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Robert Dennewald, Fedil (Photo: Etienne Delorme/ Archives PaperJam)

Par: Nicolas Raulot  |  Publié le 20.02.2009 0:00

Une grosse enveloppe bleue


Dès juillet 2008, l’organisation patronale dirigée par Robert Dennewald a envoyé son «message aux partis politiques». Aujourd’hui, elle invite le gouvernement à ne pas attendre l’échéance électorale pour agir.
 «Défis 2020. Message aux partis politiques». C’est l’intitulé du pli que la Fedil-Business Federation Luxembourg- a adressé aux partis politiques dès le début de l’été 2008, presque un an avant l’échéance électorale.  Contenue dans une grosse enveloppe bleue, la liste de recommandations était destinée aux cinq formations susceptibles de jouer un rôle dans le prochain gouvernement: CSV, LSAP, DP, ADR, Dei Greng. «Nous avons décidé de nous adresser à eux à ce moment- là pour les influencer dans la préparation de leur programme dont ils commençaient la rédaction», indique Robert Dennewald, président de l’organisation patronale. Au menu: R&D, formation, société de l’information, sécurité sociale, aménagement du territoire, fiscalité...

«Avec la crise, le message reste tout à fait actuel. Il ne faut d’ailleurs pas attendre pour agir», poursuit le président d’Eurobéton. «Aujourd’hui, les partis politiques et les syndicats parlent beaucoup de maintien dans l’emploi. Je reconnais les efforts du gouvernement dans ce domaine, avec la mise en place d’instruments de gestion de crise, comme le chômage partiel. Mais, je crois que le plus important, c’est le maintien dans l’activité économique». Autrement dit, les entreprises doivent garder la flexibilité nécessaire pour surmonter les difficultés actuelles et rester au Grand-Duché. «Il faut que les procédures administratives soient gérables, que nous trouvions des financements et, le plus important, que nous soyons en mesure de maîtriser nos coûts», résume le chef d’entreprise.

Plus que jamais, Robert Dennewald conteste le principe de l’indexation des salaires, qui conduira à une augmentation générale de 2,5% à compter du 1er mars, mais pèsera lourd, selon lui, sur les comptes des entreprises, notamment des PME: «Il faut se rendre compte de l’effet de cette tranche indiciaire en pleine crise et du fait que ce dispositif est très mal perçu par les multinationales implantées au Grand-Duché»

Le président de la Fedil souligne les difficultés des sociétés exportatrices et en particulier de l’industrie automobile luxembourgeoise, touchée avec une «brutalité impressionnante». Même si, sur la trentaine d’entreprises du secteur qui emploient environ 7.000 personnes, seul l’équipementier IEE a pour l’instant dû se résoudre à annoncer des licenciements. Il se réjouit en revanche de la résistance de certains secteurs, comme celui de la construction qui va bénéficier du lancement de nouveaux chantiers publics.  A l’occasion de la réunion du comité tripartite du 21 janvier, le gouvernement a en effet confirmé l’augmentation de dépenses d’infrastructures et l’avancement de projets prévus les années suivantes (écoles…).

Pour Robert Dennewald, un des mérites de la crise sera la prise de conscience d’une nécessaire diversification de l’économie, qui ne peut plus reposer sur le seul secteur financier. Ce passage obligé suppose néanmoins que les mentalités évoluent. «Il faut que la population luxembourgeoise dise oui à l’industrie manufacturière, accepte sa présence et ses conséquences, comprenne qu’un peu de bruit et de poussière n’est pas néfaste». Mais, il ne suffit pas de convaincre les citoyens. Encore faut-il que les démarches administratives nécessaires à ces développements ne ressemblent pas à un parcours du combattant: «Aujourd’hui, je vous mets au défi de trouver un terrain de 10 hectares où construire une usine. Et c’est souvent la croix et la bannière pour faire passer un projet industriel auprès de toutes les instances. En 2001, j’ai entamé les procédures pour reclasser un terrain en zone industrielle. Eh bien! Les bulldozers ne sont toujours pas au travail !».

En mentionnant l’échéance de 2020,  la Fedil veut enfin faire prendre conscience aux partis politiques que l’horizon d’investissement des entreprises industrielles (souvent à 20 ou 30 ans) va souvent bien au-delà des prochaines élections.


 
 
 
 
  



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