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Jeannot Krecké (ministre de l’Economie) avait exprimé le souhait que
les acteurs locaux de la logistique coordonnent leurs actions.
(Photo: Luc Deflorenne /Archives paperJam)

Par: Nicolas Raulot  |  Publié le 19.02.2009 0:00

Un cluster pour la logistique


La naissance du Cluster For Logistics a été annoncée mercredi lors du deuxième forum logistique. Si les sept membres institutionnels y travaillent déjà, les entreprises se font encore prier.
Après le cluster maritime, le cluster ecotechnologies, les efforts de diversification de l’économie luxembourgeoise se poursuivent en direction des industries à valeur ajoutée. Ce mercredi, c’est la naissance du «Cluster For Logistics, Luxembourg» (l’anglais est la langue véhiculaire de ce secteur) qui a été annoncée à l’occasion du deuxième Logistics Management Forum.

Lors de la première édition de cet évènement organisé l’an dernier à Luxexpo, le ministre de l’Economie Jeannot Krecké avait exprimé le souhait que les acteurs locaux de cette discipline coordonnent leurs actions. C’est maintenant chose faite. «Le cluster est une plateforme d’échange d’informations avec la volonté de créer un réseau d’excellence», a résumé Pierre Gramegna, directeur de la Chambre de Commerce et président du cluster qui prend la forme d’une asbl. Les sept membres fondateurs (Chambre de Commerce, Confédération luxembourgeoise du commerce, Fedil, cluster maritime, Luxinnovation, Centre de recherche public Henri Tudor et l’Université du Luxembourg) apportent leur contribution financière, mettent en commun leur savoir-faire et leurs ressources humaines.

Amélioration du cadre législatif

Parmi les objectifs fixés figurent le renforcement des collaborations et des synergies entre les différents acteurs, le développement de nouveaux produits et services, l’enrichissement de l’offre de formation, l’amélioration du cadre législatif et réglementaire. Le cluster a déjà commencé ses travaux il y a six mois avec la création de trois groupes de travail, portant sur la formation, l’innovation et les aspects législatifs. «En matière de formation, il s’agissait notamment de faire un état des lieux de ce qui existe déjà au Luxembourg et dans la Grande Région», a indiqué Pierre Gramegna. Des dizaines de masters, MBA et autres formations techniques en logistique ont été dénombrées. Le groupe de travail innovation s’inscrit également dans une logique d’état des lieux. «Nous avons commencé par identifier les technologies clés au niveau mondial dans le domaine de la logistique et des transports. Nous avons repris les études prospectives faites dans différents pays», indique Lionel Cammarata de Luxinnovation. «Parallèlement, nous avons rendu visite à une douzaine d’entreprises locales pour analyser leurs besoins, leurs compétences, les enjeux».

Pour atteindre l’objectif de devenir un hub international de logistique, le Grand-Duché veut profiter de sa position centrale en Europe et de son avantage compétitif en termes de TVA avec un taux à 15%, soit le plus faible de toute l’Union Européenne. Des arguments qui ont déjà convaincu plusieurs grands noms de la logistique de s’implanter au Luxembourg. «79% du PIB de l’Union Européenne se situe à 500 miles du Luxembourg. Outre le taux de TVA le plus faible de l’Union Européenne, le Luxembourg offre de nombreux autres allègements fiscaux, qui ont des effets positifs sur le cash-flow des entreprises. Notre potentiel est donc énorme. Le Luxembourg a la possibilité d’acquérir de nouveaux clients au niveau international, pas seulement au niveau européen», se réjouit Clemens Abt, directeur général de Kuehne+Nagel. Fondé en 1890, ce groupe germano-suisse emploie 54.000 personnes dans le monde dont environ 500 au Grand-Duché. Il a  annoncé en octobre dernier une extension de son centre logistique dans la zone d’activité Eurohub centre à Contern.

Il reste qu’en ces temps de crise, la contribution et l’accueil des entreprises ne semblent pas aussi enthousiastes qu’espéré. Compte tenu du net ralentissement du commerce mondial, les acteurs privés sont pour l’instant davantage préoccupés par leur trésorerie et leurs perspectives de court terme que par des considérations stratégiques. Pierre Gramegna a d’ailleurs lancé un appel aux entreprises concernées et précisé que les ambitions du cluster dépassaient le seul secteur du transport. Il a invité les exploitants d’infrastructures, les prestataires de services et au-delà, «toutes les entreprises d’une certaine taille qui doivent gérer des problématiques de logistique» à mettre la main à la pâte.


 
 
 
 
  



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