| Le plan vise à réduire les coûts de 15% en trois ans. (Archives paperJam) |
Par: Nicolas Raulot | Publié le 30.01.2009 0:00
Régime sec
Premières victimes de la déconfiture du groupe franco-belge dont le titre a perdu plus de 85% de sa valeur en un an, les actionnaires continuent à mettre la main à la poche. Ils ne bénéficieront d’aucun dividende au titre de l’année 2008. «Avec une perte nette estimée à 3 milliards d’euros en 2008, nous ne pouvons distribuer des résultats qui n’existent pas», a commenté Pierre Mariani, administrateur délégué du groupe lors de la conférence de presse. Les résultats détaillés du quatrième trimestre et de l’ensemble de l’exercice seront publiés le 26 février à 7 heures.
Les mesures les plus spectaculaires concernent toutefois les salariés. Evaluées à 200 millions d’euros en 2009, les réductions de coûts passent d’abord par un «plan d’adaptation de l’emploi» qui prévoit environ 900 réductions de postes cette année seulement. Elles devraient concerner une centaine de personnes au Luxembourg, 350 en Belgique, un peu moins de 250 en France et environ 250 également dans le reste du monde. Le groupe employait environ 35.000 personnes fin 2007. «Ce plan sera discuté dans le respect de la culture de dialogue social qui a toujours prévalu chez Dexia », est-il précisé.
Bruxelles et Dublin
Le groupe procède à un net recentrage en termes géographiques et de métiers. Les activités sont arrêtées et vendues en Australie, en Europe de l’Est ( à l’exclusion de Dexia Banka Slovensko), au Mexique, en Inde et en Scandinavie. «Comme annoncé en novembre, Dexia a poursuivi un travail d’analyse de ses implantations public and wholesale banking conduisant à un recentrage sur les marchés où le groupe bénéficie d’une franchise commerciale, d’une capacité de financement local à long terme et d’un potentiel de croissance rentable», indique le groupe. Les activités de marché sont recentrées sur deux plates-formes pour renforcer leur contrôle: Bruxelles (trading, trésorerie centrale) et Dublin (gestion de portefeuille en run-off).
Dexia a également décidé de remettre à plat la politique de rémunération du groupe. Les bonus des dirigeants sont supprimés au titre de l’année 2008. Ceux des activités de marché sont réduits de 90%. «Pour l’ensemble des autres collaborateurs, la part variable va être réduite de 30% (pour les moins bien payés) à 60%», a précisé Pierre Mariani. «Les bonus chez Dexia représentaient environ 16% de la rémunération globale. Cette part va être réduite à 8%-9%, soit environ un mois de salaire». Suspendue dans la matinée, l’action Dexia perdait 6,5% à la mi-séance.

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