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Paul Huberlant (Coface)«Notre métier d’assureur crédit
nous engage davantage que les autres agences de notation»
Photo: Luc Deflorenne

Par: Nicolas Raulot  |  Publié le 10.12.2008 0:00

Un AAA pour 4000 euros


P, Moody’s ou Fitch.
Si le trio Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch se partage depuis longtemps le gâteau de la notation financière, sa suprématie est aujourd’hui remise en cause. Motif: des soupçons de complaisance envers les produits financiers à risque à l’origine de la crise actuelle. L’assureur crédit Coface entend bien s’engouffrer dans la brèche pour se faire une place sur ce marché oligopolistique. Une campagne de promotion vient d’être lancée en Europe, et au Luxembourg, avec son important tissu de PME en point de mire.

La filiale de Natixis axe d’abord sa communication sur sa légitimité dans ce nouveau relai de croissance. «Spécialistes de l’information financière, nous suivons la situation de 65 millions d’entreprises, sur lesquelles nous disposons de données mises à jour. Notre métier d’assureur crédit nous procure également une expérience unique au monde en matière de risque de crédit et de défaut des entreprises. Nous avons d’ailleurs conçu un algorithme grâce auquel nous produisons déjà 17.500 notes internes par an. Ces scores mesurent la probabilité de défaut des entreprises», explique Olivier Nifle, administrateur délégué de Coface en Belgique et au Luxembourg. «Notre métier d’assureur crédit nous engage davantage que les autres agences de notation. Nous avons une obligation de résultat, pas seulement de moyen, quant à la qualité de nos évaluations», ajoute Paul Huberlant, directeur marketing et chargé du développement au Luxembourg.

Les entreprises payent la note

Si comme pour S&P, Moody’s et Fitch, ce sont les entreprises qui payent la note et la sollicitent, la Coface se défend de tout risque de conflit d’intérêt. «Notre expertise et notre organisation nous permettent de produire des notations financières pour un prix d’entrée dix à quinze fois inférieur à celui des agences traditionnelles, soit 4.000 euros», indique Olivier Nifle. La grille de notation, qui s’échelonne entre AAA pour une qualité de crédit irréprochable et D pour une société en défaut de paiement, est analogue à celle des agences historiques. «BBB veut dire 4 chances sur 1.000 de faire défaut dans l’année, A signifie 2 chances sur 1.000 et AAA 1 chance sur 3.000», évalue la Coface.

Si les trois américaines font leurs choux gras des grands groupes et des instruments complexes, l’européenne Coface vise plutôt les grandes PME et les sociétés issues de l’économie réelle. «Les petites et moyennes  entreprises doivent aussi justifier de leur solvabilité auprès de leurs banques et de leurs fournisseurs. Ce label peut faciliter leur communication», estime Paul Huberlant. Alors que la Commission de Bruxelles planche sur un projet de réglementation des agences de notation financière, la Coface milite pour que les méthodologies soient transparentes et qu’elles fassent l’objet d’une validation des banques centrales nationales. «La nôtre a déjà été validée par la Banque de France, les banques centrales du Portugal et de Grèce. C’est en cours en Belgique et nous voulons également le faire au Luxembourg», promet Olivier Nifle.

 

 

 

 

 

 


 
 
 
 
  



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