| Lucien Thiel (Photo: Andrés Lejona) |
Par: Jean-Michel Gaudron, Nicolas Raulot | Publié le 20.02.2009 0:00
«Pour s'en sortir, il faut éliminer nos faiblesses»
«A tout seigneur tout honneur, l’idée de créer cette commission spéciale est venue de l’opposition, plus précisément de Charles Goerens (député libéral, ministre de la Défense lors de la précédente législature, ndlr). On ne savait pas très bien ce qu’il voulait en faire et nous n’étions pas forcément très enthousiastes au départ, car nous avons suffisamment de commissions et beaucoup de travail. Finalement, nous nous sommes dit que ce pouvait être une bonne chose d’essayer de cerner la situation actuelle.
En temps normal, le Parlement n’a pas son mot à dire dans de telles situations. Il n’a qu’à acquiescer et les décisions passent comme une lettre à la poste. Dans le cas présent, l’exercice est non seulement intéressant, mais il permet aussi d’apporter une plus-value, étant entendu que nous nous trouvons dans une période où le Parlement ne peut plus faire grand-chose, puisqu’il va arrêter ses travaux début mai en raison de la tenue des élections de juin.
Le calendrier est donc très serré pour vous…
«Les délais sont en effet assez courts et le travail sera très comprimé (voir encadré ci-dessous). L’avantage est que ce que nous allons découvrir et consigner dans le rapport tombe à pic.
Le Premier ministre pourra l’utiliser lors de son discours sur l’état de la nation au cours de la dernière semaine d’avril. Les forces politiques pourront s’en inspirer pour leur campagne électorale, mais aussi pour «l’après». Le nouveau gouvernement aura besoin d’un programme qui pourrait s’inspirer de ce rapport du Parlement qui, je l’espère, sera adopté à l’unanimité.
Est-il fréquent de créer ce type de commissions?
«Non, la Chambre en a la faculté, mais n’en use pas vraiment. Il n’y en a eu qu’une seule autre au cours de la législature, celle sur l’organisation territoriale, présidée par Michel Wolter. Ces commissions-là ont un caractère ad hoc, un certain caractère d’urgence. Elles aboutissent à un rapport qui doit aider le gouvernement à s’orienter.
A quel rythme vous réunissez-vous?
«Deux fois par semaine, généralement l’après-midi. C’est assez soutenu. Mes collègues ne sont pas toujours très heureux avec ma façon de faire, car le programme est très serré. Mais comme on doit avoir terminé pour fin mars, je ne vois pas d’autres possibilités que d’avancer à ce rythme-là. Les trois premières réunions étaient consacrées au secteur financier. Nous y avons successivement fait intervenir les lobbies (ABBL, Alfi, l’ACA), puis les institutionnels et enfin des observateurs indépendants. En ma qualité de président, j’organise également des rencontres individuelles. J’ai par exemple déjà rencontré les deux dirigeants de nos deux compagnies aériennes.
Avez-vous brigué le poste de président de la commission?
«Par défaut, c’est le président de la Chambre qui préside les commissions spéciales et désigne un bureau (voir encadré ci-dessous). Dans ce cas précis, Michel Wolter a suggéré mon nom, et personne ne s’y est opposé. Les deux vice-présidents sont Charles Goerens, en tant qu’initiateur et un partenaire de la coalition qui n’est autre qu’Alex Bodry (député socialiste, ndlr). Cela me rappelle la période très instructive où j’étais président du Conseil économique et social.
Quels sont vos objectifs?
«Une commission discute traditionnellement des projets de loi. Là, il s’agit de gérer la crise d’une façon ou d’une autre. J’avais suggéré, dans la lettre d’invitation aux participants, de plancher sur trois questions: quel est le degré de gravité de la crise pour votre secteur? Quels sont les moyens que vous jugez nécessaire pour vous en sortir à court terme? Et concernant le moyen et le long terme, quelle chance voyez-vous pour le développement de votre secteur dans le contexte de cette crise? Que faut-il faire pour profiter de la crise? Car chaque crise renferme les germes du renouveau, des opportunités qu’il faut détecter.
A chaque lobbyiste, nous avions demandé un résumé de quelques pages autour de ces thèmes, ce qui nous donnait de la matière en amont. Ensuite, nous laissons chacun des intervenants présenter leur dossier en quelques minutes. Après, ce sont les membres de la commission qui posent les questions.
Au final, nous allons rédiger un rapport sur la base des résumés fournis par les différents acteurs, des interviews faites pendant les réunions mais aussi des avis d’experts. Nous avons fait appel à un certain nombre d’experts internationaux, comme Norbert Walter, économiste en chef de la Deutsche Bank, mais aussi un représentant du FMI, de la Commission européenne, de l’OCDE et un représentant du Bureau International du Travail. Car l’emploi fait partie des sujets à l’agenda.
