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Patrick Giry, Carmignac Gestion Luxembourg
(photo: Francesca Gilibert)

Par: Jean-Michel Gaudron  |  Publié le 12.03.2009 0:00

Carmignac Gestion a le vent en poupe


La société de gestion a réalisé une année 2008 record et démarre 2009 sur des bases aussi élevées.
Avec une collecte nette dépassant les trois milliards d’euros sur l’ensemble des huit pays dans lesquels le groupe est actif, Carmignac Gestion a réalisé une année 2008 historique. «Chacun de ces pays a eu une contribution positive, précise Patrick Giry, directeur général de Carmignac Gestion Luxembourg. Cela nous propulse comme un des leaders européens en termes de collecte nette en 2008. Ce flux positif a permis de compenser la baisse des encours». Ainsi, Carmignac Gestion gérait 12,6 milliards d’euros d’actifs au 31 décembre, soit sensiblement le même montant que fin 2007.

La société, qui fête en 2009 ses vingt ans d’existence (et dix ans de présence au Luxembourg, d’où est pilotée toute la stratégie d’expansion européenne du groupe), récolte aussi les fruits de ses récents développements. L’année 2008 a, ainsi, été marquée par l’ouverture de deux bureaux de représentation à Madrid (en mars) et à Milan (en novembre), sur des marchés qui, jusqu’alors, étaient couverts depuis le Grand-Duché. «Cette proximité avec nos clients, qui sont essentiellement des distributeurs, des banquiers privés ou des réseaux non captifs, constitue le pilier majeur de notre expansion, confie M. Giry. Cela va de pair avec une volonté de transparence absolue. Notre fonds Carmignac Patrimoine, par exemple, a eu une performance positive de 0,01% en 2008 et affiche une croissance moyenne annuelle de 9% depuis 20 ans. On se doit donc d’afficher une transparence totale, notamment au regard des problématiques Stanford ou Madoff. Nous avons beaucoup travaillé sur le reporting client et totalement refait, par exemple, notre plate-forme Extranet à destination de nos intermédiaires».

En Espagne, un des marchés les plus touchés par la crise financière (fonte de plus de 35% des actifs gérés dans la gestion patrimoniale), Carmignac Gestion a aussi affiché une collecte positive, avec des effectifs passés de trois à cinq personnes en l’espace de quelques mois. Même schéma de croissance en Italie, où le bureau de Milan a doublé ses effectifs (de trois à six) en quatre mois. L’Italie constitue, du reste, le deuxième pays en termes de gestion d’actifs pour le groupe, après la France.

«Nous savons que ces chiffres sont insolents, s’excuse presque M. Giry. Et encore, nous n’en sommes, en Espagne et en Italie, qu’aux prémices de la montée en puissance. C’est pour cela que nous envisageons l’année 2009 de manière très positive».

Changement de paradigme

Aucune nouvelle implantation n’est prévue pour Carmignac Gestion, cette année, la priorité étant le développement des infrastructures existantes et l’accomplissement des efforts déployés en 2008. En Belgique, par exemple, la société qui, depuis cinq ans, avait ciblé son développement sur le réseau de courtiers, a été choisie par le groupe Argenta (cinquième établissement financier belge, basé à Anvers, et actif, également, au Luxembourg, ndlr.), pour établir un partenariat de distribution. «Un accord historique, car nous sommes le seul asset manager indépendant en Belgique à intégrer l’offre Argenta», se réjouit M. Giry. C’est l’illustration par l’exemple des ambitions nourries dans chacun des pays par Carmignac. «Partout où nous sommes, il n’y a pas de limite. Une fois que nous avons atteint la maturité sur un canal de distribution, nous pouvons déborder sur d’autres canaux, en gardant à l’esprit que le principe d’open architecture est évidemment développé à des niveaux très différents en Europe».

Globalement, donc, la crise économique et financière n’affecte pas Carmignac Gestion, observateur privilégié des changements de paradigme en matière de gestion d’actifs. «Les banques ont longtemps fonctionné comme le faisaient les distributeurs automobiles en 1900. Ils produisaient des voitures et incitaient les gens à en acheter. C’est plus tard, seulement, qu’ils ont commencé à s’intéresser à ce que les gens voulaient vraiment acheter. Aujourd’hui, le client final en a marre d’avoir, soit des produits typés très benchmarkés, qui n’ont aucune valeur ajoutée, soit des produits structurés dont on a vu la limite ces derniers temps. Ils sont à la recherche d’une gestion active, de gérants de talent ayant la capacité de faire la différence et qui n’acceptent pas la fatalité des marchés. C’est leur rôle de toute façon: mettre en œuvre tout ce qui est possible et imaginable pour générer une performance positive».

Les premiers mois de l’année semblent donner raison à cette approche: le fonds Carmignac Patrimoine, encore lui, affiche déjà 4% de performance. «Un signe très clair que ce n’est pas un feu de paille, mais plutôt le résultat d’une stratégie payante. Nous notons par ailleurs des flux considérables sur toute la gamme de nos produits ‘absolute return’ et pas uniquement sur le fonds Carmignac patrimoine».


 
 
 
 
  



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