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Daniel Truchi (Société générale) et Laurent Joly (SGBT), (Photo: Etienne Delorme)

Par: Nicolas Raulot  |  Publié le 11.12.2009 0:00

Ambitieuse Société générale


Trois semaines après la mise en vente de KBL, la banque française se dit prête à des acquisitions au Grand-Duché. Daniel Truchi et Laurent Joly, les responsables de la division, sont peu préoccupés par les débats sur le secret bancaire.
Si certaines banques doivent maigrir et céder des activités pour rembourser les aides publiques dont elles ont bénéficié, d’autres ont bien l’intention de tirer les marrons du feu. C’est le cas de la Société Générale qui ne fait pas mystère de ses ambitions dans le private banking en général et au Luxembourg en particulier. «Un mouvement très profond de restructuration est à l’œuvre. Ce boule­versement va continuer. Nous regardons beaucoup de ‘choses’ dans la gestion privée et souhaitons être un acteur majeur de cette consolidation», indique Daniel Truchi, directeur de la gestion privée du groupe Société Générale. «Si nous avons la possibilité de consolider notre plate-forme au Luxembourg, bien entendu, nous le ferons», poursuit-il.Ces mots prennent un relief particulier, trois semaines seulement après la mise en vente de KBL European Private Bankers (lire page 44) par le bancassureur belge KBC. Même si le respon­sable reste évasif sur ce dossier: «Il nous est dif­ficile de commenter cette opération, si tant est qu’il y ait des discussions en cours.» L’augmen­tation de capital que la banque vient de réaliser pour 4,8 mil­liards d’euros lui procure une marge de manœuvre pour des acquisitions, même si une bonne partie des fonds a été utilisée pour rembourser les aides d’Etat (3,4 milliards d’eu­ros) et pour financer l’achat des 20% du Crédit du Nord que détenait encore Dexia.

Centres d’expertise très coûteux

Mais, avertit Daniel Truchi, il faut identifier des synergies et des complémentarités pour que les acquisitions présentent un intérêt. «Ce qui est sûr, c’est que nous souhaitons croître dans ce métier», ajoute-t-il. Outre l’impératif de gain de parts de mar­ché, «le métier de banque privée impose d’avoir une taille critique suffisante pour développer des centres d’expertise très coûteux», explique Laurent Joly, directeur de l’activité banque privée chez SGBT (Société Générale Bank & Trust). C’est en effet sur cette logique de centres d’expertise que repose la stratégie private banking de l’établissement. Des centres d’expertise établis localement, mis au service du réseau mondial et d’une clientèle inter­nationale, en majeure partie composée de riches entrepreneurs. Au Luxembourg, la Société Générale a notamment constitué une solide équipe d’ingénierie patrimoniale, composée d’une cinquantaine de col­la­borateurs.   C’est également à partir du Grand-Duché que la banque propose à ses clients un accès direct à une salle des marchés et à une cinquan­taine d’opé­rateurs spécialisés (options, dérivés, actions...). «Nous disposons d’une des plus grandes, sinon de la plus grande salle des marchés du Luxembourg. Nos clients situés en Amérique latine, au Moyen-Orient ou dans toute l’Europe, appellent ici au Luxembourg pour traiter leurs opérations. La moitié des équipes de cette salle des marchés est dédiée aux produits structurés qui permettent d’adapter notre offre à l’objectif fiscal et patrimonial de chacun de nos clients», souligne Laurent Joly. Toujours dans cette logique du sur-mesure, «nous avons créé il y a moins d’un an une société de gestion dont l’objectif est de lancer des fonds coordonnés et dédiés pour chaque client». Le centre d’expertise des fonds d’investissement est, quant à lui, situé à Guernesey.

Daniel Truchi et Laurent Joly se sentent peu concernés par les débats sur le secret bancaire: «Le contexte évolue un peu, mais n’affecte pas notre business model. Le souci majeur de nos clients, c’est plutôt de démêler la jungle extrêmement complexe des conventions fiscales interna­tionales, et d’éviter de se retrouver pris au piège de situations de double imposition.»

En revanche, les modalités de la directive épar­gne, adoptée en 2003, constituent un motif d’in­quiétude. A partir de 2011, elle prévoit un prélèvement à la source de 35% sur les intérêts des non-résidents, soit un taux plus élevé que celui en vigueur dans la plupart des pays. «Cette situation ne nous satisfait pas. En tant que banquier luxembourgeois, mon sentiment est que la Place ne doit pas être plus pénalisée que les banquiers domestiques dans leur pays», déplore Laurent Joly.

Si la renégociation du texte ne permet pas de rectifier le tir, M. Joly note toutefois que la clientèle gardera, en temps utile, la possibilité d’opter pour l’échange automatique d’informations, en contrepartie de l’application d’un taux de fisca­lité domestique.


 
 
 
 
  



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