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Les sujets brûlants ne manquaient pas jeudi soir pour nourrir
les débats de la table ronde. (Photo: Julien Becker)

Par: Jean-Michel Gaudron  |  Publié le 22.10.2007 10:26

A la croisée des chemins


KPMG Luxembourg enregistre, depuis trois ans, une forte croissance et s’interroge sur l’opportunité de rejoindre l’axe international anglo-germano-suisse qui vient de se constituer.

Dans le réseau mondial de KPMG, qui emploie près de 120.000 personnes au travers de près de 150 pays, la firme luxembourgeoise se posi-tionne parmi les éléments affichant une des plus fortes croissances. Pour le dernier exercice, clôturé au 30 septembre dernier, le chiffre d’affaires a, ainsi, atteint 88 millions d’euros (+ 31,5%). L’audit, qui «pèse» 52% de ce total, a enregistré une croissance de 21%; la branche Tax (34% du total) affiche, pour sa part, 42% de mieux, alors que les activités advisory/conseils (14% de l’ensemble) approchent les 54% de progression.

«Cette très forte hausse de notre activité de conseils s’explique notamment par l’introduction d’un grand nombre de nouveautés réglementaires et par la relance des investissements des entreprises dans des projets d’envergure, notamment informatiques, après quelques années de restrictions de budgets», explique John Li, chairman de KPMG Luxembourg.

Déménagement en vue

En l’espace de quatre années, le chiffre d’affaires de KPMG Luxembourg a bondi de 122%. Dans le même temps, les effectifs de la firme ont suivi une courbe encore plus accentuée, passant de 308 employés au 30 septembre 2004 à 745 personnes quatre ans plus tard (+142%). Plus de 250 recrute-ments ont été effectués ces douze derniers mois, sur la base de quelque 4.000 candidatures étudiées et de 722 entretiens d’embauche.

«Gérer une croissance nette de 25 à 30% de nos effectifs sur une année n’est pas facile et nécessite la mise en place d’une véritable machine de guerre pour recruter», remarque John Li. Sponsors d’universités, présences sur les campus, invitation d’étudiants à venir découvrir la firme sur place… Tous les moyens sont bons en vue de fidéliser cette frange de la population, en permettant, par exemple, aux étudiants d’accomplir chez KPMG leur stage de fin d’études. «Certains pourront alors être embauchés directement en tant qu’assistants de deuxième année et, ainsi, s’assurer une progression de carrière plus rapide».

Difficile, évidemment, de tabler sur plus de 30% de croissance chaque année, compte tenu de la très grande volatilité actuelle des marchés finan-ciers, mais aussi de la crise des liquidités qui en a découlé. Les derniers soubresauts ne manqueront pas de laisser des traces et certains grands groupes bancaires internationaux ont déjà publié des profit warnings pour le dernier trimestre de l’année.

C’est donc en toute prudence que KPMG Luxembourg table, plus modestement, sur un niveau de croissance plutôt proche des 13-15% pour chacun des deux exercices à venir, ce qui pourrait faire, tout de même, franchir à la firme, dès 2008, le cap symbolique des 100 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le tout sur fond de relocalisation, avec le déménagement, dans un nouveau bâtiment à Strassen, de plus de la moitié des effectifs, actuelle-ment éparpillés sur trois sites différents (voir paperJam septembre-octobre page 55). Le bâtiment «historique» du 31, allée Scheffer sera abandonné et le siège social sera alors établi au 9 de la même allée.

Mais les mois qui arrivent pourraient également marquer une étape clé dans le développement de la société, engagée dans une intense réflexion de fond: faut-il, ou non, rejoindre la toute nouvelle structure KPMG Europe LLP, qui a officiellement démarré ses activités au 1er octobre? Il s’agit d’une nouvelle entité commune à KPMG Royaume-Uni, Allemagne et Suisse, mastodonte de 18.000 employés réalisant 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

La globalisation des marchés financiers forçant les grands cabinets à offrir des services également globalisés, Londres et Francfort avaient initié le mouvement, invitant les autres pays du réseau à les rejoindre. Seule la Suisse, pour l’heure, est entrée dans la partie. Et le Luxembourg? «Nous sommes ouverts à la discussion et étudions actuellement les avantages et inconvénients d’une telle démarche», affirme John Li.

Au côté positif d’un élargissement des perspectives internationales et d’une probable affirmation du leadership dans le domaine des fonds d’investissement, s’oppose la perte d’une certaine indépendance, encore en vigueur au sein d’une firme locale à vocation internationale. «Il n’est pas question d’agir dans la précipitation, mais de bien poser les conditions d’un possible rapprochement dans un tel modèle européen», indique John Li.

Un autre facteur pourrait également influer sur les prises de décision à venir: le mandat du chairman de KPMG Luxembourg prendra fin en 2008 et tout est ouvert pour les quatre années qui suivront…


 
 
 
 
  



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