Les avis divergent-ils entre experts et gens du cru?
«Jusqu’ici, il n’y a pas eu vraiment de divergence, à part peut-être sur quelques points. M. Walter a, par exemple, ses idées sur le développement du Luxembourg, des idées globales pas nécessairement perçues de la même façon par la profession, qui est beaucoup plus près du terrain au quotidien. C’est ça qui est ensuite intéressant: mettre en relation les idées de nos propres acteurs et celles des experts. En associant les deux, il y a probablement de très bonnes pistes de développement à explorer.
Dans le domaine du private banking par exemple, tous les membres de la commission ont vraiment été ébahis par les propositions du consultant. Il y a aussi beaucoup de redites: lourdeurs administratives, lenteurs des décisions... Jusqu’ici, on n’avait pas besoin de prendre au sérieux ces choses entendues à longueur d’années et pas toujours originales puisque les choses marchaient bien et qu’on gagnait de l’argent. Désormais, il faut agir. Il y a urgence! On est en situation de crise et pour s’en sortir, il faut éliminer nos faiblesses.
Votre commission ne fait-elle pas double emploi avec la tripartite qui s’occupe du même sujet?
«Certains problèmes seront résolus par la tripartite, qui peut agir très vite et va prendre des mesures à très brève échéance (comme l’avancement de certains travaux d’infrastructures, ndlr). Notre rapport consistera à fixer des objectifs à plus long terme. Nous avons également demandé à avoir des contacts intermédiaires avec la tripartite pour se concerter, même s’il ne s’agit pas d’un élément essentiel. La tripartite doit se réunir à mi-février et une nouvelle fois par la suite. Chacun a suffisamment à faire pour ne pas se marcher sur les pieds.
Quelles sont les premières idées qui émergent de vos travaux?
«D’abord, je suis d’avis que la Place va mieux s’en sortir que d’autres et mieux qu’on pourrait le croire. Mais nous serons écorchés. Et si le secteur financier se fait écorcher, vous pouvez imaginer ce que ça veut dire. D’abord en termes de recettes de l’Etat, puisque le plus grand contributeur fiscal – entre 40% et 50% – va voir ses bénéfices fondre comme neige au soleil. Pour l’heure, on annonce 5,8 milliards de revenus pour le secteur bancaire, mais il ne faut pas s’y fier car ces chiffres n’incluent pas les provisions dont les montants seront fixés par les maisons mères.
La crise n’a-t-elle pas, une fois encore, souligné la forte dépendance des banques aux décisions de leurs maisons mères étrangères?
«Nous le savons, la place financière est fortement dépendante de la situation des maisons mères. Et ceux qui ne le savaient pas l’ont appris avec l’affaire Fortis et Dexia, où deux banques saines ont souffert des bêtises de leurs maisons mères.
En revanche, si nous parvenons à renverser la vapeur en un laps de temps réduit, nous enverrons un signal positif à ces maisons mères. Nous leur montrerons que le Luxembourg s’adapte plus vite aux conditions changeantes et cela leur donnera une raison supplémentaire de renforcer leur présence ici. Il nous faut abattre une de nos cartes les plus efficaces, la rapidité d’action. Celle que nous avons déjà jouée en transposant les premiers la directive Ucits en droit national et qui nous a permis de devenir le numéro deux mondial des fonds d’investissement.
Quel rôle joue la commission dans l’affaire Madoff?
«Nous ne nous sommes pas trop souciés du phénomène passager qu’est l’affaire Madoff… En revanche, on se demande si elle révèle certaines faiblesses dans nos procédures et nos systèmes et comment nous pouvons éventuellement y remédier. Comme la France nous a attaqués sur la surveillance, nous avons fait notre examen de conscience. Et sur ce plan-là, nous n’avons aucun reproche à nous faire, car nous avons transposé la directive exactement de la même façon.
A la question de savoir si la surveillance a vraiment fait tout son boulot, nous sommes convaincus que la CSSF l’a fait. Il y a évidemment un hic sur le plan juridique: dans quelle mesure un dépositaire reste responsable des fonds confiés si la responsabilité a été transférée à un tiers. La CSSF est très claire: UBS reste responsable de ces fonds. De son côté, UBS dit que ce sont les clients qui ont voulu cette modification, et que cela l’exonère de toute responsabilité. Voilà où est le litige. Je ne sais pas comment cela va se terminer. Il y a d’un côté la loi luxembourgeoise et de l’autre côté ceux qui sont propriétaires des fonds.
