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«Une récession mondiale et dont l’origine est financière dure plus
longtemps qu’une récession classique» Yves Mersch (BCL)
(Photo: Julien Becker/archives paperJam)

Par: Nicolas Raulot  |  Publié le 10.07.2009 0:00

Nouvelles craintes sur les banques


Moody’s abaisse ses perspectives sur les banques belges et luxembourgeoises. Yves Mersch avertit que de nouvelles recapitalisations seront nécessaires en Europe.
Derniers soubresauts de la crise ou vraie rechute, le secteur financier ne semble pas encore tiré d’affaire, loin s’en faut. Cette semaine, Moody’s a revu à la baisse, de stables à négatives, ses perspectives sur les banques belges et luxembourgeoises. A l’occasion de son analyse annuelle, l’agence de notation américaine estime que la crise financière aiguë d’automne 2008 a exacerbé les faiblesses des trois piliers locaux: Fortis, Dexia et KBC. Au point que, malgré les interventions des gouvernements, le système bancaire du Benelux, jadis fortement intégré et construit sur un modèle de bancassurance, a volé en éclat et «est en train de subir de plus grands changements structurels qu’aucun autre système bancaire en Europe durant cette crise». Selon elle, il faudra s’habituer à une plus forte présence des groupes étrangers, comme l’a déjà montré l’acquisition de Fortis Banque par BNP Paribas.

Exposition aux produits à risque

L’agence de notation rappelle qu’une part importante des revenus des établissements provient des activités de gestion de fortune, ce qui les rend vulnérables à une baisse du marché ainsi qu’à une harmonisation européenne en matière de secret bancaire. Et Moody’s de pointer une exposition élevée aux produits structurés à risque ainsi qu’aux instruments difficilement négociables, même si la détention de ces actifs est bien moindre dans les banques luxembourgeoises que belges.

Dans ce climat incertain, Yves Mersch a tenu lundi soir à Luxembourg un discours plutôt pessimiste sur la résolution de la crise. Il intervenait lors d’une conférence organisée par la Chambre de commerce et l’ambassade de Suède. Le pays scandinave, qui occupe la présidence tournante de l’Union Européenne depuis le 1er juillet, a déjà subi une grave crise bancaire au début des années 1990. 

Points positifs

Le gouverneur de la Banque centrale luxembourgeoise et membre du conseil des gouverneurs de la Banque Centrale Européenne (BCE) a estimé que les banques européennes auraient encore besoin d’être recapitalisées pour surmonter les difficultés actuelles, que ce soit avec des fonds publics ou privés.  «Nous savons tous qu’une récession mondiale et dont l’origine est financière dure beaucoup plus longtemps qu’une récession classique», a-t-il rappelé, évoquant la possibilité, mais pas la certitude, d’un scénario à la japonaise et d’une reprise très longue, dite en L. L’Union Européenne veut également renforcer le bilan des banques, via un système de provisions dynamique, et travaille à une nouvelle directive sur les fonds propres.

Lars Heikenstein, membre de la Cour des comptes européenne et ancien gouverneur de la Banque centrale de Suède, a déploré lundi soir que les banques européennes soient beaucoup moins avancées dans leurs dépréciations d’actifs que leurs concurrentes américaines.

Du côté des points positifs, Yves Mersch a estimé que la rapidité d’action des banques centrales et des autorités publiques permettait d’espérer une issue plus favorable que lors de la Grande Dépression des années 1990. Il a aussi mentionné tout l’arsenal de mesures non conventionnelles dont dispose la BCE et dont elle a déjà fait usage, comme le programme d’achat d’obligations sécurisées, entamé ce lundi. 


 
 
 
 
  



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