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Le ministre du Trésor et du Budget, Luc Frieden,
se réjouit que des milliers d’emplois ont pu être sauvés
(Photo: Luc Deflorenne/archives paperJam)

Par: Jean-Michel Gaudron  |  Publié le 30.09.2008 0:00

Au tour de Dexia…


Le week-end avait été pour le moins animé, avec un plan de sauvetage transnational qui a permis de sauver le groupe Fortis. Rebelote en ce début de semaine, au chevet, cette fois, d’un autre géant à forte présence au Luxembourg: Dexia. Les gouvernements belges et luxembourgeois ont remis la main au portefeuille, avec l’Etat français, pour un montant global de 6,4 milliards d’euros, après une nouvelle dégringolade de son cours boursier (-30%) lundi.

L’annonce a été faite ce mardi matin, par le Premier ministre belge Yves Leterme. Ce nouveau plan de sauvetage s’établit sur la base d’un apport de quelque 3 milliards d’euros venant des autorités fédérales belges (1 milliard chacune) et régionales (500 millions pour la région flamande, 350 millions pour la région wallonne et 150 millions pour Bruxelles-Capitale), ainsi que des trois actionnaires institutionnels de Dexia (500 millions pour le Holding Communal, 350 millions pour Arcofin et 150 millions pour Ethias); d’un montant équivalent apporté par le gouvernement français (1 milliard) et la Caisse des dépôts et consignations (2 milliards), le solde revenant à l’Etat luxembourgeois (376 millions d’euros).

Les gouvernements belges et français souscriront à une augmentation de capital de Dexia, à un prix par action égal à la moyenne des cours de clôture de l’action Dexia durant les 30 derniers jours calendaires, soit 9,90 euros. Pour le gouvernement luxembourgeois, l’opération passera par une émission d'obligations convertibles en actions, comme cela a été le cas pour Fortis.

«L’ensemble du système financier est consolidé»

«Nous avons sauvé Fortis et Dexia, mais au-delà, c'est l'ensemble du système financier qui est consolidé par cette action concertée des trois gouvernements, a expliqué, à l’Agence France Presse, le ministre luxembourgeois du Trésor et du Budget, Luc Frieden. Notre objectif, comme pour l'opération avec Fortis, était de protéger l'épargne et les milliers d'emplois. Nous pensons que cet accord, ensemble avec l'accord sur Fortis, va permettre aux épargnants de regarder avec confiance vers le système bancaire». Un «bref point de presse» a d’ailleurs été donné, ce mardi, par M. Frieden.

«L’injection de 6,4 milliards d'euros de capital garantira une forte solvabilité au groupe», annonce, ce mardi, le groupe Dexia, dont la cotation de l’action a été reprise en Bourse en fin de matinée, ce mardi. «Cette injection de capital (…) permettra à Dexia de rester parmi les banques les mieux capitalisées d’Europe, même en tenant compte des possibles impacts négatifs résultant d’une volatilité sans précédent du marché, pouvant avoir un impact sur les titres valorisés à valeur de marché et sur les actifs pondérés; d’une détérioration générale de la solvabilité de certaines contreparties bancaires; de nouvelles réductions de valeur sur les portefeuilles d’actions et d’une nouvelle détérioration du portefeuille d’Assurance et du portefeuille Financial Products de FSA».

Ménage en haut lieu

Autre information clé de la matinée: Pierre Richard, président du conseil d’administration de Dexia, et Axel Miller, administrateur délégué et président du comité de direction de Dexia, ont remis ce matin leur démission au conseil d’administration, «tirant les conclusions de la crise financière actuelle et de son impact sur le groupe Dexia».

Le conseil d'administration a accepté ces démissions et a demandé à MM. Richard et Miller d’assurer la gestion des affaires courantes dans l’attente de la désignation de leurs successeurs.


 
 
 
 
  



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