En fin de compte, cela aurait été vraiment piteux que le Luxembourg ne soit pas touché par l’affaire Madoff, en tant que numéro deux mondial des fonds.
Quelles autres faiblesses cette crise a-t-elle permis de mettre en avant?
«Le fait que nous ne fassions pas assez usage de notre faculté à agir vite, en tant que petit pays. Le recteur de l’Université (Rolf Tarrach, ndlr) nous l’a fait remarquer. Ce point sera débattu lors d’une réunion réservée à la fonction publique à qui nous allons demander sa contribution à la gestion de la crise et à la solution à nos problèmes. Même si le but n’est pas de culpabiliser une partie de la société luxembourgeoise, les fonctionnaires doivent également faire un effort de solidarité. Les responsables politiques doivent d’ailleurs eux-mêmes accepter qu’ils ont une responsabilité dans les lenteurs administratives.
Quelle forme doit prendre cet effort de solidarité des fonctionnaires?
«Vous savez, j’ai vécu le moment où l’Arbed était sur le point de faire faillite. En 1991, Norbert von Kunitzki, qui en était le directeur financier, a directement téléphoné au ministre des Finances de l’époque (Jean-Claude Juncker, ndlr) pour l’informer que l’Arbed n’avait plus d’argent pour payer les salaires du mois courant. C’est à ce moment-là qu’a été introduit l’impôt de solidarité qui était de 10%. Mais tout le monde ne l’a pas accepté de gaieté de cœur.
Ce qui a fait dire à Pierre Werner, le Premier ministre de l’époque, que la solidarité est une chose très bien, mais qu’il faut y obliger les gens. Je ne veux évidemment pas en arriver à la conclusion que les instances publiques ou l’Etat n’ont d’autre choix que de faire des coupes claires dans les salaires de leurs effectifs. Mais, j’espère que ces gens-là ont suffisamment de responsabilités et de sentiments de solidarité pour qu'ils reconnaissent qu'eux aussi doivent contribuer. Je parle d’une prise de conscience de la part de gens qui n’ont pas à souffrir de soucis matériels, mais ont néanmoins une responsabilité vis-à-vis de la société dont ils font partie.
La diversification économique doit-elle être accélérée?
«Il faut se rendre compte que la dépendance du secteur financier est exagérée et peut recéler un grave danger pour l’économie. Il faut donc faire tous les efforts possibles pour élargir les assises de notre économie. Mais on ne va pas tuer le secteur financier pour autant. Il faut veiller à ce qu’il se développe bien et à diversifier le secteur lui-même.
Dès 1995, quand nous avons su qu’il y aurait une monnaie unique, nous avons décidé de sortir des niches de souveraineté, pour nous établir dans des niches de compétences, avec tout ce que cela comporte comme changements. L’un d’eux a été la création de la LSF (Luxembourg School of Finance) et de l’Université de Luxembourg. A l’époque, nous avions six pistes de développement, six clusters. Sur les six, seuls deux ont vraiment décollé, les fonds d’investissement et le private banking. Il en reste donc quatre: le coaching auprès des clients professionnels; la titrisation, instrument cité aujourd’hui comme une perversité du système, mais qui a son utilité; l’assistance au secteur lui-même et, enfin, les fonds de pension qui n’ont pas encore répondu à nos espoirs, mais qui démarreront forcément un jour, compte tenu de l’évolution démographique
Dans quelle mesure le Luxembourg doit-il faire des efforts pour redresser une image sérieusement écornée ces derniers temps?
«En tant que commission parlementaire, nous irons à Paris, à Berlin et à Vienne pour expliquer que leur vision n’est pas celle de la situation réelle. Nous allons rencontrer les responsables, sénateurs et députés, des commissions parlementaires. En France, par exemple, le juge Van Ruymbeke noircit des pages pour dire que le Luxembourg lui refuse une requête d’entraide judiciaire par jour, alors qu’il n’a jamais fait la moindre demande. Cela n’est pas sérieux.
Faut-il s’attendre à des réformes réglementaires?
«Ce n’est évidemment pas le Luxembourg qui décidera seul de toutes les conclusions à tirer de cette crise.
La Banque Centrale du Luxembourg revendique, tout de même, une surveillance plus étroite du secteur financier...
«La banque centrale revendique en effet une part plus grande du gâteau en invoquant sa mission de gérer les liquidités de la Place. Yves Mersch (président de la BCL, ndlr) souhaite une meilleure collaboration avec la CSSF (Commission de Surveillance du Secteur Financier) et lui demande plus d’informations. Lors de la création des deux institutions, nous avions instauré un système de canalisation des informations, avec une sortie vers la banque centrale et une autre vers la CSSF.
