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Par: Nicolas Raulot  |  Publié le 30.04.2009 0:00

Le Kirchberg pour 595 euros


Silversquare vient d’ouvrir un centre d’affaires à Luxembourg. Des espaces ouverts en surréservation offrent aux entreprises des loyers à petit prix très appréciables en temps de crise.
A louer: bureaux spacieux et haut de gamme au Kirchberg, quartier des affaires luxembourgeois, proches de l’aéroport, connexion internet haut débit, wifi, services de réception, salon d’accueil avec écran de télévision, kitchenette, gestion du courrier et des colis, domiciliation de société, accès à quatre salles de réunion équipées, numéros de téléphone et de fax individuels. Prix: 595 euros.

L’annonce pourrait avoir été rédigée par la société Silversquare, qui vient d’ouvrir un centre d’affaires au 2a de la rue Albert Borschette, à la même adresse que Fidelity. Très abordable, le loyer ne tient pas à la crise immobilière, mais aux solutions astucieuses et innovantes mises en place par Jean-Marc Dame, regional manager de Silversquare Luxembourg et ses deux associés belges, Patrick Moens de Fernig et Axel Kuborn.

Quand la plupart des autres centres d’affaires proposent des bureaux cloisonnés et individuels de 6 à 8 m2, Silversquare offre des opens paces en temps partagés. Le centre du Kirchberg peut accueillir jusqu’à 120 membres sur 60 postes de travail. «Les statistiques internationales montrent qu’un bureau est employé à 30%. Nous gardons donc une marge de sécurité d’au moins 20%, ajustable en fonction du taux d’occupation effectif», explique Jean-Marc Dame. Le bureau partagé a déjà été éprouvé dans des cabinets comme Accenture dont les collaborateurs passent plus de temps en mission qu’au siège de leur entreprise. Quant au système Silversquare, il est inspiré du surbooking des compagnies aériennes, qui consiste à vendre plus de billets que le vol ne compte de places en tenant compte du fait qu’une partie des passagers ne se présentera pas à l’embarquement.

L’open space apporte une dynamique

Supérieur de 300 euros à celui pratiqué dans les centres Silversquare de Bruxelles et Anvers en raison des écarts de loyers, le tarif affiché de 595 euros se veut transparent et égal pour tous les membres. Il comprend tous les services annexes, hormis quelques-uns, comme les impressions papier, facturées 10 centimes la page, les communications téléphoniques et les salles de réunion à 19 euros de l’heure. «Deux office managers sont également chargés de l’accueil et de la partie administrative. Les membres ont la possibilité de se faire envoyer par mail les fax et le courrier qu’ils reçoivent, de façon à leur éviter de passer au bureau», détaille Jean-Marc Dame.

Le principe implique tout de même quelques contraintes: «Le soir, ou lorsqu’on quitte les lieux, on doit vider son bureau et ranger son matériel dans un casier privatif», ajoute Jean-Marc Dame. Il faut également s’accommoder d’une certaine promiscuité, même si l’open space permet aussi de gagner en efficacité. «Les gens parlent moins fort, de peur de déranger leurs collègues. Et des discussions confidentielles restent possibles à des heures précises dans les salles de réunion», assure Jean-Marc Dame. «L’open space apporte une dynamique dans le travail. Il permet aussi de développer son réseau relationnel», témoigne Benoit Koch, directeur de Versusmind, cabinet d’expertise informatique spécialisée dans l’open source. Egalement établie à Nancy, la toute première société à avoir occupé les locaux de Silversquare Luxembourg était auparavant logée au Technoport d’Esch-sur-Alzette.

Malgré la crise, Jean-Marc Dame a bon espoir de remplir rapidement son plateau. «Nous avons ouvert le centre de Bruxelles en mars 2008. Tout était complet en juin. Notre offre est anticyclique, car elle fonctionne bien pendant les phases de croissance, mais aussi lorsque la partie coût devient la variable d’ajustement principale. Les centres d’affaires ne sont d’ailleurs par réservés aux entrepreneurs individuels. Ils conviennent également aux collaborateurs des grands groupes.». Cette collectivité évite de s’engager dans des baux commerciaux et de payer des indemnités de rupture en cas de départ prématuré.

Silversquare ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Après Bruxelles, Anvers et Luxembourg, la société veut poursuivre son développement dans d’autres centres financiers européens, comme Paris, Londres, Francfort, Zurich ou Genève. L’Amérique fait également partie des rêves secrets. Le grand frère Regus, qui compte désormais 950 centres d’affaires, répartis dans 400 villes et 60 pays, n’a-t-il pas traversé l’Atlantique après avoir débuté avenue Louise à Bruxelles... comme Silversquare?


 
 
 
 
  



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