| Gerard Lopez, SecureWave (Photo: Julien Becker) |
Par: Jean-Michel Gaudron | Publié le 23.01.2009 0:00
Un modèle quasi parfait
De toutes les success stories du Technoport, SecureWave (aujourd’hui Lumension Security) est certainement une de celles qui ont fait le plus remarquable parcours. Et sans un contexte économique pour le moins défavorable, sans doute serait-elle déjà cotée en Bourse sur le Nasdaq. Une réussite due tout autant au concept de base qu’à la façon dont il a ensuite été développé grâce à l’intervention de Mangrove Capital Partners.
Lancé au printemps 2000, le venture capitalist avait tout de suite attiré l’attention d’un jeune entrepreneur informaticien, Marco Peretti, qui sollicita un rendez-vous pour parler de son projet. «Je suis allé le rencontrer à Esch, se souvient Gerard Lopez, un des associés fondateurs de Mangrove. Il venait juste d’emménager au Technoport (depuis décembre 1999, ndlr.) et il m’a présenté une première solution de contrôle des ports USB d’un ordinateur. Intéressant, mais sans plus, car Microsoft développait une solution similaire. Mais au moment où j’étais en train de m’en aller, il m’a évoqué un autre projet et là je dois dire que je me suis trouvé devant un concept assez hallucinant de produit de sécurité du futur».
Il s’agissait, concrètement, de créer un anti-virus haut de gamme et sûr à 100%… Impossible? Pas lorsque le principe de fonctionnement est basé non pas sur l’interdiction d’utilisation de logiciels ou d’applications inconnus, mais sur la seule autorisation d’utilisation de logiciels ou d’applications connus… «Nous avons fait un test, avec une récompense de 10.000 euros pour celui qui parviendrait à hacker un serveur équipé de ce système. Personne n’y est jamais parvenu».
Séduit par l’idée, Mangrove s’engage financièrement dans la société. Quelques développeurs sont engagés et SecureWave commence à vendre des licences, essentiellement au Luxembourg, hormis un client décroché à Londres.
Compétent hors pair pour le volet technique, Marco Peretti n’a cependant pas le même talent sur le plan managérial, de sorte que s’est rapidement posée la question de la pérennité de la société et d’un développement commercial à grande échelle. «Nous devions lui faire comprendre qu’il n’était plus capable d’être le CEO de la société. Il ne l’a pas forcément très bien pris, mais a accepté de céder sa place à la seule condition que ce soit moi qui lui succède, se rappelle Gerard Lopez. Il y avait à la fois risque et opportunité. J’ai accepté».
«De la fierté»
Le flambeau fut donc passé et Marco Peretti prit les fonctions de CTO. La société réalisait alors 350.000 euros de chiffres d’affaires, mais ne disposait plus de cash et Mangrove n’avait pas l’intention d’en réinjecter. «J’ai alors passé quatre jours par semaine là-bas, à relancer la boîte, en me concentrant sur la vente, jusqu’à participer à de nombreux salons professionnels avec un t-shirt SecureWave sur le dos».
La société prit alors vraiment son envol, au point de devoir quitter le Technoport. En deux ans, le chiffre d’affaires passa à 4 millions d’euros, sans avoir eu besoin de réinvestir le moindre euro… SecureWave se retrouva même, fin 2004, nommée dans le Red Herring’s Top 100 Innovators, la référence mondiale en matière de sociétés innovantes bénéficiant de financement de type capital-risque. C’est à ce moment-là que Gerard Lopez, bardé de la satisfaction du devoir accompli, céda le relais à Bob Johnson au poste de CEO. Marco Peretti, lui, quitta la société pour aller développer un nouveau produit ailleurs.
En juin 2007, ce fut la consécration ultime, avec le rachat de la société par l’Américain PatchLink, un des acteurs majeurs dans le domaine de la sécurité informatique. Mission accomplie, donc, pour Mangrove… «Nous ressentons de la fierté, car l’histoire de SecureWave est un modèle quasi parfait de réussite de start-up. Avec un fondateur intelligent qui a besoin d’argent et d’aide pour avancer, l’aide du Technoport puis, une fois la taille critique atteinte, une gestion plus professionnelle, puis un rachat par un grand nom du secteur».
Mangrove est encore un des actionnaires principaux d’une société qui génère 80 millions de chiffre d’affaires par an et emploie 80 personnes au Luxembourg (où se situe son centre de développement) et aux Etats-Unis. Le venture capitalist prévoit de se retirer après l’entrée en Bourse, prête sur le papier (la banque d’investissement est déjà choisie). La dernière étape pour rendre «parfait» le modèle de réussite de cette start-up…

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