Entre-temps, le système est devenu désuet. Mais juste avant Noël, nous avons adopté une loi juste qui a résolu une partie du problème. L’a-t-on entièrement résolu? C’est autre chose. Il s’agit d’un compromis à la luxembourgeoise pour amener les deux entités à se concerter. Les problèmes que connaissent la CSSF et la BCL sont du reste presque identiques à ceux rencontrés par la Bundesbank et la Bafin.
Comment a réagi la population luxembourgeoise au sauvetage de Fortis et Dexia par l’Etat?
«Pas mal de gens au Luxembourg étaient actionnaires des deux banques. Ils n’ont pas oublié qu’ils y avaient été incités par des décisions politiques et notamment par la fameuse Loi Rau. (Introduite en 1984 et amendée en 1993, cette loi octroyait des avantages fiscaux aux personnes investissant dans des sociétés résidentes, ndlr). Lorsque Dexia avait repris la BIL, ou Fortis la BGL, les actionnaires avaient la possibilité de se retirer mais c’était encore au temps où l’on croyait que la hausse des actions n’avait pas de limite.
Beaucoup de gens ont aussi confondu placements en actions et avoirs en dépôt. Ils nous ont appelés pour savoir s’ils devaient retirer leurs économies et les placer à la BCEE. Le transfert des fonds vers la BCEE a créé un problème aux banques délaissées, mais aussi à la BCEE qui ne savait pas quoi faire de tout cet argent, puisqu’il n’y avait plus de marché interbancaire.
Ont-ils compris pourquoi autant d’argent avait été engagé dans les banques?
«Ils nous disent parfois avec un sourire malicieux: ‘on voit bien que vous les aidez les gros. Mais, si ça m’arrivait à moi, vous me laisseriez tomber’. Mais, ils ont en fait bien compris qu’on ne l’a pas fait pour sauver les banques, mais bien pour sauver les avoirs des clients des banques. Et lorsque quelques mois après, ils ont constaté que les Allemands avaient fait la même chose que ce que Luc Frieden avait décidé, ils ont réalisé que ce n’était finalement pas si mal. Cela va d’ailleurs jouer un rôle à l’approche des élections.
Sans ces élections, justement, la teneur de vos travaux aurait-elle été différente?
«Non, mais nous aurions simplement eu plus de temps pour travailler.
Le Luxembourg sortira-t-il grandi de cette crise?
«Oui, si nous prenons suffisamment au sérieux ce qui sera révélé dans le rapport. La réforme administrative, on aurait pu la faire il y a des décennies, mais nous étions en période de vaches grasses. Le moment est venu de nous rattraper et d’éliminer ces faiblesses qui se révèlent uniquement en période de crise. Ce sont les résultats très concrets de ce travail. Il faudra alors savoir comment s’y prendre.
Sur le diagnostic, on sera d’accord, pas forcément sur la thérapie. Ça sera l’œuvre du prochain gouvernement et des forces politiques. Je ne souhaite pas que la situation empire. Mais si tel était le cas, il faut souhaiter une prise de conscience qui faciliterait à ce moment-là d’opérer les corrections dont je viens de parler. Si nous sommes exposés à une crise, il devrait en sortir quelque chose de positif, c’est-à-dire l’élimination de nos faiblesses qui nous gênent le plus. C’est la seule chance pour le Luxembourg de sortir grandi ou renforcé de cette situation…
Votre rapport sera t-il aussi important que le rapport Fontagné («Compétitivité du Luxembourg, une paille dans l’acier», présenté en novembre 2004, ndlr)?
Sa malchance a été de très bien comprendre ce que les entrepreneurs disaient, ce qui a déplu aux syndicats. Dieu sait pourtant que le Pr. Fontagné s’est donné une peine de chien à être objectif. Ici c’est différent. Nous allons discuter avec les syndicats de sorte que le rapport final puisse satisfaire le maximum de monde.
J’ai en tous les cas l’ambition que ce rapport soit le plus important jamais remis par une commission parlementaire. Une douzaine de têtes y apportent leurs réflexions. Il faudrait quand même que cela produise des effets. Quelle que soit la valeur ajoutée, si nous contribuons à définir des axes de développement pour ce pays, ce sera beaucoup de travail de fait. La Chambre des députés n’est pas un think tank. Qui se réfère à un tel rapport se réfère à un document hautement officiel. La responsabilité de notre groupe est également très élevée et j’espère qu’on va se hisser à la hauteur de cette responsabilité».
