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Les faibles vont mourir

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ARTICLE  |  Par: Jean-Michel Gaudron  |  publié le 11.03.2009

CRISE

Les faibles vont mourir

Lors du discours prononcé le mardi 10 mars devant l’Executive Club, Bob Kneip a fait le parallèle entre la théorie darwinienne et le monde actuel des affaires. Pour lui, c’est le client et l’image de marque qui feront la différence.

Bob Kneip: «Ce sont eux, nos clients, qui choisiront ceux qui
survivront et ceux qui s’éteindront». (Photo: David Laurent/wide)
Surtitre: 
CRISE
Auteur(s): 
Jean-Michel Gaudron
Interview ?: 
Pas interview

Après Lucien Thiel mi-novembre, c’est Bob Kneip, qui a disserté mardi soir devant l’Executive Club Luxembourg (ECL) au sujet de la crise. Sous le titre «Instinct primaire, l’instinct de conservation dans le monde des finances», le CEO du groupe de communication financière Kneip a célébré à sa façon le bicentenaire de la naissance de Charles Darwin, auteur de «L’origine des espèces...», en soulignant la nécessité de s’adapter au monde tel qu’il est. «La lutte pour la survie sera sans pitié, les faibles seront voués à l’extinction...Nous traversons une période de survie des plus forts, ce qui n’est pas nécessairement mauvais. A nous de nous concentrer sur nos forces et les opportunités», a-t-il averti. «Nos entreprises se sont affaiblies car elles sont devenues grasses et hyper confiantes grâce à la croissance, aux faibles taux d’intérêt et au crédit facile. Nous sommes moins incités à la performance lorsque le niveau de vie est élevé. La survie nécessite une remise en cause fondamentale de l’entreprise. Nous devons faire une cure d’amaigrissement et nous débarrasser de notre excès de confiance. Ceci signifie consolider nos positions et nous centrer sur une saine gestion et des services hors pair».

Comportement éthique

Bob Kneip prédit davantage de fusions et acquisitions, les concurrents étant contraints de se rapprocher «pour trouver des solutions ensemble». Mais ce seront l’image de marque et le service au client, qui, selon lui, seront déterminants: «Ce sont eux, nos clients, qui choisiront ceux qui survivront et ceux qui s’éteindront. Nos clients seront de plus en plus sensibilisés aux questions sociales, davantage axés sur la responsabilité sociétale, le développement durable, les principes de gouvernance et le comportement éthique». Quant à l’image de marque, elle surpasse selon lui la capacité d’innovation: «Dans un contexte de globalisation des marchés financiers, les méthodes classiques de différenciation (une technologie de pointe, des produits innovants) s’effacent rapidement au profit de milliers de produits offerts à des clients sceptiques. Une marque solide donne aux clients une idée claire de ce qu’ils achètent avant qu’ils ne l’achètent. Les éléments de construction d’une marque peuvent être favorisés par des stratégies et des concepts de communication clairs. Mais, avant tout, ils exigent des actions et des comportements positifs». Prenant l’exemple de Lehman Brothers, Bob Kneip estime que «la lutte pour la survie s’est avérée trop forte» pour la banque américaine, oubliant d’ajouter que la disparition de ce «faible» avait mis quelques «forts» à genoux.

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