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Lucien Thiel (député): «A nous de prouver à nos voisins
que notre expertise financière peut leur servir
au lieu de leur nuire». (Photo: Luc Deflorenne)

Par: Nicolas Raulot  |  Publié le 19.11.2008 0:00

Sur la grille de départ


Lors d’un dîner-débat organisé ce mardi soir par l’Executive Club Luxembourg, le député Lucien Thiel a affirmé la volonté de la place de se situer dans l’après-crise et de faire table rase d’un «capitalisme-casino» ravageur.

«Notre position sur la grille de départ de l’après-crise est beaucoup plus favorable que beaucoup ne pensent. Il convient d’engager cette course et de la gagner». C’est déjà dans l’après-tempête des subprimes que se projettent les responsables du centre financier, comme l’a montré mardi soir le discours prononcé par Lucien Thiel, député chrétien social et ancien directeur de l’ABBL (Association des Banques et Banquiers, Luxembourg), lors d’un dîner-débat organisé par l’Executive Club Luxembourg (E.C.L.).

En conclusion d’un texte intitulé «les sept péchés capitaux du capitalisme- casino», celui qui fut également journaliste a estimé que la place financière avait les moyens de repartir de l’avant, alors que Fortis et Dexia, deux des principaux employeurs du pays, ont été sauvés il y a seulement quelques semaines par l’intervention des Etats. «Le savoir-faire professionnel, combiné aux efforts d’innovation, de formation et de recherche sont les meilleurs garants du succès de la place, a-t-il déclaré à l’Hôtel Le Royal. Une des tâches consiste à transmettre une image qui nous corresponde. A nous de prouver à nos voisins que notre expertise financière peut leur servir au lieu de leur nuire». Une allusion directe aux attaques répétées dont le Grand Duché fait l’objet en Allemagne et surtout en France, sur les thèmes du secret bancaire et des paradis fiscaux.

«Laisser la place à un capitalisme à visage humain»

Lucien Thiel a estimé que les excès du «capitalisme-casino » ou du «turbo-capitalisme», devaient désormais laisser la place à un capitalisme à visage humain, à une économie sociale de marché, au développement durable, à l’autodiscipline et à l’autocritique. Il a toutefois mis en garde contre l’excès inverse qui consisterait à jeter le bébé avec l’eau du bain:« Il nous faut agir avec beaucoup de doigté et de circonspection. Il serait exagéré et même stupide de revenir sur tous les produits financiers récents pour ne garder que les carnets d’épargne». L’euphorie financière de ces dernières années a aussi permis à l’Etat luxembourgeois d’engranger d’importantes recettes fiscales.

Prenant ses distances avec l’optimisme affiché par le gouvernement, Lucien Thiel s’est gardé de prédire la fin d’une crise «dont nous ne connaissons encore pas l’envergure totale», alors que le Grand-Duché reste très dépendant de sa place financière, malgré des efforts de diversification. Pour illustrer la gravité et la rapidité de transmission de la crise, il a rappelé que son intervention prévue il y a seulement quelques mois devant l’Executive Club devait initialement porter sur le thème de la gouvernance d’entreprise.

Au chapitre des causes de la crise, Lucien Thiel s’est attardé sur les fameux «sept pêchés capitaux du capitalisme-casino». Il a donc pointé les produits dérivés, les rapports trimestriels, l’alchimie financière et les produits sophistiqués, le pouvoir des agences de notation, les errements boursiers, la cupidité et les normes comptables internationales IFRS, que la Chambre des députés a récemment assouplies dans leur application au Luxembourg.


 
 
 
 
  



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