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Parcours - La Place financière incarnée
Pour avoir été le directeur de l’Association des Banques et Banquiers, Luxembourg, entre 1990 et 2004, au cœur des plus belles années d’expansion, Lucien Thiel, qui vient de fêter ses 66 ans, incarne, pour beaucoup, le «visage» de la place financière. C’est pourtant dans le journalisme qu’il a commencé sa carrière, en état successivement rédacteur en chef de Revue (entre 1968 et 1979) puis, les dix années suivantes, du d'Lëtzebuerger Land.
Au cours de son passage à l’ABBL, il occupe les fonctions d’administrateur délégué de l'Association pour la Santé au travail du Secteur financier (ASTF), mais il est, surtout, à l’origine de la création, en 1999, de la Fédération des Professionnels du Secteur financier (Profil) dont il occupe la présidence jusqu’en 2002. Il siège également à la présidence du Conseil économique et social de 2000 à 2002.
Candidat pour le parti chrétien-social (circonscription Centre, celle de Luc Frieden) lors des dernières élections de juin 2040, il est élu en sixième position, devançant même le futur ministre Jean-Louis Schiltz de quelque 300 voix. Son entrée à la Chambre des Députés a évidement apporté, à l’institution, une compétence supplémentaire en matière d’industrie financière. Sa désignation à la présidence de la Commission spéciale «Crise économique et financière» n’a souffert d’aucune discussion. Il préside également la Commission de la Fonction publique et de la Réforme administrative, des Médias et des Communications.
Hors du Parlement, il occupe, depuis novembre 2005, un siège au conseil communal de la Ville de Luxembourg.
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Commission - Onze au chevet du malade
La Commission spéciale «Crise économique et financière» est l’une des rares commissions 100% masculine de la Chambre des Députés. Présidée par Lucien Thiel, elle compte onze membres: quatre du CSV, trois du LSAP, deux du DP, un de Déi Gréng et un de l’ADR.
Alex Bodry (LSAP) et Charles Goerens (DP) en assurent la vice-présidence. Le premier est, par ailleurs, entre autres, président de la Commission de l'Economie, de l'Energie, des Postes et des Sports. Le second siège à la vice-présidence de la Commission des Affaires étrangères et européennes et de celle des Finances et du Budget.
Les autres membres CSV de la Commission spéciale «Crise économique et financière» sont Laurent Mosar (également président de la Commission des Finances et du Budget), Jean Spautz et Michel Wolter.
Pour le LSAP, deux «anciens» figurent au casting: John Castegnaro (également vice-président de la Commission des Comptes, de celle du Contrôle de l'exécution budgétaire et de la Commission du Travail et de l’Emploi) et Ben Fayot (qui est aussi président de la Commission des Affaires étrangères et européennes et vice-président de celle de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Culture).
Claude Meisch est le second représentant du DP, alors que Déi Gréng et ADR sont représentés par François Bausch et Gast Gibéryen.
Entrevues
ILS Y SONT TOUS PASSÉS
En l’espace de quinze réunions, les membres de la Commission spéciale «Crise économique et financière» ont entendu tout ce que le Luxembourg pouvait compter de «forces vives». Les premiers concernés ont été les acteurs du secteur financier (ABBL, Alfi, ACA, Luxembourg for Finance, Banque centrale, Commissariat aux Assurances, CSSF). Ont suivi, ensuite, les principaux intervenants dans les questions de diversification industrielle (Fedil, Conseil économique et social, SNCI, Université de Luxembourg), puis les représentants de l’artisanat, du commerce et des services (Fédération des Artisans, Chambre des Métiers, Chambre de Commerce, CLC), les agents économiques du secteur public (Entreprise des P&T, SNCI, BCEE, CFL, Lux-Développement), les acteurs dans le domaine de l’emploi (Adem, Chambre des Salariés, UEL) et, enfin, les représentants des principaux ministères (Finances, Trésor et Budget, Classes moyennes, Travaux publics, Réforme administrative, Economie et Commerce extérieur, Travail, Environnement, Santé…) pour évaluer les conséquences budgétaires de la crise et celle des mesures à prendre.
Les consultations ont également été élargies à des organes internationaux (Bureau International du Travail, FMI, OCDE, Commission européenne) et à un certain nombre d’experts, luxembourgeois ou étrangers, parmi lesquels figure le Pr. Fontagné, auteur, en 2004, du rapport «Compétitivité du Luxembourg, une paille dans l’acier».
La lecture finale du rapport de la Commission est prévue pour le lundi 23 mars, la présentation et le débat devant intervenir en séance plénière de la Chambre le 26 mars.

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