’acteurs restent confiants dans l’avenir et tentent de la restaurer sur les marchés».

Pour Camille Thommes, le directeur général de l’Alfi, il est évident que les événements de ces deux dernières semaines marquent les discussions et les discours des 800 participants de la conférence. «Pour nous organisateurs, il est important d’entendre les avis des experts et acteurs des marchés local et international, sur les récentes turbulences, confie-t-il. Pour ce qui est de notre industrie, nous suivons évidemment de près ces événements. Au sein de notre association, nous avons mis un groupe de travail dédié qui est à l’écoute de nos membres. Dans l’ensemble, à l’heure actuelle, notre activité est impactée de façon limitée par tous ces événements. Mais notre association reste en relation étroite avec les autorités de surveillance».

Voir aussi l'interview vidéo de Teresa Hamacher ICI.


 
 
 
 
  



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