Par: Sébastien Lambotte | Publié le 23.01.2009 0:00
Vers des entreprises socialement responsables
Il est de bon ton de se sentir concerné par le développement durable. Les enjeux écologiques et sociaux, à l’heure actuelle, sont aussi du ressort du management des entreprises. Dans ce cadre, le concept de «responsabilité sociale des entreprises» (RSE) est progressivement entré dans le vocable des chefs d’entreprises. «La RSE est l’adaptation de la définition du développement durable à l’entreprise», expliquait Bruno Renders, directeur de l’Institut de Formation Sectoriel du Bâtiment lors d’une conférence sur la thématique qui se donnait vendredi dernier. L’occasion pour l’IFSB de présenter à ses partenaires le nouveau guide pratique émanant du projet REDDEC, pour Responsabilité Développement Durable des Entreprises de Construction.
«Sur le territoire de l’Union européenne, les bâtiments absorbent 40% de la consommation énergétique. De même, ils sont responsables de 25% des émissions de gaz à effet de serre», poursuit Bruno Renders. Que les entreprises de la construction entrent dans une démarche de RSE apparaît donc capital. Mais que l’on se garde bien de la limiter aux seuls enjeux environnementaux et d’économie d’énergie. Le concept de développement durable, auquel une démarche de RSE correspond, est beaucoup plus large. «On parle d’un développement qui répond aux besoins présents sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins, exposait Gary Kneip de l’Institut National pour le développement durable et pour la RSE. Cela comporte donc des dimensions sociale, sociétale et environnementale». Sans négliger non plus la dimension économique nécessaire à la vie de l’entreprise.
Une démarche et des opportunités
Aujourd’hui, dans le secteur de la construction, auprès des chefs d’entreprise, il est essentiel de faire passer la RSE du statut de concept à celui d’outil managérial. «D’un point de vue européen, le secteur de la construction représentait, en 2007, 1.304 milliards d’euros, soit 10,7% du PIB des 27 pays. C’est aussi 16,4 millions de salariés, soit 7,2% de l’emploi total, explique Domenico Campogrande, directeur des Affaires sociales de la Fédération de l’Industrie Européenne de la Construction (FIEC). Il est donc important de faire passer certains messages clefs aux entreprises afin qu’elles soient partie prenante d’une démarche de RSE. Et qu’elles décèlent les opportunités dans ce type de démarche».
Selon le directeur de la FIEC, la RSE consiste en un investissement à long terme qui ne doit pas être considéré comme un raccourci vers une quelconque réussite commerciale. La démarche doit rester pratique et orientée vers des résultats tangibles pour l’entreprise, en rapport avec son activité. Celle-ci consiste en la mise en place d’une nouvelle approche du management sur base d’un dialogue social sain. «Il faut aussi intégrer la RSE dans la formation des futurs entrepreneurs, précise-t-il. Les inviter à considérer la démarche comme une source d’innovation et de compétitivité». Pour le secteur de la construction, Domenico Campogrande y va de quelques recommandations: la mise en place d’un haut niveau de gestion de la qualité afin d’améliorer le cycle de vie des constructions et des matériaux, des investissements dans la recherche et développement, l’amélioration permanente des procédures en matière de santé et de sécurité, la mise en place de stratégies de gestion environnementale, une promotion de la formation et du développement professionnel continu. «Dans ce dernier cas, c’est une question d’image pour ce secteur qui a du mal à attirer les jeunes. Leur dire qu’il est possible de s’épanouir au sein du secteur de la construction ne peut le rendre que plus attractif», explique-t-il.

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