| François Biltgen (ministre du Travail). «Le Luxembourg n’échappera pas à la crise démographique, comme il n’a pas échappé à la crise financière». (Photo: Luc Deflorenne) |
Par: Nicolas Raulot | Publié le 09.10.2008 0:00
Du pain sur la planche
Pendant que les ministres des Finances des 27 cherchaient des solutions à la crise financière mardi au Luxembourg, le réseau HRone organisait son gala annuel à quelques centaines de mètres de là. Et si les turbulences bancaires et économiques sont dans toutes les têtes, les professionnels des ressources humaines n'en oublient pas une de leurs contraintes favorites: surmonter la pénurie de talents et retenir leurs collaborateurs de valeur.
La thématique sera d’ailleurs le sujet de la table ronde organisée le mardi 11 novembre prochain dans le cadre du paperJam Business Club. Y participeront Thierry Ernst, directeur d’Ernst Recruiting, Gilbert Renel, partner, human capital advisory services chez Deloitte, et Christian Scharff, membre du comité de direction en charge de la gestion des RH chez Dexia BIL.
Cette préoccupation est également partagée par François Biltgen, le ministre du Travail et de l’Emploi, qui figurait sur la liste des intervenants et a déclaré que les DRH avaient à cet égard du «pain sur la planche». «Il faut retenir les salariés au Luxembourg et dans les entreprises. Le Luxembourg n’échappera pas à la crise démographique, comme il n’a pas échappé à la crise financière», a-t-il insisté.
Rester un pays à haut salaire
Le ministre a rappelé que le projet de budget 2009, qualifié de contra cyclique s’inscrivait justement dans cette démarche d’attractivité, «en allégeant les impôts tant pour les personnes physiques que morales». «Il nous faut rester un pays à haut salaire, si nous voulons continuer à attirer et à retenir les cerveaux», a-t-il indiqué avant d’ajouter que cela ne suffisait pas et qu’il fallait également investir dans la recherche, l’innovation, la sécurité, la santé.
Le ministre a achevé son discours par un plaidoyer anti-plans sociaux. «Il faut mettre en œuvre des restructurations, mais éviter les plans sociaux qui sont un facteur d’angoisse et d’insécurité pour ceux qui restent dans l’entreprise». Il a ajouté que l’assurance du maintien de l’emploi était un élément clé du plan de sauvetage de Fortis et de la cession des activités à BNP Paribas.
Toujours au sujet de la «guerre des talents», Peter Felix, le président de l’AESC (Association of Executive Search Consultants), une association internationale de chasseur de têtes, a estimé que c’était également aux pays, et pas seulement aux entreprises, de prendre cette problématique à bras le corps. Il a indiqué que seule la Chine mettait en œuvre une politique digne de ce nom en la matière pour rapatrier ses talents.

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