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Camille Thommes préside la task force Madoff
(Photo: Julien Becker/archives paperJam)

Par: Nicolas Raulot  |  Publié le 18.03.2009 0:00

L’Alfi doit restaurer la confiance


L’association des fonds d’investissement veut s’adapter aux nouvelles attentes des épargnants. Le rapport de la task force Madoff paraîtra en juin

Rétablir la confiance. Telle fut la formulé clé de la conférence de printemps de l’Alfi, mardi 17 et mercredi 18 mars. Mais l’association des fonds d’investissement pouvait-elle se fixer un autre objectif  alors que Bernard Madoff a coûté quelque 1,7 milliard d’euros aux porteurs des fonds luxembourgeois exposés à la fraude du financier américain et plusieurs milliards supplémentaires, en tenant compte des expositions indirectes?

Si la création de 700 nouveaux fonds en 2008 et l’honorable fréquentation de l’évènement  cette semaine (avec environ 700 participants inscrits) témoignent de l’intérêt persistant des investisseurs, Claude Kremer, président de l’Alfi et partner chez Arendt & Medernach, a rappelé la nécessité de s’adapter aux nouvelles attentes des épargnants échaudés: «Dorénavant, nous devons beaucoup plus nous intéresser aux épargnants et à leur sécurité. C’est là que l’industrie des fonds doit faire des efforts». Cette démarche passera notamment par la promotion de produits plus transparents et plus simples et par la rédaction d’une documentation plus facile à comprendre. C’est l’un des enjeux de la directive Ucits IV qui doit être transposée dans les juridictions nationales d’ici à juillet 2011 avec la notion d’ «informations clés» diffusées aux investisseurs des fonds coordonnés distribués dans toute l’Union Européenne.

Responsabilité des banques dépositaires

L’Alfi a également rappelé l’existence d’une task force consacrée à l’affaire Madoff (Alfi Madoff Task Force ou AMTF) et présidée par Camille Thommes, directeur général de l’association. Constitué en décembre 2008, ce groupe de travail se réunit chaque semaine depuis janvier et doit rendre son rapport final en juin. Les experts, issus des différents maillons de la chaîne, planchent notamment sur les rôles et les responsabilités des banques dépositaires de fonds luxembourgeois. «Nous sommes en mesure de conclure que la législation luxembourgeoise sur les dépositaires de fonds est fidèle à la directive Ucits et que le Luxembourg dispose d’un cadre approprié pour la protection des actifs et des investisseurs des fonds d’investissement, en ligne avec les standards européens. L’environnement légal et réglementaire du Luxembourg est équivalent à celui des principales autres juridictions européennes», indique d’ores et déjà l’AMTF à ce sujet dans un rapport intermédiaire daté du 13 mars. La réflexion doit notamment aboutir à un code de bonnes pratiques en matière de due diligence et de devoirs des banques dépositaires. Le 13 mars, l’Alfi a également publié un guide technique à destination des fonds de fonds au sujet de la valorisation  des fonds d’investissement affectés par Bernard Madoff.

Interrogé durant la conférence sur le retour de la confiance, Alain Papiasse, membre du comité de direction de BNP Paribas, a pour sa part souligné la nécessité de «revenir à des choses plus éthiques», ajoutant que le processus serait long.


 
 
 
 
  



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