| Le solde de l’administration publique affiche un excédent de 429 millions d’euros, soit 1,1% du PIB. |
Par: Frédérique Moser | Publié le 03.10.2008 0:00
Un budget qui ignore la crise
«Si tout va bien, l’intervention du gouvernement luxembourgeois dans le secteur financier (à hauteur de 3 milliards d’euros, ndlr.) ne coûtera rien au contribuable. Elle générera des recettes au profit de l’Etat, dans quelques années. Si tout va bien», a indiqué le Premier ministre Jean-Claude devant le Parlement, ce mercredi, lors du dépôt du projet de loi sur le budget de l’Etat 2009. Le ministre du Budget, lui aussi, s’est voulu rassurant, Luc Frieden appelant à considérer cette intervention comme «un investissement public» qui devrait faire passer la dette de 7,3% à 10% du PIB. Une bagatelle au regard des 60% (maximum) fixés par le Pacte européen de stabilité.
Pour établir un budget 2009 «responsable», le gouvernement s’est appuyé sur des hypothèses de croissance prudentes, soit 3% en 2008 (contre 6,1% en 2006 et 4,5% en 2007) et une inflation toujours très forte. Les chiffres sont désormais à l’équilibre, avec un solde positif (+1,1%) pour l’Administration publique (administration centrale: -1,8%, administrations locales +0,2% et Sécurité sociale +2,7%).
Favoriser l’emploi des chômeursLe projet de loi de finances table sur des recettes en hausse de 7,3%, à 9,057 milliards d’euros, et des dépenses également en hausse, de 6, 9%, à 9,044 milliards euros. Présenté comme un budget qui «prépare l’avenir, soutient le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises», il contient deux mesures phares: l’allègement de la pression fiscale pour les particuliers et les entreprises ainsi qu’un très haut niveau d’investissement public.
Après une première adaptation de 6% cette année, le barème de l’imposition sur le revenu des personnes physiques sera ainsi adapté de 9% l’an prochain (coût de la mesure: 342 millions d’euros). Ce qui conduira à une hausse sensible du revenu net des contribuables; un mécanisme de crédit d’impôts venant par ailleurs remplacer les abattements compensatoires des salariés, retraités et familles monoparentales.
Du côté des entreprises, toute une panoplie de mesures fiscales (présentées dans un projet de loi séparé) vise à renforcer la compétitivité de l’économie nationale et à renforcer l’attrait du pays. A commencer par l’impôt sur les collectivités, qui sera réduit de 22% à 21%. Quant au droit d’apport, après avoir été réduit de moitié cette année, il devrait totalement supprimé au 1er janvier prochain. Une aide fiscale de 15% accordée aux employeurs permettra également de favoriser l’embauche de personnes inscrites au chômage, tandis que diverses mesures seront destinées à renforcer la philanthropie et le mécénat.
1,7 milliard d’investissementsSoucieux de soutenir le développement social et économique du pays, tout en envoyant un signal fort à l’opinion publique en cette année électorale, le gouvernement prévoit également des investissements à hauteur de 1.775 millions d’euros, soit 4,5% du PIB (contre 4,3% en 2008 et 3,7% en 2006). Principaux bénéficiaires de cette manne: les politiques de mobilité (transports, fonds du rail et des routes), la recherche et l’Université du Luxembourg (qui bénéficiera d’une dotation de 72 millions d’euros), les infrastructures sociales (crèches, maisons relais, maisons de retraite), ainsi que les instruments de financements du protocole de Kyoto.
Le projet de budget désormais déposé, s’ouvre une période de deux mois de discussions intenses au Parlement, mais également dans les différentes chambres professionnelles et institutions nationales, avant que le rapporteur, Norbert Haupert (CSV), ne soumette le texte au vote des députés. Des discussions qui s’annoncent forcément intéressantes et politiquement très colorées – comme pour tout budget de fin de législature -, mais qui ne devraient pas voir les parlementaires s’entredéchirer.
Dans les couloirs de la Chambres de députés, ce mercredi, c’est avant tout un sentiment de satisfaction et de soulagement qui s’est ressenti, les élus soulignant dans leur grande majorité leur contentement devant un projet de budget prudent en termes de recettes, mais qui prévoit cependant des investissements jugés nécessaires. Même les syndicats s’estiment plutôt satisfaits, notamment par la décision d’adapter partiellement le barème de l’impôt à l’inflation. A six semaines des élections sociales, c’est tout dire.

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