| Allen & Overy conseille les employeurs dans leurs plans de licenciements et dans les négociations avec les syndicats. (Photo : Julien Becker) |
Par: Nicolas Raulot | Publié le 03.09.2009 0:00
Mauvais vent d’automne
«Nous ne sommes pas à la fin de la crise. Nombre de restructurations sont encore à venir et nous sommes impliqués dans plusieurs dossiers», indique André Marc. «Tous les secteurs ou presque sont touchés», constate-t-il. Et en premier lieu bien sûr les activités les plus sensibles au cycle économique, comme la construction, les équipementiers automobiles, la logistique et les transports. Le 11 août, l’entreprise de transport Laubach & Fils a été déclarée en faillite. Si un communiqué du syndicat OGBL n’attribue pas cette débâcle à la crise, mais à des erreurs d’appréciation et de calculs, il est tout de même question de 87 emplois.
Changements structurels
Loin d’être épargnées, les institutions financières sont également en pleine phase d’amaigrissement. Elles répondent ainsi à des impératifs conjoncturels, mais aussi structurels. «La place financière va changer de façon substantielle, tant du point de vue du nombre d’acteurs que de leur taille», poursuit André Marc. «Nombre de banques mènent actuellement des réflexions d’outsourcing, de façon à transférer des tâches simples à l’étranger.»
Le nombre de banques établies au Grand-Duché vient de franchir à la baisse le seuil des 150 unités. Un processus de consolidation est à l’œuvre, comme en témoigne l’acquisition récente de la BGL par BNP Paribas, ou encore la fusion entre l’italienne Unicredit et l’allemande HVB. Le 21 juillet, le syndicat Aleba (Association luxembourgeoise des employés de banque et d'assurance) a annoncé que dans le cadre des licenciements collectifs prévus à la HVB Luxembourg, les négociations avaient permis de réduire le nombre de départs de 48 à 42 sur un total de 311 collaborateurs.
Si la récession économique a de lourdes conséquences sur l’emploi, le droit du travail luxembourgeois ne joue pas pleinement son rôle d’amortisseur. Le délai légal pour mettre en œuvre un plan social, qui ne dépasse pas les 6 à 8 semaines, est en effet beaucoup plus court que dans les pays voisins, souligne André Marc. Les mesures de chômage partiel et les plans de maintien dans l’emploi permettent malgré tout d’atténuer la violence des chocs.
En réaction aux propos d’André Marc, le président de l’Aleba Marc Glesener a confirmé «s’attendre à de nouveaux moments difficiles». Le syndicaliste cite notamment la problématique des Landesbanken, qui vont au devant de profondes restructurations. En contrepartie de la validation d’aides publiques, la Commission européenne a donné deux ans à WestLB pour se séparer de ses activités luxembourgeoises. Marc Glesener se garde néanmoins de tout alarmisme pour la Place et indique ne pas croire à trop de bouleversements.

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