| Daniel Truchi (Société générale) et Laurent Joly (SGBT), (Photo: Etienne Delorme) |
Par: Nicolas Raulot | Publié le 11.12.2009 0:00
Ambitieuse Société générale
Centres d’expertise très coûteux
Mais, avertit Daniel Truchi, il faut identifier des synergies et des complémentarités pour que les acquisitions présentent un intérêt. «Ce qui est sûr, c’est que nous souhaitons croître dans ce métier», ajoute-t-il. Outre l’impératif de gain de parts de marché, «le métier de banque privée impose d’avoir une taille critique suffisante pour développer des centres d’expertise très coûteux», explique Laurent Joly, directeur de l’activité banque privée chez SGBT (Société Générale Bank & Trust). C’est en effet sur cette logique de centres d’expertise que repose la stratégie private banking de l’établissement. Des centres d’expertise établis localement, mis au service du réseau mondial et d’une clientèle internationale, en majeure partie composée de riches entrepreneurs. Au Luxembourg, la Société Générale a notamment constitué une solide équipe d’ingénierie patrimoniale, composée d’une cinquantaine de collaborateurs. C’est également à partir du Grand-Duché que la banque propose à ses clients un accès direct à une salle des marchés et à une cinquantaine d’opérateurs spécialisés (options, dérivés, actions...). «Nous disposons d’une des plus grandes, sinon de la plus grande salle des marchés du Luxembourg. Nos clients situés en Amérique latine, au Moyen-Orient ou dans toute l’Europe, appellent ici au Luxembourg pour traiter leurs opérations. La moitié des équipes de cette salle des marchés est dédiée aux produits structurés qui permettent d’adapter notre offre à l’objectif fiscal et patrimonial de chacun de nos clients», souligne Laurent Joly. Toujours dans cette logique du sur-mesure, «nous avons créé il y a moins d’un an une société de gestion dont l’objectif est de lancer des fonds coordonnés et dédiés pour chaque client». Le centre d’expertise des fonds d’investissement est, quant à lui, situé à Guernesey.
Daniel Truchi et Laurent Joly se sentent peu concernés par les débats sur le secret bancaire: «Le contexte évolue un peu, mais n’affecte pas notre business model. Le souci majeur de nos clients, c’est plutôt de démêler la jungle extrêmement complexe des conventions fiscales internationales, et d’éviter de se retrouver pris au piège de situations de double imposition.»
En revanche, les modalités de la directive épargne, adoptée en 2003, constituent un motif d’inquiétude. A partir de 2011, elle prévoit un prélèvement à la source de 35% sur les intérêts des non-résidents, soit un taux plus élevé que celui en vigueur dans la plupart des pays. «Cette situation ne nous satisfait pas. En tant que banquier luxembourgeois, mon sentiment est que la Place ne doit pas être plus pénalisée que les banquiers domestiques dans leur pays», déplore Laurent Joly.
Si la renégociation du texte ne permet pas de rectifier le tir, M. Joly note toutefois que la clientèle gardera, en temps utile, la possibilité d’opter pour l’échange automatique d’informations, en contrepartie de l’application d’un taux de fiscalité domestique.

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