| Karin Riehl, la nouvelle managing partner de KPMG Luxembourg (Photo: Luc Deflorenne) |
Par: Marc Auxenfants | Publié le 03.10.2008 0:00
Nouveaux caps
2007-2008 aura été pour KPMG Luxembourg une année particulière, et ce à plus d’un titre. Du point de vue de ses résultats, tout d’abord, avec un montant des ventes pour l’année écoulée qui passe pour la première fois le cap des 100 millions d’euros (à 116,5 millions). Ce chiffre reflète une croissance générale, enregistrée par la branche luxembourgeoise, dans ses trois métiers d’audit (25,3%), de fiscalité (5,9%) et de conseil (33,9%). L’ensemble de ses activités aura ainsi cru de 20% cette année, et de 103% depuis 2006.
Pour 2009, la société prévoit une hausse totale de 11% de son chiffre d’affaires, avec une croissance attendue de 15% dans son activité de conseil.
Au cours de cette période, KPMG Luxembourg aura en outre recruté 138 employés, portant ainsi son effectif à 883 personnes, d’une moyenne d’âge de 30,5 ans, comprenant 57 nationalités. 166 nouvelles recrues rejoindront la compagnie courant octobre.
Continuité
A cette occasion, KPMG Luxembourg a également présenté son nouveau comité exécutif, élu pour quatre ans, composé de six partners et dirigé par Karin Riehl. La nouvelle «managing partner» succède ainsi à John Li, qui, après 8 ans passés à la tête de la filiale luxembourgeoise est promu au conseil de surveillance. Née en 1961, cette Allemande originaire de Trèves entreprend des études d’économie à Giessen et à Cologne, avant de rejoindre KPMG en 1989. Elle devient partner de KPMG Luxembourg en 1993, avant de prendre en 2005 la direction opérationnelle de KPMG Audit, qu’elle assumera jusqu’en septembre dernier.
Retour sur les «sauvetages»
Invité d’honneur à l’intronisation de Karin Riehl, Luc Frieden est revenu sur les récentes interventions de l’Etat luxembourgeois dans le «sauvetage» des deux filiales locales de Fortis et de Dexia. «La réaction du gouvernement était nécessaire, a rappelé le Ministre des Finances. Cette intervention devait être en outre rapide et appropriée, pour soutenir les deux groupes bancaires». Cette action conjointe des gouvernements du Benelux et français, aura-t-il le triple effet escompté: prévenir tout risque systémique, restaurer la confiance, ainsi que protéger l’épargne de milliers de clients individuels et de municipalités?
Pour Luc Frieden, le dilemme semble en tout cas clair, et nécessitait une réaction rapide: intervenir pour sauver des sociétés à capitaux privés; ou bien ne pas intervenir, et risquer des faillites et la ruine de centaine de milliers de clients. Aussi, pour le ministre, l’intervention de l’Etat est nécessaire quand les marchés font défaut. «C’est la décision la plus unique et exceptionnelle que nous ayons eu à prendre depuis la seconde guerre mondiale», a-t-il par ailleurs avoué.
Néanmoins, Luc Frieden affiche sa confiance dans le dénouement de la crise et dans les effets bénéfiques des deux emprunts convertibles en action, contractés par l’Etat. Ces deux opérations d’investissement étant supposées à terme être remboursés et générer une plus value. «Ce n’est pas notre intention de rester pour toujours actionnaires de ces deux banques. Le gouvernement sortira de leur capital, mais cela prendra certainement du temps», a-t-il conclu.

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