Article Voir tout
 
Jürgen Kockelmann (European Data Hub): «Nous avons été audités
cinq fois comme faisant parmi les tout meilleurs data centers en Europe»
(Photo: Olivier Minaire/Wide)

Par: Jean-Michel Gaudron  |  Publié le 11.02.2009 0:00

European Data Hub veut faire son trou


L’ouverture d’un nouveau data center ultramoderne au cœur du complexe immobilier Drosbach se fait dans un contexte de concurrence sévère.

Le groupe Paul Wagner & Fils n’en est pas à son coup d’essai en matière de centres de données, puisqu’on lui doit déjà le Goldbell Center et le Hitec Center, actuellement gérés par eBRC. Pourtant, l’ouverture imminente d’un nouveau data center au cœur du complexe de bureaux Drosbach, à la Cloche d’Or, marque un tournant dans cette branche d’activités du groupe Wagner, car pour la première fois, il en assurera lui-même la commercialisation et l’exploitation.

Plus précisément, c’est la société European Data Hub, filiale à 100%, qui a en charge ce centre ultramoderne pouvant offrir 5.500 m2 de zones de récupération et de sauvegarde informatique, répartis sur trois étages. L’ouvrage est, en grande majorité, enterré, entre deux des «doigts» du site.

Tout, sur place, a été conçu «en double» pour assurer la continuité de fonctionnement. L’alimentation électrique se fait sur la base de systèmes statiques et rotatifs et l’équipement auxiliaire a été prévu pour une autonomie totale pouvant durer jusqu’à cinq jours. Le tout sous une surveillance très soutenue au travers de près de 30.000 points de contrôles techniques et 2.000 points de contrôle sécurité. «Nous avons été audités cinq fois par des grands groupes internationaux qui ont placé notre centre dans les tout meilleurs data centers vus en Europe, se réjouit Jürgen Kockelmann, le CEO de la société. Nous sommes dans les classifications les plus élevées en matière de technologie, de redondance, de structure organisationnelle et opérationnelle, de présence 24/24h sur le site, en pourcentage d’utilisation des machines, ainsi qu’en contrats de maintenance et en facility management».

Cerise sur le gâteau, le Centre sera en mesure de pouvoir réutiliser l'énorme puissance calorifique dégagée par les milliers de racks qui seront installés par ses clients pour chauffer directement les 65.000 m2 du Drosbach voisin. «Pour la très grande majorité des data centers dans le monde, cette chaleur est tout simplement évacuée dans l'atmosphère. Nous allons pouvoir nous positionner comme l'un des très rares centres dans le monde faisant, à grande échelle, bon usage de l'énorme énergie calorifique récupérée et ainsi contribuant fortement aux efforts de réduction des phénomènes d’effet de serre», explique Patrice Roy, associé de la société.

Des besoins permanents

Les premiers clients doivent commencer l’installation de leurs équipements dans le courant du mois de mars, pour une entrée en fonctionnement prévue à l’horizon avril-mai. L’objectif est d’arriver à un taux de remplissage de 90-95% des surfaces proposées d’ici à deux ans. Si le site, confiné géographiquement, n’offre pas d’extension en surfaces, il n’en est pas de même pour ce qui est de la puissance disponible. «Nous avons actuellement une puissance disponible de 1.000 Watts par m2, mais nous étudions déjà la possibilité de doubler cette puissance si la demande est là», indique M. Roy.

Crise ou pas crise, en tous les cas, les besoins en matière de tels centres de données semblent permanents, en particulier pour les sociétés qui, jusqu’alors, n’ont pas pris la peine de rationaliser leurs infrastructures existantes. «Les décisions sont, aujourd’hui, plus longues à être prises, mais à terme, la demande ne va certainement pas baisser, estime M. Roy. Les systèmes informatiques sont là et sont de plus en plus gourmands. Et l’on se dirige vers une automatisation accrue des process qui vont demander de plus en plus d’équipements techniques de ce type».

Reste qu’au Luxembourg, la concurrence fait rage et qu’en la matière, Patrice Roy regrette que chacun ne joue pas avec les mêmes armes, compte tenu de la concurrence faite par l’Etat, directement (avec le centre Luxconnect à Bettembourg) ou indirectement (via les trois centres – et bientôt quatre – d’eBRC, filiale à 93,4% de l’Entreprise des P&T). «Luxconnect a été construit initialement pour attirer du business à Luxembourg, mais n’a finalement attiré que des clients locaux avec des prix extrêmement agressifs, pour ne pas dire autre chose. Sans compter qu’un client qui souhaite évoluer ensuite, en surface ou en puissance, ne pourra pas forcément le faire. Il serait peut-être bon que l’Etat revienne à sa mission d’origine, qui est de proposer de l’espace à des sociétés qui viendraient s’établir à Luxembourg», commente M. Roy.


 
 
 
 
  



Publier un nouveau commentaire

Compte classique
Créer un compte utilisateur classiqueSe logguer via un compte classique existant:
Image CAPTCHA