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Marc Lauer (ACA et UEL) : «Tout report rendrait
les mesures correctrices plus dures encore.»
(Photo: Luc Deflorenne/archives paperJam)

Par: Nicolas Raulot  |  Publié le 15.07.2009 0:00

Alerte patronale sur les retraites


L’Union des Entreprises Luxembourgeoises (UEL) présente ses pistes de réforme du régime des pensions. A appliquer d’urgence.
Une réforme immédiate du régime général d’assurance pension s’impose, selon l’UEL, l’organisation des patrons luxembourgeois. «Tout report rendrait les mesures correctrices plus dures encore pour les futures générations de bénéficiaires et d’assurés», a averti ce mercredi Marc Lauer, président de l’ACA (Association des Compagnies d’Assurances), administrateur de l’UEL et président du groupe de travail qui vient de terminer de plancher sur ce sujet délicat.

Les inquiétudes relatives au système d’assurance pension (il ne concerne pas les agents du secteur public qui disposent d’un régime spécial) ne datent pas d’hier. L’avenir du fameux «premier pilier» a déjà fait l’objet de nombreuses études, notamment du Bureau International du Travail (BIT), de la Banque Centrale de Luxembourg (BCL) et de l’IGSS (Inspection Générale de la Sécurité Sociale). Mais ce nouvel avertissement prend un relief particulier un mois après les élections et alors que le gouvernement n’est pas encore constitué. L’étude de l’UEL a  été transmise au formateur Jean-Claude Juncker, ainsi qu’aux deux partis de la future coalition, le CSV et le LSAP.

Vieillissement de la population

«Dans un avenir rapproché, la sécurité sociale dans son ensemble sera soumise aux effets du vieillissement de la population. Pallié jusqu'à présent par l’afflux massif d’immigrés et de jeunes frontaliers, ce déficit démographique deviendra un facteur générateur de déficit public qui sera difficilement gérable pour les générations futures», souligne l’étude. En se fondant sur un scénario de référence qui utilise les données officielles de l’IGSS et intègre les effets de la crise, le maintien du régime actuel des pensions conduirait en 2050 à un endettement atteignant 190% du PIB.  

Il apparaît d’ores et déjà que cette réforme devra se faire dans la douleur et nécessitera du courage politique. Selon l’UEL: «L’absence de réformes sur le plan des prestations induirait un infernal cercle vicieux. Les cotisations devraient être fortement relevées. Il en résulterait une puissante déperdition de l’activité économique, qui pénaliserait à son tour les recettes du régime général des pensions. Cette nouvelle détérioration impliquerait une hausse additionnelle des cotisations, et ainsi de suite.»

Soucieuses de préserver leur compétitivité et de sauvegarder le caractère social du régime, les entreprises grand-ducales proposent donc plusieurs mesures, dont certaines sont censées produire des effets sensibles à moyen et long termes. Voici les trois principales:

- la réduction du taux de remplacement, c’est-à-dire le rapport entre la première mensualité de pension et le dernier revenu professionnel;

- la suppression de l’ajustement systématique des pensions et rentes à l’évolution générale des salaires;

- l’introduction d’un coefficient (de l’ordre de 0,7% par an) visant à compenser l’accroissement de l’espérance de vie.


 
 
 
 
  



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