| La machinerie, livrée prémontée, ne sera pas opérationnelle avant octobre. (Photo : Marc Vandermeir) |
Par: Marc Vandermeir | Publié le 24.04.2009 0:00
Première mondiale pour Belovo
Bastogne est, depuis jeudi matin, la capitale mondiale de la production de phospholipides. Via une première – mondiale, elle aussi – du groupe BNLfood, plus connu sous le nom de Belovo. L’entreprise a en effet pris livraison de sa nouvelle usine TLC (The Lipid Company), elle aussi unique au monde, non seulement par sa capacité (plus de 1.000 tonnes par an), mais surtout par sa conception, propre à Belovo.
Cette machinerie conçue spécifiquement, et développée initialement pour son activité de production des œufs «Columbus», est testée chez le fabricant puis livrée prémontée, telle un Lego, ce qui explique les deux convois extraordinaires arrivés jeudi matin, après être partis lundi de Bâle (Suisse) et n’avoir roulé que de nuit. Il ne restait donc plus «que», ce jeudi, à introduire ces machines dans l’usine et à les connecter entre elles ce qui, tenant compte des autres impératifs liés à cette production, ne rendra le site opérationnel qu’en octobre prochain.
L’investissement global est de sept millions d’euros, dont trois rien que pour ces deux éléments. Il est l’aboutissement de quinze ans de travail et de recherche et développement.
L’extraction de phospholipides consiste à extraire, sans les dénaturer, les lipides (matières grasses) du jaune d’œuf préalablement réduit en poudre pour en faire une autre poudre destinée à l’industrie pharmaceutique, très demandeuse, tout comme l’est l’industrie de l’alimentation pour nourrissons. Belovo prend ainsi cinq à six ans d’avance sur ses concurrents potentiels et s’inscrit comme le numéro UN mondial du secteur. A terme, ce sont 80 emplois spécialisés qui devraient être créés.
L’extraction du blanc d’œuf en poudre, une autre activité de Belovo, permet de produire des protéines qui, elles, se vendent en milligrammes. La «casserie» des œufs et la production des poudres nécessaires à cette activité sont déjà présentes sur le site de Bastogne.
Nouveaux investisseurs
En développant cette activité, Belovo inverse en réalité son fonctionnement et son mode d’affaires puisque, à la place de produire et de simplement vendre de la poudre à partir d’œufs, les matières nobles sont cette fois tirées de la poudre et à leur tour mises sur des marchés spécifiques.
En pleine crise, c’est un projet ambitieux et avant-gardiste qui voit ainsi le jour. Et qui est d’autant plus remarquable que, en septembre 2007, de très lourdes interrogations pesaient sur l’avenir de la société, qui avait délocalisé en grande partie son site de casserie et de production de poudre vers la Chine, pour se rapprocher de ses clients (les géants mondiaux de l’agroalimentaire), tandis que des difficultés sévères de financement étaient apparues.
L’emploi était également en berne dans la cité du «nuts». En septembre 2007, la Région wallonne acceptait de participer à un refinancement à concurrence de trois millions d’euros, la famille De Meester, fondatrice de Belovo, et d’autres, apportant le solde. D’où la présence, hier, du ministre Benoît Lutgen, qui ne cachait pas qu’à l’époque, le pari avait pu paraître risqué.
La réussite du projet fait que d’autres candidats investisseurs se sont depuis présentés. Une nouvelle augmentation de capital a d’ailleurs lieu ce vendredi, lors d’une assemblée générale, qui verra notamment entrer ING Private Equity et la société d’investissement Beluga. Le renforcement des moyens financiers mis à disposition du groupe sera ainsi porté à 17,5 millions d’euros.
Notons encore que Belovo, pour garder son avance concurrentielle, travaille déjà à la nouvelle génération d’usine TLC.

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