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En matière de compétitivité, le président de la CSL,
Jean-Claude Reding, regarde aussi de l’autre côté du miroir.
(Photo: David Laurent/Wide, archives paperJam)

Par: Frédérique Moser  |  Publié le 03.07.2009 0:00

La Chambre des Salariés s’invite dans le débat


L’analyse de la situation socio-économique de la CSL prend un relief tout particulier en cette période d’intenses négociations entre les partenaires du futur gouvernement. Pour l’organisation présidée par Jean-Claude Reding , toute atteinte à la protection sociale serait délétère pour les performances économiques du pays.

D’entrée de jeu, l’intitulé de la contribution de la Chambre des Salariés (CSL) place l’enjeu: «Compétitivité vs Cohésion sociale». Si l’arbitre gouvernemental ne joue pas correctement son rôle, il risque d’y avoir de la casse dans le modèle social luxembourgeois!

Le rapport d’une centaine de pages (lire ICI), dévoilé hier, analyse les indicateurs officiels permettant de cerner la situation économique et sociale du Luxembourg à l’aune de celles des autres pays touchés par la crise, notamment au sein de la zone euro. Et la CSL de constater qu’on «ne peut décemment parler de perte de compétitivité spécifique au Luxembourg sur la base d’une évolution somme toute ‘normale’, compte tenu du contexte international». Le Statec a ainsi démontré une très forte corrélation entre les variations du PIB luxembourgeois et l’indice boursier Eurostoxx 50, souligne la chambre professionnelle présidée par Jean-Claude Reding (OGBL). «Pourtant, fait-elle remarquer dans son rapport, certains observateurs ne manquent pas d’évoquer, comme lors du précédent ralentissement conjoncturel, la perte de compétitivité du Luxembourg et la nécessité de réformes structurelles, qu’il s’agisse de finances publiques, de compétitivité-coût ou –prix.»

« Les prestations sociales prennent le relai»

Si certaines réformes sont effectivement nécessaires, convient Jean-Claude Reding, elles portent sur les domaines de l’éducation, de la formation, de l’efficacité énergétique ou de la recherche et développement. Mais le Luxembourg n’aurait pas besoin de réformes structurelles, notamment en matière budgétaire et fiscale, qui conduiraient à réduire le poids des pouvoirs publics dans l’économie du pays. «En temps de crise, les prestations sociales prennent le relais dans le revenu disponible nominal», assure le président de la CSL. Des ressources injectées dans l’économie qui permettent donc de soutenir la croissance et d’amortir les effets de la crise. Dans le giron de la CSL figurent évidemment les velléités des fédérations patronales de voir, sous peine d’une compétitivité en berne, disparaître les mécanismes d’indexation automatique des salaires.

«Si le ralentissement que nous vivons inquiète, il convient de garder à l’esprit que les entreprises luxembourgeoises sont sans doute les mieux armées pour l’affronter», plaide la CSL, qui réfute les indicateurs de compétitivité utilisés dans le rapport Fontagné et régulièrement repris, depuis lors, dans les argumentaires des chambres patronales. La CSL préfère utiliser d’autres indicateurs qui, selon elle, démontrent clairement que «les dépenses sociales vont de pair avec les performances économiques» et que la situation des entreprises, que ce soit en termes de productivité, de coût salarial unitaire ou de marges dégagées «ne valide aucun problème de compétitivité».

Une rentabilité enviable

Ainsi, si le Luxembourg connaît des coûts du travail plus élevés que dans les pays voisins, cela ne concerne en fait que deux secteurs d’activité sur neuf: les transports et les activités financières, assure la CSL. «Toutefois, compte tenu des niveaux de productivité de ces deux secteurs, même après rémunération du travail, la rentabilité des entreprises de ces deux secteurs dépasse de loin celle des pays voisins.» Pour la CSL, l’argument selon lequel les coûts salariaux seraient pénalisants pour la compétitivité des entreprises ne tient pas, face aux bonnes performances enregistrées par ailleurs. «Le seul indicateur de compétitivité qui vaille, est combien gagnent les entreprises et quelle part de ces gains revient aux salariés. Or, le moins que l’on puisse dire, c’est que non seulement les entreprises luxembourgeoises engrangent des revenus par emplois globalement bien plus élevés que leurs homologues des pays voisins, mais qu’en plus, une part globalement bien plus faible revient aux salariés.»

Et la CSL de suggérer que si les entreprises perdaient véritablement en compétitivité-prix, leurs marges sont telles qu’il leur serait parfaitement loisible de limiter leurs augmentations de prix pour restaurer leur compétitivité, tout en conservant des marges confortables par rapport aux pays voisins.

«Les données officielles prouvent que les coûts salariaux ne sont en rien pénalisants et les calculs de la CSL montrent que l’indexation des salaires ne modifie en rien leur compétitivité-coût, ou plutôt leurs marges, devrait-on dire. Ce marchandage à la nième décimale s’apparente en fait plus à un grappillage d’épicier qu’à une véritable volonté de se pencher sur les sources de compétitivité du Luxembourg dans le long terme», conclut le rapport.

Cette contribution estivale de la CSL, qui s’inscrira dans un rythme annuel, a annoncé son président, va être remise au formateur du prochain gouvernement, Jean-Claude Juncker, ainsi qu’à l’ensemble des partis politiques.


 
 
 
 
  



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