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Les cinq représentants politiques ont procédé à un échange d’idées... mais aussi à quelques tirs à vue
(Photo: David Laurent/Wide)

Luxembourg  |  Par: Frédérique Moser  |  Publié le 29.04.2009 0:00

Elections législatives: les stratégies de la relance


Equilibre des finances publiques, compétitivité et soutenabilité du système de pensions furent les trois thèmes majeurs de la table ronde paperJam Business Club qui a réuni, mardi à la Chambre de Commerce, les représentants des cinq principaux partis en lice pour le scrutin national du 7 juin.

A quarante jours de l’échéance électorale, l’événement organisé dans le cadre du paperJam Business Club, en collaboration avec l’Economist Club, a attiré près de 150 personnes à la Chambre de Commerce. Toutes intéressées à connaître, en plein coeur de la campagne électorale, les différentes stratégies proposées par les partis politiques pour assurer la pérennité économique du Luxembourg.

Comme l’a indiqué d’entrée de jeu le modérateur de la soirée, Jean-Michel Gaudron, rédacteur en chef de paperJam, l’objectif de la table ronde n’était pas de revenir sur les ressorts de la crise, mais bien «de se tourner résolument vers l’avenir» et de dessiner de nouvelles pistes d’avenir pour le pays. Pour répondre à ses questions, les représentants des cinq partis représentés à la Chambre des députés – Luc Frieden, ministre du Trésor et du Budget (CSV), Jeannot Krecké, ministre de l’Economie et du Commerce extérieur (LSAP), François Bausch, député (Déi Gréng), Jacques-Yves Henckes, député (ADR) et Georges Gudenburg, secrétaire général du DP (lire leurs interviews écrites ICI) – se sont prêtés au jeu, alternant positions consensuelles et échanges de piques plus aiguisées…

Deux ans, pas plus

Pour Luc Frieden, le premier objectif du prochain gouvernement devra être de «gérer la crise» tout en garantissant le maintien «de finances publiques saines dans une perspective à moyen terme. Un déficit public temporaire est acceptable (14% en 2009, ndlr.), un déficit structurel à long terme serait catastrophique pour le pays».

Le montant des réserves, accumulées pendant les décennies florissantes, permettra au pays de rester «dans les clous» pendant deux ans et d’assurer le haut niveau d’investissement public permettant de stimuler l’économie locale, sans modifier substantiellement la structure des dépenses publiques.

«Mais si la crise dure plus de deux ans, il faudra, dans un souci d’équilibre, réduire certaines dépenses, et notamment cibler davantage les dépenses sociales», a indiqué le ministre chrétien-social. Lesquelles en particulier? «Cela doit se décider dans le cadre du dialogue social», a esquivé M. Frieden, tout en soulignant la nécessité d’un nouveau cycle de tables rondes sur les pensions (Rentendësch), dans un délai maximal de deux ans. Une initiative également revendiquée par l’ADR, qui réclame une étude sur le coût des pensions dans le secteur public. «Jusqu’à 2012, il n’y a pas nécessité d’intervenir. Mais le prochain gouvernement devra absolument aborder cette question», a souligné Jacques-Yves Henckes.

Préparer la ‘green revolution’

Pour François Bausch (Déi Gréng), la sortie de crise se fera lentement et la situation devrait rester «difficile pour les finances de l’Etat pendant 4 ou 5 ans». Pour le leader des Verts, le débat majeur de la campagne électorale devrait justement s’articuler autour des stratégies à mettre en place pour réduire la dette publique après la crise. «La question écologique a désormais totalement rejoint la question économique. Le moment est propice pour entamer la ‘Green revolution’ et l’une des clés pour y parvenir est de réaliser une profonde réforme de notre système fiscal, pour réaliser un transfert des charges, actuellement axées sur le capital et le travail, vers les ressources.» Pour M. Bausch, le paquet de mesures anti-crise adopté par le gouvernement «n’est pas à la hauteur des enjeux» et manque d’innovations. Par ailleurs, la complexité du cadre légal dans lequel évoluent les entreprises et le manque de coopération entre les ministères freinent le développement des activités.

Travailler plus vite, et mieux

Intervenant en tant que membre du DP, Georges Gudenburg a renchéri en ce sens, soulignant pour sa part une «mauvaise organisation gouvernementale, la nécessité d’accroître l’efficacité des ministères par le biais de fusions (notamment celui de l’Economie et celui des Classes moyennes) et le besoin d’avoir une vision plus claire sur les ressources financières de l’Etat». Pour le secrétaire général du parti libéral, la situation du pays doit être analysée «ainsi que le ferait un gestionnaire d’entreprise. Dans une entreprise, on trouve des solutions. En politique, la ligne la plus courte pour trouver une issue n’est hélas jamais la ligne droite!»>

Cette nécessité de réduire certaines difficultés structurelles qui se font particulièrement jour avec la crise, qu’il s’agisse notamment du besoin d’une meilleure coopération entre les ministères ou d’une vaste simplification administrative, semble trouver l’assentiment de tous les partis. «Nous avons un énorme pas à franchir au niveau de l’efficacité administrative, a admis Jeannot Krecké (LSAP). Pour renforcer la compétitivité économique du pays, il faut travailler plus vite.»

Critères ‘soft’

Pour le ministre de l’Economie et du Commerce extérieur, l’attractivité fiscale ne «constitue plus l’élément essentiel pour les investisseurs étrangers. Ce qui compte désormais, ce sont les critères ‘soft’, comme les infrastructures et les compétences disponibles, les équipements sociaux, le savoir-faire...» Le ministre socialiste martèle que la priorité qui devra s’inscrire dans le giron du prochain gouvernement devra être la création d’emplois et l’écueil à éviter celui d’une augmentation tous azimuts des cotisations sociales, afin de maintenir le marché du travail luxembourgeois attractif pour les talents venant de l’étranger.

«Le message que nous devons envoyer aux entreprises, c’est d’utiliser le temps de crise pour optimiser les processus, miser sur la recherche et l’innovation. Le nouveau cadre légal qui va être créé dans ce domaine est ainsi de toute première importance», a également souligné le ministre.

Marge de manoeuvre

Après plus d’une heure d’échanges entre les représentants politiques, puis avec le public, Paul Emering, le secrétaire général de la Chambre de Commerce, a porté le mot de la fin. Il a pu constater, avec satisfaction, que plusieurs consensus s’étaient dégagés des interventions, notamment la nécessité de «sauvegarder des finances publiques saines et de réfléchir à l’avenir du système d’assurance pension. Un autre point consensus permet de constater que nous disposons d’une marge de manoeuvre importante pour améliorer le fonctionnement au sein même du gouvernement et des ‘facultés’ ministérielles, ainsi que pour accélérer les procédures administratives.»

Pour Paul Emering, l’un des grands enjeux pour le prochain gouvernement sera également de veiller, comme l’a souligné Georges Gudenburg, à ce que la crise ne mette pas en péril l’un des atouts les plus précieux du Luxembourg: sa cohésion sociale.

Voir l’interview vidéo de Jeannot Krecké (LSAP) ICI

Voir l’interview vidéo de Jacques-Yves Henckes (ADR) ICI

Voir l’interview vidéo de François Bausch (Déi Gréng) ICI

Voir l’interview vidéo de Georges Gudenburg (DP) ICI

Voir l’interview vidéo de Paul Emering (Chambre de Commerce) ICI

Voir l’interview vidéo de Nicolas Ries (Economist Club) ICI

Voir la galerie photo de la table ronde ICI


 
 
 
 
  



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