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Par: Jean-Michel Gaudron  |  Publié le 10.07.2009 0:00

Télécoms: l’année 2008 en chiffres


L’Institut Luxembourgeois de Régulation (ILR) a publié le rapport statistique des télécommunications pour l'année 2008, basé sur les informations chiffrées fournies par les opérateurs et fournisseurs de services fixes et mobiles, actifs au Grand-Duché. Téléphonie mobile et services aux entreprises dans le réseau fixe sont les deux principales sources de revenus d’un secteur qui a enregistré une hausse globale de son chiffre d’affaires de 2,51%.
Pour l’ensemble du marché luxembourgeois des services de communications électroniques au Luxembourg, le montant total des revenus s’est établi, en 2008, à 505,6 millions d’euros (+2,51%), et il est pratiquement équilibré entre le fixe (253,3 millions d’euros) et le mobile (252,3 millions). La plus grande partie de ces revenus est assurée par l’opérateur historique, l’Entreprise des P&T affichant un chiffre d’affaires de 318,9 millions d’euros, contre 186,6 millions pour les opérateurs alternatifs.

En téléphonie fixe, les services aux entreprises (en particulier les services de voies louées, y compris des lignes à très haute vitesse et la transmission de données par paquets) représentent, et de loin, la plus large part de ces revenus, avec un peu plus d’un tiers du total (86,7 millions), en progression de près de 15% par rapport à 2007 et de plus de 70% depuis 2005. A l’inverse, les communications téléphoniques, qui n’ont généré que 62,9 millions de revenus en 2008 (-7,3% par rapport à 2007) ont chuté de plus de 33%.

Le dégroupage encore marginal

Le développement de l’Internet à large bande, en très forte croissance ces dernières années, a quelque peu été freiné, quoiqu’affichant tout de même 11,4% en 2008, avec un nombre total d’abonnés de 143.200. On est loin des taux de 30% et 38,8% observés au cours des années précédentes. «Une phase de maturité de la demande d’accès Internet à large bande est donc prévisible, commente le rapport de l’ILR. Cependant, comme la large majorité de l’offre est aujourd’hui de 2 Mbps en voie descendante, une évolution vers des solutions plus performantes à des débits supérieurs et comportant une qualité de service garantie est probable.»

Le taux de pénétration de l’Internet à large bande au Luxembourg a atteint, fin 2008, 30% et constitue un des taux les plus élevés en Europe. Il était de 25% en 2007. Et même si les possibilités de dégroupage (permettant de s’affranchir de l’abonnement auprès de l’opérateur historique) ont progressé de 25% en un an, elles restent très marginales et ne représentent que 8,93% du total (contre un peu moins de 8% en 2007).

La très grande majorité de l’accès à large bande est toujours assurée par l’opérateur historique et sa technologie DSL, soit en direct, soit par la revente via certains opérateurs alternatifs. Cette position dominante au Luxembourg est, du reste, presque unique en Europe, puisque mis à part Chypre, qui affiche des taux équivalents, aucun autre opérateur historique de l’UE27 ne dépasse les 65% de parts de marché.

Le fixe survivra

Les communications mobiles, elles, ont représenté, en 2008, un total de 722,2 millions de minutes (+26,8%). La plus grande partie (285 millions de minutes) est constituée par les appels de mobile à mobile qui affichent, en outre, le plus fort taux de progression (+32,3%) en une année. Les SMS, eux aussi, ont «explosé», avec pas moins de 401,2 millions d’envois, contre 291 millions en 2007 (+38%).

Quant aux revenus, ils ont progressé de 6,73% pour les communications mobiles, mais ont reculé de 13,25% pour le trafic de terminaison et de roaming in. «Cette diminution, observée pour la deuxième année consécutive, confirme l’effet positif de la régulation des tarifs de gros de terminaison par l’Institut et de la réglementation européenne concernant les tarifs d’itinérance», analyse l’ILR, qui constate, par ailleurs, que les offres à tarif plafonné, proposées par les opérateurs aux clients finals, ont comme conséquence que le volume des communications sur le réseau mobile augmente de façon beaucoup plus prononcée que le revenu des opérateurs mobiles.

L’Institut estime par ailleurs que, contrairement à ce qui avait pu être supposé un temps, le mobile ne supplantera pas radicalement le fixe. «Comme le nombre de raccordements au réseau fixe reste stable, on peut supposer qu’une substitution de la téléphonie fixe par la téléphonie mobile ne se réalise pas au Luxembourg.»


 
 
 
 
  



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