| Pour Janin Heniqui, le directeur de Sustain, la puissance de cet outil réside dans sa flexibilité. (Photo: David Laurent/Wide) |
Par: Frédérique Moser | Publié le 10.07.2009 0:00
La boîte à outils d’une stratégie durable
Or, pour nombre de dirigeants aujourd’hui, la RSE est encore perçue de façon monolithique: on croit faire de la RSE parce que l’on trie ses déchets, que l’on privilégie la prise de responsabilité par les femmes ou que l’entreprise agit dans le secteur caritatif. «Or, une véritable stratégie de RSE doit s’appuyer sur les trois piliers à la fois, de manière transversale, dans les différents segments de l’entreprise», souligne M. Heniqui.
Quatre étapes
Mercredi, les deux partenaires, Sustain et Escem (le bureau de certification de Tüv Rheinland au Luxembourg), ont annoncé la mise sur le marché d’un outil RSE complet et reconnu, puisqu’il permet d’aboutir à une certification établie selon un référentiel international, conforme aux grands standards (UN Global Compact, Global Reporting Initiative, Projet d’ISO 26000, etc.).
Sustain, le consultant, se chargera de conseiller l’entreprise tout au long de la démarche (en s’appuyant sur son réseau de quelque 700 partenaires spécialisés), tandis qu’Escem se chargera de l’évaluation finale. L’approche est divisée en quatre étapes: un pré-scan, qui permet à la société de savoir très rapidement où elle en est; puis, une analyse détaillée des enjeux, pour déterminer les segments où il est pertinent d’agir pour l’entreprise; ensuite, l’élaboration et la mise en oeuvre d’un plan d’actions concrètes, par ordre de priorité. Passé ce stade, Sustain passe la main et c’est Escem qui entre en jeu, pour l’évaluation finale et le rating, avec l’attribution d’étoiles (les «stars») selon les performances réalisées dans les différents domaines évalués.
Dix piliers
«La certification se joue autour de neuf piliers, voire dix», explique Stefan Zerwes, directeur d’Escem. L’entreprise est évaluée dans les domaines de la gouvernance, de la responsabilité sociale, de la santé et la sécurité, de la qualité, de l’environnement, de la sécurisation des informations, de la publication financière, de l’innovation ainsi que de la compétition et du comportement sur les marchés. «Il est possible d’intégrer un dixième pilier d’évaluation, qui concerne les exigences spécifiques des clients de l’entreprise, par exemple dans la chaîne de sous-traitance. Cela donne beaucoup de flexibilité dans la démarche», précise M. Zerwes.
Une flexibilité d’autant plus grande que l’entreprise peut choisir de se faire évaluer par rapport à une, plusieurs ou l’ensemble des dimensions du référentiel Tüv RheinlandStar. «On reste dans une optique modulable, où l’entreprise peut avancer étape par étape, en travaillant et en approfondissant une thématique par an, par exemple», précise le directeur d’Escem. La certification, dont la durée de validité est d’un an, peut ainsi s’élargir progressivement. «La démarche SustainStar doit être vue comme une boîte à outils, qui permet de s’inscrire dans une logique d’amélioration et de progrès continus», souligne Janin Heniqui.
Luxembourg, le marché test
Le marché luxembourgeois est le premier en Europe où va être proposé cet outil complet d’évaluation en RSE, déjà largement utilisé sur le marché asiatique. «Bien entendu, il a été adapté aux besoins du marché local, précise M. Zerwes. Il s’inscrit parfaitement dans la volonté politique du Luxembourg d’un développement économique durable et socialement responsable.»
Plusieurs entreprises ont déjà manifesté leur intérêt. Sans surprise, il s’agit essentiellement de grosses structures du secteur bancaire et financier. S’il se réjouit de ce bon accueil, Janin Heniqui martèle que la boîte à outils SustainStar est aussi parfaitement appropriée pour les petites entités. «L’approche est pragmatique et évolutive. Contrairement à d’autres labels de RSE, qui portent sur une démarche plus globale, il est possible de cocher et décocher tous les éléments qui ne sont pas pertinents pour l’entreprise. La beauté de cet outil, c’est justement cette flexibilité!»

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