| L'Etat va détenir 49% du capital de Fortis Banque Luxembourg. (Photo: www.batiment.lu) |
Par: Jean-Michel Gaudron | Publié le 29.09.2008 0:00
Fortis sauvée des eaux
«Il s'agit d'améliorer l'accès des banques à des liquidités sur le marché monétaire, en voie d'assèchement», précise la Banque centrale, devant le constat que, depuis l'effondrement du système bancaire américain, les banques ne se prêtent quasiment plus d'argent sur le marché, ce qui provoque une menace de pénurie du crédit.
Du côté de Fortis, les trois gouvernements belge, luxembourgeois et néerlandais vont, chacun, soutenir l’entité locale du groupe : 4,7 milliards pour Fortis Banque NV/SA (Belgique), 4 milliards dans Fortis Bank Nederland (Holding) et 2,5 milliards pour Fortis Banque Luxembourg, sous la forme d'un emprunt obligatoirement convertible. Outre d'autres droits, l’Etat luxembourgeois détiendra, après conversion, 49% de Fortis Banque Luxembourg.. Ce sauvetage financier s’accompagne, pour le bancassureur, de la cession des activités d’ABN Amro à peine rachetées, à l’exclusion des activités de gestion d’actifs, qui ont déjà été intégrées au sein de Fortis au 2e trimestre 2008.
«Cette cession, à un prix inférieur au prix d’acquisition de 24 milliards d’euros, se traduira par une dépréciation qui n’aura cependant pas d’impact sur le capital réglementaire, précise le communiqué publié dimanche soir par le groupe. Toutefois, un prix de vente inférieur à 12 milliards d’euros aura un impact négatif sur les capitaux propres au sens strict, correspondant à la différence par rapport à ce montant».
Négociations en haut lieu
Lors du dépeçage d’ABN Amro par le consortium Banco Santander-Royal Bank of Scotland-Fortis, ce dernier a hérité, au Luxembourg, des activités d’asset management et des activités bancaires. Depuis le 1er avril dernier, l’asset management était en cours d’intégration à Luxembourg. Les activités bancaires, elles, devaient suivre en cette fin d’année, pour un total de près de 180 employés d’ABN Amro devant passer sous le giron Fortis Banque Luxembourg. «Pour l’heure, tout est mis entre parenthèses», a expliqué, ce lundi, Jean-Louis Margue, le secrétaire général de Fortis Banque Luxembourg, interrogé par paperJam.
Jusqu’au bout, le groupe Fortis, le «Petit Poucet » du consortium, aura bataillé pour justifier pleinement la pertinence de l’opération dans son chef. «Nous sommes tous convaincus que dans des circonstances de marché normales, cela aurait été une belle réussite, note M. Margue. Mais les marchés se sont développés de façon non prévue et ont entraîné encore davantage de suspicion par rapport aux capacités financières du groupe de maîtriser les opérations».
A l’heure actuelle, les négociations ont lieu «en haut lieu» (c’est-à-dire pas à Luxembourg…) quant à la cession de ce portefeuille d’activités venu d’ABN Amro, tout en sachant que c’est essentiellement la partie «banque retail» (aux Pays-Bas) qui suscite le plus de convoitises.
En attendant, la journée de ce lundi a été assez particulière, le «frontline» commercial ayant évidemment dû faire face aux interrogations des clients, mais sans mouvement de panique aucun. «La décision prise ce week-end avait aussi pour but de rassurer la clientèle précise M. Margue, qui attend désormais l’étape suivante avec impatience: la «sortie» de Fortis de la Une des médias, pour reprendre sereinement la bonne marche des affaires courantes.
Notation revue à la baisse
A noter que ce lundi, l'agence de notation Standard & Poor's a abaissé de "A+" à "A" la note à long terme des principales entités opérationnelles et de certaines filiales du groupe Fortis. Les notes des Holdings Fortis SA/NV et Fortis NV sont abaissées de "A/A-1" à "A-/A-2". La perspective associée aux notes à long terme a été portée à «indéterminée».

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