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David Din et Achim Kopmeier, Epuramat (Photo: Julien Becker)

Par: Nicolas Raulot  |  Publié le 23.01.2009 0:00

Donner de l’eau propre au monde


Déjà à l’étroit dans ses locaux de Chaux de Contern, la société d’épuration d’eau se voit deux ou trois fois plus grande dans un an.

«Nous voulons donner de l’eau propre au monde, à tous les pays du monde». David Din sait faire rêver quand il parle d’Epuramat qu’il a fondée il y a trois ans avec Achim Kopmeier. Difficile pourtant de faire plus concret que cette entreprise industrielle, à l’étroit dans des bureaux sous loués sur le site de Chaux de Contern. C’est même pour sa proximité avec le «réel» que la start-up avait intégré le Technoport en 2005, avant de le quitter un peu plus d’un an plus tard. «Claude Wehenkel (administrateur délégué du CRP Henri Tudor) avait été séduit par le côté tangible de nos produits que tout le monde peut toucher, que tout le monde peut comprendre», se rappelle l’ancien banquier suisse et co-CEO David Din.

Epuramat est une société d’épuration d’eau, dont la technique se veut moins coûteuse et plus rapide que celle de ses principaux concurrents. En attente de brevet, son système de décantation ExSep (Extreme Separator) a été mis au point par l’Allemand Achim Kopmeier, ingénieur, responsable technique et co-CEO de l’entreprise. «Grâce au prétraitement de l’eau usée dans ExSep qui sépare presque toutes les matières solides du liquide, les étapes ultérieures de traitement par bioréacteur ou par filtration membranaise demandent peu d’énergie. Les coûts d’exploitation pour clarifier un mètre cube d’eau usée prête à être réutilisée en circuit fermé ou rejetée dans un cours d’eau sont très faibles et varient selon la nature des eaux usées de 5 à 20 cents», détaille l’ingénieur. «Très compactes, nos stations sont plus écologiques et prennent seulement 10% de la place des installations conventionnelles, qui nécessitent un grand bassin en béton», complète David Din.

Si ambitieuse soit-elle, la jeune société ne fait pas mystère de ses difficultés commerciales. «Nous sommes encore dans une phase start-up. Nous avons signé avec un premier client, Eurec, une entreprise de recyclage de plastique établie à Trêves et disposons de trois prospects sérieux», dénombre David Din. Epuramat est exclue de fait de la plupart des appels d’offres, alors que les cahiers des charges sont rédigés en fonction des technologies existantes.

Système installé dans un conteneur

La petite équipe de 16 personnes compte sur le début de l’année pour franchir un palier dans son développement. «Jusqu’à présent, nous cherchions nos clients dans un rayon de 500 kilomètres autour de Luxembourg. Nous avons décidé de nous attaquer au sud de l’Europe, avec les marchés espagnol et portugais», indique David Din. A partir de fin janvier, début février, Epuramat proposera aussi un système complet de traitement des eaux, installé dans un conteneur, c’est-à-dire dans un volume réduit et mobile: «la station d’épuration la plus compacte et la plus performante du monde», vanteront le nouveau site internet et les brochures en préparation. «Avant, nous proposions des stations compact, mais en hangars», précise Achim Kopmeier. Pour un peu plus de 200.000 euros, communes et entreprises pourront s’équiper avec une station d’épuration complète et meilleure marché que les systèmes traditionnels.

La clientèle des communes est visée en priorité: «Beaucoup de petites villes n’ont pas encore de système d’épuration. Elles sont intéressées par nos containers. Nous avons été très bien accueillis au salon des maires et des collectivités locales, qui s’est déroulé fin novembre à Paris. Alors que Suez et Veolia Environnement se concentrent plutôt sur les grandes stations d’épuration, nous visons en priorité les communes de 200 à 2000 personnes», indique Martin Ras, ingénieur commercial chez Epuramat 

La success story doit aussi continuer de trouver les capitaux nécessaires à ses investissements. «Le cleantech coûte plus cher que le software», résume David Din. «Notre premier prototype nous a couté plusieurs centaines de milliers d’euros». Deux investisseurs ont toutefois mis la société à l’abri des besoins pour l’instant. Ce fut d’abord Chaux de Contern qui a pris une participation minoritaire avant que la société de capital risque I2BF n’injecte à son tour 3 millions d’euros. Encore propriétaires de plus de la moitié des actions, David Din et Achim Kopmeier n’hésitent malgré tout pas à prévoir que dans un an la société comptera deux à trois plus de collaborateurs qu’aujourd’hui.


 
 
 
 
  



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